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- Tu me ronges, dit la falaise à la mer.
- Mais je t'aime, dit la mer.
- Moi aussi, je t'aime, quand tu n'es pas là, je me languis de toi. Pourquoi t'en vas-tu sans cesse ?
- Je m'en vais, mais je reviens toujours, tu le sais bien.
- Oui, mais c'est dur, quand on se sépare, ça me fait mal.
- Mais pourquoi as-tu mal, si lorsque je suis là, avec toi, je te ronge ?
- Parce que ce n'est que lorsque tu t'en vas que je sens cette brûlure, ce déchirement. Parce que tu m'embrasses tant, dans une si profonde paix que mon coeur se brise quand tu t'éloignes.
- Et moi, quand je me recule, c'est pour mieux te voir, ta hauteur, ta prestance, et je roule tes graviers entre mes lèvres, je te goûte, je t'absorbe, tu me nourris, je me nourris de toi, de ces bribes que je tu me donnes.
- Que tu me prends. Tu me dévores de ton amour. Ton amour me dévore.
- C'est vrai, mais tu es si belle, immense et fière. Je te regarde, et je me dis : pourquoi ne vient-elle pas ? Pourquoi dois-je toujours aller à elle, et l'emporter, grain à grain ? Pourquoi ne cèdes-tu pas ? Pourquoi n'allons-nous pas à l'aventure ?
- Pourquoi ne t'enracines-tu pas à mes côtés ?
Ainsi parlaient la mer et la falaise, dans un éternel dialogue entre le ciel distant et le vent indiscret qui me l'a rapporté.
Hier soir, je rentre chez moi, regarde mes mails, et trouve un message d'un monsieur qui me dit : VJ, je vous lis depuis deux ans, je n'ai jamais été déçu, je n'ai jamais rien dit, mais aujourd'hui, je veux vous le dire : je vous aime.
Vous aussi, parfois, souvent, me dites des choses comme ça, plus ou moins directes. Mais là, c'est franco de port.
Ça m'a toujours paru un gros mot, ces trois mots, jusqu'au jour où mon coeur s'est brisé puis empli d'un vent nouveau, d'une sève nouvelle. Maintenant encore, j'hésite à le dire, et quelle grossière erreur. Pourquoi hésiter ? Par peur d'être piégé (pour moi, c'est ça) ?
On nous a appris à comprimer les élans du coeur. Dingue. Et l'amour, aujourd'hui pour bien des adolescents, c'est trois malabars en train de limer une poupée barbie. Redingue.
L'une des raisons de la guerre de tous contre tous est là, dans cette espèce de pudeur grotesque qui voudrait qu'on n'exprime pas, qu'on refoule ces montées d'affection, de partage et de bonheur qui consistent à dire à l'autre comment on le voit : beau. Parce que, dès qu'on observe attentivement un humain derrière ses carcans, ses tics, sa mécanique : il est nécessairement beau.
L'autre est comme on le voit, et aussi comme il se voit à travers nous, c'est important. Si ce lecteur m'avait dit : je prends la plume pour vous dire que vous n'êtes qu'un étron puant, je me serais senti tout vilain et tout sale. De sa fenêtre grise, il aurait jeté de la boue sur le seuil de ma porte. Il aurait fallu que je m'en remette, que je lave tout à grande eau avant de retrouver un peu de vie.
C'est l'occupation préférée de bien des gens : salir le monde, salir le voisin. Diminuer l'autre, l'emmerder, lui souhaiter de crever. Les rues pleines de cadavres, d'amochés, de rancis. Pauvre con, minable, bon à rien fleurissent les bouches.
Merci donc à cet homme qui m'a fait cette surprenante déclaration. Ça me touche, ça m'ouvre, et la lumière entre un peu plus en moi. S'il n'avait rien dit, vous ne liriez pas ces mots. C'est le pouvoir de l'amour, et du courage de le dire.
Le monde changerait si au lieu de se jeter des insultes et des regards noirs et meurtriers, parce que ce connard sa gueule me revient pas ou cette pouf ou machin m'a pris ma place de parking, peu à peu les pousses vertes de l'amour se mettaient à pousser et à fendre le bitume des conventions.
J'apprends de vous, lectrices, lecteurs, et d'autres m'apprennent à considérer le monde autrement : moins agressif, moins pressé. Mille trucs à faire, mais ce soir vingt minutes pour parler avec l'électricien de sa femme, de la mienne, de sa vie, son gosse. De l'or impalpable qui vaut l'or volé de Goldmann Sachs. Avec sa retraite prévue de 1 100 € bruts dans deux ans, mon électricien n'est pas pauvre : il ne vole personne et rend volontiers service.
