sauvages

Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 19:50

10 mars 2010 006
Dimanche 14 mars 2010
 : parmi les soubresauts de la création en souffrance d’enfant, on a vu que les français malgré un temps tout à fait moyen n’ont guère voté, ce qui ne favorise évidemment pas la fraude.

 

Alors qu’on presse à coup de faux dollars et de vraies menaces les afghans, les irakiens et autres populations "arriérées" de voter, l’important étant qu’on ait assez de déplacement de monde pour pouvoir choisir le candidat (excusez ce mot malheureux et inapproprié, il signifie : vierge, vêtu de blanc, candide et va bien mal  aux polytocards de toutes nations, mais c’est le mot choisi par nos maîtres) déjà choisi en haut (entendez très bas, je ne devrais plus avoir à dire qu’ici tout est inversé, quand même) en mauvais lieu, disais-je, je reviens en arrière tellement cette prose est alourdie par toutes sortes d’interventions de l’auteur :  Pour exhiber de faux résultats plausibles, il faut un minimum de votants, donc à moins de 50% d’esclaves*, on n’y arrive pas.

 

Faux ? De toutes façons, le vote de robots lobotomisés pour des larrons qui se passent en douce le magot (à toi, Strauss-Kahn, j’en peux plus), on ne peut pas vraiment appeler ça un choix.

 

Ce que ça montre, en vérité, et ça, notez le, c’est un vrai signe des temps : c’est que plus de la moitié de l’humanité n’est plus dupe. Pas dupe non pas de la pauvreté de la scène politique, comme voudrait nous le faire croire le grand hypnotiseur, toujours prêt à nous refiler des gugusses estampillés : « nouveau », non. Bien plus que ça : la moitié des humains sont en train de se rendre compte, à des degrés divers, qu’on les a complètement endormis. Et que s’ils ne se réveillent pas, ils sont morts. C’est le début, timide, mais ça bouge. L’escroquerie se lézarde et les rats transpirent vilain.

 

Ca, c’est vraiment nouveau. Les symptômes du réveil. Nul doute que le Nicolas et ses comparses de tous bords doivent commencer à l’avoir mauvaise. On est mûrs pour l’action musclée.

 

C’est là qu’il faut préciser les risques de vouloir sortir du bocal par le haut, ce qui est strictement interdit :

 

En temps de guerre, et, ne vous leurrez pas, nous y sommes, ceux qui refusent de s’embaucher sous une bannière sont les premières victimes de la vindicte publique. On les conspue, on leur crache au visage, on les traite de lâches, de couilles molles, d’ égoïste, de tous les noms d’oiseaux, puis on les tue. Lynchage ou peloton d’exécution ont remplacé les joyeux bûchers d’antan. Georges, tu nous en chantes une petite : « Mais où sont les joyeux bûchers d’antan… » ?

 

Que Georges ou les mânes de Georges, de Boris Vian, de Ferré et du grand Jacques nous protègent, car lorsque l’enfer se déchaînera, les cœurs purs recevront la première salve. Ca se passe toujours comme ça. Choisis ton camp, camarade.

 

Si tu ne choisis pas, ou plutôt, si tu vois clairement la vanité de choisir entre deux bêtes enragées, tu auras les deux pires ennemis de la terre. Mais comme disait un de mes vieux maître et ami : « Heureux les cœurs purs, car le Royaume des cieux leur est destiné ».

 

Mourir n’est rien. L’important, et là, il est important et salutaire de choisir, car c’est le seul véritable choix, c’est pourquoi, pour quelle raison, quelle tâche, quelle mission on vit, et pourquoi on meurt.

 

Puisqu’on meurt tous, autant se préparer une sortie selon notre cœur.




* 50% qui rappellent étrangement les 50% de "portails organiques" de Laura Knight-Jadzyck dont je parlerai très prochainement.