Que les humains détournent leur regard de l'hypnotiseur maléfique, de la voix du monde et de cet infect spectacle de la pirocratie (gouvernement des pires) est la seule vraie priorité, la seule voie possible pour qu'enfin ils se voient l'un l'autre, et se disent l'un l'autre : tu es beau, je t'aime.
C'est ici, sur ce blog, les blogs, dans la vie, le matin, en voiture, dans le train, au marché, qu'il faut renouer le lien de l'amitié, du respect et de l'amour, et dissoudre celui de la peur, et surtout de la peur de donner, et dire, et d'accepter de rompre les murs qui nous séparent.
D'un côté, les forces obscures nous enferment sans relâche dans la haine, le mépris et l'indifférence, au point qu'innombrables sont ceux qui eux-mêmes se haïssent, se méprisent et se font du mal. Qu'avons nous à y opposer, si chacun d'entre nous ne se laisse pas toucher par la lumière qui brille en l'autre, timidement et obscurément, et qui allume la nôtre, qui en allume d'autres, et ainsi de suite ?
C'est cette lumière qui doit transformer le monde, et y allumer un grand feu. Nulle autre.
Il est vital de créer, recréer un lien entre les gens, social, familial, inter générationnel, vital et urgent.
Faute de quoi nous serons sous peu une race dévastée et vaincue par la haine.
Et plus la pression deviendra forte, plus nous devrons évider, ouvrir et emplir notre coeur d'amour. Amour, amour. Ce n'est pas un mot creux, quand on commence à l'expérimenter. C'est actif. Plus nous serons enfouis et écrasés sous les décombres du monde qui s'écroule, plus nous aurons d'espace intérieur pour creuser de grandes cavernes pour des tribus dont la loi hors la loi de ce monde sera : respect, confiance et amour.
Plus la peur et le vacarme nous assailleront, et plus nous devrons apprendre que le plus précieux n'est pas l'or puant ni le pouvoir ni la conquête, mais la plus simple humanité, et son corollaire : la dignité. Que les singes d'en haut se roulent dans la boue ne nous concerne pas. Nous avons reçu des trésors à faire valoir, mettons-les en commun et faisons les fructifier.
Ce soir, je vous le déclare : je vous aime. Faites passer. C'est à nous, vous, moi, de commencer. Sinon personne ne commencera jamais.
Transmission de pensée ? J'ai écrit ce texte au moment même où Amma était en France. Je ne l'ai su qu'après.
L'histoire du baiser au lépreux est attribuée à François d'Assise. Embrasser un lépreux est un acte d'une profonde folie, déraisonnable, répugnant.
Je fais partie de ces humains qui rejettent instinctivement le contact des autres. L'excitation amoureuse est le chemin qui m'a ouvert à ce contact. Mais je demeure réticent à toucher d'autres humains. Quoi de plus horrible que les odeurs corporelles, les glaires, le gras des cheveux, les mains humides et molles, le pus, les haleines ? C'est pourquoi je comprends à quel point cet acte prodigieux dépasse toutes les autres formes de folie : serrer entre ses bras, sur sa peau ce corps pourrissant, flétri, émietté, contagieux, éminemment dangereux, toucher ces plaies, ces croutes, quelle torture à imaginer...
Et voici qu' Amma renouvelle cela. Je sais aussi qu'à chaque seconde des médecins, des infirmières, des masseurs, des pompiers et des prostituées se livrent entièrement à ce genre de choses.
Si l'on vit d'autres existences, j'aimerais pouvoir lever cette sorte de terreur secrète et parvenir à ce degré de sagesse.
Facile d'être sage en paroles...
Ce qui est important, ce soir, dans l'ordre ou le désordre, peu importe, parce que c'est vraiment important :
Patrick et Guillaume ont été symboliquement mariés samedi par le maire communiste de Cabestany
Pour ceux qui l'ignorent, un maire communiste c'est un mec qui a tout donné à ses concitoyens. Il n'a plus rien, c'est pour ça qu'on dit qu'il est communiste. Et pour ça qu'il est maire.
Comme fabius et les autres sont socialistes. Ils n'ont pas encore tout donné, parce que, nuance, eux ne sont pas communistes. Non. Eux, ils donneront du travail à tout le monde, quand ils auront gagné. Ils embaucheront tous les français pour faire le jardin et le ménage chez eux. Faudra pas craindre les heures supp, parce que ces gens sont quand même très gentils, faudrait pas leur faire des soucis, ni réclamer des augmentations.