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 06:41

19 février 2010 024
C'est il y a longtemps, très longtemps, au temps où les hommes vivaient autour des feux, quand les bêtes rôdaient la nuit, que les diables de la brousse volaient les âmes frêles et les faisaient mourir de peur. Une âme, ce n'est pas grand-chose; alors, une âme morte de peur!

 

Il y eut un temps de grande sécheresse. Le soleil brûlait les plaines et les forêts, et l'eau avait cessé de tomber sur le sol depuis si longtemps que lorsque le pied butait contre les pierres, celles-ci se tournaient en poussière.

 

Les lacs crevaient la terre et ressemblaient aux yeux des morts, où ne brille plus nulle lumière ni le reflet du ciel. Là pourtant s'assemblaient encore les animaux, grattant du groin, de la griffe ou du sabot et les hommes, penchés, maigres comme des branches mortes, avec leurs houes et leurs bâtons, mais bientôt, l'odeur de la mort s'étendit loin, jusqu'aux montagnes.

 

Hormis le craquement du vent dans les arbres tordus, et le souffle rauque s'élevant des poitrines calcinées, on n'entendait plus un son, que l'énorme son du silence, le ventre du silence pesant sur la terre.

 

Même les enfants ne pleuraient plus lorsque leurs lèvres se fermaient sur le papier froissé du sein de leur mère.

 

Et le soleil fauchait les herbes par brassées chaque jour un peu plus ras.

 

Les grands oiseaux étaient partis, et l'on en n' avait pas de nouvelles. Peut-être étaient ils parvenus aux rivages ruisselants où l'on se baigne dans les délices, peut-être, comme on le disait parfois, étaient-ils morts en chemin, peut-être ce brasier recouvrait toute la terre, par delà les montagnes de glace.

 

Les oiseaux d'eau furent les plus durement touchés. Les grèbes, les poules d'eau, les hérons et les canards moururent comme mouches en hiver.

 

Dans la grande mare au Nord du village, vivait depuis toujours le peuple des canards bleus. Il fallait voir leur colonie au temps du roi Mélèk, lorsque les rives regorgeaient de richesse et de vie, cachée dans les roseaux. C'était un jeu bruyant et des vols serrés et hardis. Chaque aube était une danse de joie, chaque heure une parade orgueilleuse.

 

Mais aujourd'hui, on ne voyait plus que des ombres tremblantes qui se dandinaient au fil des craquelures de la vase, en sondant le fond, guettant la moindre luisance, le plus petit mouvement obscur.

 

On n'entendait plus les jeux d'autrefois, les éclaboussements fertiles, ni les longs vols coulés ni les glissements d'ailes. Il ne restait que de petits sacs d'os et de plumes, secoués de tremblements sous le ciel en fusion.

 

Au début, seuls quelques vieux avaient pris la chose à coeur; les autres continuèrent à jouer, à pêcher, et à s'ébattre dans les gerbes d'une eau qui devenait de plus en plus rare, plus trouble.

 

Les pluies s'espacèrent puis cessèrent tout à fait. Un jour vint où les grands rideaux de roseaux se changèrent en mèches brasillantes, et les dernières flaques en pierre dure. Alors naquit la crainte et les jeux tournèrent en querelles incessantes.

 

On en vit qui se mirent à mâcher des graines de chanvre, et dodelinèrent de la tête, les yeux clos; d'autres se limèrent le bec sur des pierres, et se mirent à creuser dans le sol des puits où parfois sourdait une eau noire et fétide, dont ils organisèrent un trafic âpre et sournois. Des corbeaux ayant un jour découvert un puits dans lequel demeurait un peu d'eau boueuse - trésor non pareil -, s'entourant d'une milice de bêtes cruelles, s'en firent les banquiers, en cédant des gouttes à prix d'or.

 

Les vieux parlaient de la Lune blanche qui retient la pluie dans son ventre, et de sa colère. On lui offrit des sacrifices, où certains des anciens princes laissèrent quelque peu de leur panache.

 

On égorgea, rompit des os, on fit des danses et des veilles.

 

On fit tout ce qu'on crut devoir faire, mais la pluie ne vint pas. Enflèrent le désespoir et la haine.

 

Le petit Saadi, lui, le dernier de Leilah, naquit aux jours où les dernières brumes montèrent de la terre. Il ne souffrit rien d'abord; mais lorsqu'il fut d'âge à quitter le nid, il vit bien les pleurs et la peine de sa mère.

 

Il aborda les derniers vieux, survivants des âges anciens, qui lui dirent les histoires d'avant, les légendes de source et d'opale, & lui montrèrent dans le ciel noir le cercle de la Lune. Il lui dirent la magie de la pluie, et le sort mauvais qui pesait maintenant sur la terre, dont nul ne connaissait la clef.

 

Alors le petit canard se prit à songer à ce maléfice, à la détresse de Leilah et de sa famille ; il se mit à observer la lune chaque soir. Il vit que parfois elle ne venait plus, et alors il connut la peur, et le désespoir. Il pria tant et tant, qu'enfin elle revint, plus blanche, plus pure, mille fois plus belle qu'auparavant. Où était-elle allée? Et pourquoi gardait-elle en son ventre l'eau précieuse, l'eau qui leur manquait tant? Les haïssait-elle, voulait-elle leur mort, que lui avait-on fait? Peut-être ne l'avait-on pas assez aimée?

 

Il la regardait, cette lune, comme une femme regarde une perle, comme un homme regarde une femme. Il la regarda tant qu'il vit bien ses immenses voiles et ses profonds réservoirs d'eau pure, il vit bien de quelle pitié venaient les torrents de larmes qu'elle versait dans les vasques de ses fontaines, mais aussi de quelle cuirasse, de quelles murailles elle était circonscrite, et à quelle hauteur elle se tenait dans le ciel, si loin qu'à peine on pouvait deviner les traits de son visage.

 

Il ne sut de quel sort elle était prisonnière, mais le feu de l'amour et de l'offrande perça le terreau de son coeur.

 

Il regarda la Lune comme un homme regarde une femme, et qui n'a de repos avant d'en être devenu l'amant. Il sut qu'il venait de découvrir la petite clef qui sauverait les siens. Seulement, petit canard, qu'elle est loin, la belle dame!

 

Il l'aima tant qu'il en devint fou, et résolut de voler jusqu'à elle, et de la délivrer.

 

Se traînant au marché des corbeaux, il y vendit tout ce qu'il put réunir dans le nid maternel, bien peu, en vérité, et serra précieusement les rares gouttelettes qu'il en obtint dans des graines creuses à l'ombre d'une pierre.

 

Il attendit la nuit; et lorsque l'astre d'eau apparut à l'angle des montagnes, il vida d'un trait ses récipients, et s'envola avec peine.


Tout d'abord, il alla vers la barrière des montagnes; puis, son vol s'affermit, comme la belle s'étalait dans les vallées bleues des nuages. Il les dépassa, cambra son corps, et fila vers le haut. Il vola longtemps, prenant parfois un courant d'air chaud qui l'aspirait vers le haut, plus près, plus près...

 

Il allait maintenant comme une flèche, et la grande dame se balançait devant ses yeux mangés de fièvre. Nulle part, il ne vit de monstre tapi, la retenant de ses griffes d'ombre.

 

Il avait froid, et manquait d'air. Mais il continua. Il monta d'un trait, insensible à la douleur, à la peur, à la joie même. Il monta comme on tombe, et soudain, sous lui, il y eut les vagues de la mer, et la houle agitée. Il n'eut pas le temps ni la force d'observer l'ennemi qui devait se tapir, à l'affût. Il n'eut plus qu'une immense envie de se reposer au ventre de sa belle.

 

Alors, cessant la lutte, il se laissa couler.