M. dsk, lui aussi, quand il sortira de prison, il est prêt à embaucher des soubrettes avant d'inviter le pauvre M. berlusconi, le pauvre.
J'épargne les liens, tout le monde les connait : Berlusconi et Papandreou s'en vont, après Gbagbo, Ben Ali, Machintruc l'égyptien (jai déjà oublié le nom), Mouammar et bientôt Assad, tous des pas assez bons nègres, DSK, ça pète de partout, mais dans quel sens ?
Et sarkula, le petit vampire hongrois, c'est quand qu'on le remplace ?
On raie des vampires plus ou moins humains pour les remplacer par qui ? Des vampires pires ? L'onctueux hollande avec sa tronche de cafteur* sera-t-il encore pire ?
L'axe du bien s'étend. Jusqu'où ?
Papademos remplace Papandreou. Y a que des papas en Grèce ? Leur faudrait peut-être une maman ? Ou personne. Peut-être qu'ils sont assez grands pour envoyer chier les papas, les mamans, les banquiers et tous les autres vampires ?
Mais bon, ce qui est important, c'est que Patrick et Guillaume s'enculent en paix sous le drapeau français pendant que lady gaga se masturbe sur scène avec la tiare du pape. Bénis soient les enculés légaux**.
Dormez tranquilles, braves gens, il est minuit moins une, et tout va BIEN.
* faut pas s'opacifier aux appats rances. Le rat de l'élysée, qui aurait pu penser qu'il allait déclencher des guerres ? alors l'autre falot, rien que pour montrer qu'il bande encore, il est capable de déclencher l'apocalypse socialiste. Va savoir ...
** Pour info, je suis zétéro, mais parce que la génétique m'a fait tel. J'aime beaucoup la position de l'écrivain homosexuel (et mort) Pierre Gripari qui disait n'avoir d'autre choix, puisque la nature l'avait fait exclusivement homo. Faut-il tuer les zomos ? Si oui, je deviens homo aussi sec (ne croyez pas que j'ai pas essayé).
C'est pas l'homosexualité qui me dérange, c'est ce souci bourgeois de rentrer dans le moule (pas dans la moule, non).
Mariez-vous, pauvres cons. Quand vous divorcerez, les corbeaux légaux vous plumeront avec délectation. Vous repasserez à la télé. C'est peut-être ça qui vous intéresse le plus ?
Après l’explosion
Nul ne l’a sue
Le jour d’après
Coule la lave
Brûlent les cendres
Lave la lave
Mange la louve
Larmes sans sel
De régime
Cuit et recuit
Frottent les cendres
Récurent
Pas encore nu,
Pas tout à fait ?
Restent des choses
Bien accrochées
Des salissures
De vieux fantômes
D’anciennes guerres
Qui peut le faire, si ce n'est toi ?
Nettoie
Les notes glissent
Comme des larmes
Gouttes de feu
Sur la paroi
Qui m’a volé le cœur ?
Qui m’a trempé vivant,
Comme une lame ?
Qui m’a fouetté les yeux,
M’a déchiré le ventre
Me baisant les paupières
Et m’enduisant de baume,
Me prenant par la main,
Pour me conduire
Dehors ?
LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR
NI BUT, NI QUÊTE
***
QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,
CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?
***
C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ
***
LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?
***
CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT
SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS
***
QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT
***
C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT
***
CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR
***
LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE
***
L’ERREUR EST LA VOIE
***
LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE
***
LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE
***
LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS
***
LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR
C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;
CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,
CE SONT DONC DES PAUVRES ;
CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS
EST DONC LE VERITABLE RICHE.
***
VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS
***
LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL
***
LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES
***
UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE
***
UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER
RESTE UN DIAMANT.
MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT
EST DANS UN ECRIN DE SOIE,
ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.
***
COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE
***
DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX
***
LE DEDANS REGLE LE DEHORS
***
L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN
***
LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,
L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES
Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.
Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.
Circuler, pour mieux s'ôter.
Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.
Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.
Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.
Les oiseaux sont les poissons du ciel,
nous en sommes les crabes
Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.
Un vrai sosie, c’est invraisemblable.
Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.
Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.
Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.
Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.
Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.
Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.
Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.
Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il est riche ?
La bouche est elle riche ?
Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?
Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.
On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.
Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.
Au matin, la nuit tombe de sommeil.
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