 

Lorsque son petit corps creva la coque de la Lune, il y eut un frémissement, et ses plumes soulevées par le choc se mirent à danser et s'envolèrent dans la nuit.

 

Alors la tempête se leva, l'orage rompit les digues du ciel, et la pluie déferla sur la terre. Il plut longtemps, longtemps, d'énormes vagues de gouttes comme des pleurs, ou le baiser d'une mère à son fils.

 

Quelque temps plus tard, le vent posa quelques plumes bleues près du village où les enfants couraient. D'éblouissants vols de canards bleus labouraient la mare, où venaient le soir boire les bêtes, et les femmes le matin emplir les jarres. Personne n'y prit garde, mais peu à peu s'élevèrent les arbres merveilleux sous lesquels s'assemble encore maintenant le peuple pour les conseils, et dont les feuilles bleues aux reflets d'argent passent pour inspirer l'amour.

 

Si vos pas vous mènent là-bas, une nuit, levez les yeux vers le centre du ciel, à l'entour du pôle Sud : Saadi y vole encore, et n'a plus cessé depuis ce temps. Il file maintenant vers les racines du monde, et ses plumes neuves sont si belles que les hommes qui savent l'appellent "l'Oiseau de Paradis".

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 13:37

gorges du Tarn mai 2009 106
Le soleil sort

De son placard

Il sent un peu la naphtaline

Toute la semaine

Dans l’édredon des nuages

Derrière

Alors bien sûr

Sans vouloir le blâmer

Je dirais qu’il est un peu froissé

Comme si le bondieu

S’était assis dessus

Sur son trône

Et même s’il darde

Dare dare

Il tarde et quand il lance

La der des ders de ses colères solaires

Sa flèche fléchit, ça se sent

Il lui reste des peluches en rayons

Et de temps en temps

Il baille

En braille.

 

C’est parce qu’il

Volatile ? volage ?

Comment dit-on ?

Aime traîner

Guitare le soir

Avec la Lune sur la plage

L’unique la belle aux mains de neige

Fleurs de farine

Qui lui apporte

Des croissants

On croit rêver

Dorés bien sûr

A son réveil.

 

Le soleil sort

De son étui

En gémissant

Comme les vieux

Le soleil sort à pas pesants.

Par vieux jade - Publié dans : sauvages
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /Mars /2010 07:28

06092009 017
Dans cette immense plaine, nous sommes des milliers. A l’avant, les hommes. Derrière, les chevaux. Au loin, les tours, qu’on distingue à peine dans la fumée. Encore plus loin, dans les nuages, les dieux. Qui ne descendent jamais.

 

Sur cette modeste table de bistrot, deux hommes jouent aux échecs.

 

Je regarde mon costume. Il est tellement sale que je n’en devine même plus la couleur. Et le soleil a disparu depuis longtemps. Autour de moi, c’est l’affrontement. Depuis que j’ai été fauché par une salve, mes jambes ne me portent plus. Je ne sais même plus si j’ai mes jambes. Mais le temps s’est comme arrêté, et je perçois ce qui m’entoure comme au ralenti.

 

Les cavaliers sautent les obstacles, les fûts des canons, les groupes de cadavres. Un cri dans le lointain, qui revient en écho : « La Reine, protégez la reine », puis « Où est le Roi ? ». Le sol vibre sous la mitraille et le galop des chevaux. Quelle est cette folie ? Où suis-je ?

 

« Echec ! » dit le plus jeune, qui me tourne le dos.

 

Je suis devant le miroir, attentif à ne rien perdre. Lorsque je cligne de l’œil, il en fait autant. Je grimace, il grimace. Quel idiot. Son bras se lève, le mien aussi. La lampe est en face de moi, je suis en pleine lumière, mais son éclat puissant m’éblouit. Lui, en face, est dans l’ombre et je le vois mal. C’est pourquoi je dois le surveiller sans cesse.

 

Les pierres des tours sont dures et froides. J’ai réussi à m’y traîner et j’appuie ma tête contre elles. Matière minérale. Mes tempes sont chaudes et battent.

 

Le vieux rafle un cavalier, puis un fou. Les pions jonchent le sol. On se voit à peine dans la fumée.

 

Avec mon cheval, je saute les obstacles. Il est si proche de moi qu’il est comme un autre moi. Un pion est là, à mes pieds. Je l’éventre. Non, il est déjà mort. Je ne sais plus. J’ai mal au cœur…Qu’est-ce que je fais sur ce cheval ?

 

Mes doigts fouillent le ventre ouvert de ce pion de chiffons. Dans ses poches, je trouve des pièces de jeu d’échecs. Je les prends puis les mets dans ma poche. C’est drôle, il y a déjà des choses dans ma poche, des morceaux de bois. Je les sors : un roi, une reine. Un pion dont les jambes sont cassées. Un fou dont la tête est énorme.

 

« Majesté, vous serez en sécurité dans la tour.

-          Non, dit la Reine, laissez-moi, retournez au combat. »

 

Ces pièces sont si sales qu’on ne sait même plus qui sont les noirs et qui sont les blancs.

 

« Envoyez des pions, j’ai besoin d’encore 30 000 pions, au bas mot ! » crie le général dont nul ne sait s’il est noir ou s’il est blanc. Autour de lui, les fous s’agitent, dodelinant de leurs énormes têtes, le regard en biais. Ils échafaudent des plans, se concertent, puis viennent rendre leurs avis. Plus ils sont fous, et plus ils sont chamarrés et considérés.

 

Les tours sont faites d’une matière souple et malléable, en fait. J’y ai appuyé ma tête, et mon regard passe à travers. J’y vois danser des étoiles, des milliards d’étoiles. Le coup que j’ai reçu ?

« Le Roi, où est le Roi ? » entends-je encore.

 

Mes yeux se posent sur le champ de bataille. En face de moi, un pion, dont l’habit est si sale que je ne sais même pas quelle est sa couleur. Noir ? Blanc ? Sa tête est posée sur une pierre, son ventre est ouvert, et son cœur saute comme sautent les chevaux. Je ne sens plus ma tête. J’entends une voix proche, une voix de mère qui dit : « Dors, tu as de la fièvre ».

 

Mais je ne veux plus dormir.

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /Fév /2010 00:00

yonne042009 083
Excusez-moi

Si je ne m’arrête pas

Je n’ai pas le temps

Je ne veux pas vous froisser

Vous êtes si bien repassé

 

Congrégations

Députations

Grand messes

Festins de fesses

Courtois discours

Château Giscours

 

Je ne peux pas m’y rendre

J’ai rendez-vous

 

Les défilés

Les dévouements

Je m’en défie

Je me défile

Et me dévoie

Et je m’enfile

Les défilés

Les gouffres seuls

Où je m’engouffre

 

J’ai rendez-vous

Avec l’ovule

Qui m’attend

Sur le parvis

Et moi qui suis

Sur les rotules

 

Combien sommes-nous ?

Tant de milliards ?

Rien ne m’arrête.

Oh, les feux rouges ? Peut-être,

Mais la prison,

Je m’en abstrais

D’un trait

Je me soustrais

A la somme

Que nous sommes

J’ai rendez-vous

 

Je désagrège

Les conventions

J’abrège

Garden parties

Je n’y vais pas

Chômage

Technique

Panique

Niquer ne pas niquer

Là n’est pas la question

On s’aime d’amour

 

J’ai rendez-vous

Avec l’ovule

Qui m’attend

Depuis l’aube

Des temps

 

Détendez-vous

Je ne prends rien

Je passe vite

Je vous laisse la suite

Je n’ai pas le temps

De m’asseoir

Non, merci.

Par vieux jade - Publié dans : sauvages
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Orients

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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