Victime d'un sort, mon vieux GPS (gros plein d'soupe) a rendu l'âme. L'ayant agoni d'injures dont certaines laissaient planer un doute sur son origine et la probité de sa mère, je bas ici ma coulpe.
Place au neuf, comme disait le huit fatigué de faire des boucles. En bon zéropéen, je consomme amérloque, de préférence fabriqué par des mineurs en Asie du Sud-Est. Ou du Sud-Ouest, je m'en tape, du moment que ça coûte pas cher et que ça indique la route pendant au moins vingt minutes. Après, tu écris à 60 millions de consommateurs pour obtenir le remboursement, c'est une affaire bien rôdée.
Consommateur, c'est devenu au fil du temps : con sommateur. Dès lors que je te somme de me rembourser la merde que j'ai achetée en connaissance de cause (toujours), puisqu'elle coûtait trois francs six sous, c'est à dire huit ou neuf mois de riz avec des charançons plus les torgnoles et la flotte pourrie, dès lors que je somme, je reconnais que je suis un con. Un con sommateur. Le con somme, somme, somme. Comment s'y soustraire ?
A ce sujet, bien des gens sont divisés, mais les plaintes se multiplient. Pas contre le travail forcé des nègres, des chinois et des enfants, non, personne s'en plaint, tant que ça marche. Mais il arrive qu'au bout de 20 mn en général, le truc te chie entre les doigts. Par pure vengeance, comprend plus que le swahili, le mexicain des hauts plateaux ou le pachtoune.
Une chose qu'elle est bonne, si que si ça fond pas dans les 20 mn, ça dure quand même deux ou trois ans. Au moins autant que le gamin qui portait les paquets dans les vapeurs d'acide de l'usine.
Brèfle, comme disait un certain Bérurier à l'époque où les gens riaient encore (au pied, haha). Passons au vif du sujet.
L'outil est ultra plat. Plus plat, tu le roules autour d'un morceau d'un quelconque truc interdit, et tu le fumes. Bon, tu recraches, parce que le plastoc fondu, c'est dégueulasse, mais c'est pour dire : plus plat, tu meurs.
Mon nouveau GPS, il me rappelle la tronche à Misteur Miviludes, le Fenech (dit encore : le renard des sables). Tout plat. Mais faut pas s'y tromper, y'en a derrière la façade. Sait tout sur tout. Enfin, tout ce qui est plat. Pas creuser, manque d'oxygène. Pas équipé. Voit que la surface. Patine et veut s'accrocher.
Séance de conciliation : je tapote les cases sur l'écran. Langouèdje ? Français, là où la cigogne m'a échappé. T'as le choix entre Bernard et Juliette. Bien que je n'aie pas d'Alfa Roméo, par pur réflexe j'opte pour Juliette.
La malpolie ne s'enquiert même pas de mon prénom. Je tapote (pas tapé, monsieur le juge, juste tapoté, j'vous l'jure, je l'aimais, moi, juliette, jamais j'l'aurais tapée) la destination. Pour un premier contact, j'évite le questionnement métaphysique (qui sommes nous, d'où venons nous, où allons nous ???), pour privilégier la troisième interrogation.
Une fois le truc acquis, je m'endors comme d'habitude, tout occupé à explorer la réalité profonde, laissant le soin à la donzelle (Juliette, pas Bernard, y'a longtemps que j'ai choisi mon camp) de faire le boulot de me poser à l'adresse susévoquée.
Mais là, surprise, au bout de 30 secondes, elle glapit : "Vous dépassez la vitesse limite autorisée". Je ne vous dis pas l'effet sur un coeur presque sexagénaire. Après douze embardées et huit tonneaux, m'extirpant du véhicule, j'y dis : "Ça va pas la tête ? On aurait pu avoir un accident !!!"
C'est devenu son discours favori : voudépassélaviteçlimitotorizé toutes les trente secondes voudépassélaviteçlimitotorizé ben oui, je l'avoue, j'en ai rien à foutre des injonctions de la kommandantur s'ils ne veulent pas de voitures rapides qu'ils fassent des brouettes qui roulent à douze et quand y a une belle ligne droite dans un coin de campagne sans le moindre flic à l'horizon je monte à quoi cent cinquante cent soixante et j'emmerde la droite et la gauche et le milieu j'emmerde les mous les trouillards et les culs bénits un instant de jouissance avant de regagner la cohorte prudente et affalée qui ne sait plus que subir et vieillir dans la peur.
Putain de machine - pardon, juliette chérie - quand tu vas clamser, si tu vas au delà des vingt minutes fatidiques, quand tu iras au paradis des machines et que sans la moindre culpabilité incestueuse j'achèterai au marché aux esclaves ta fille ou ta petite fille, je suppose qu'elle appellera directement les sbires afin qu'ils me dépouillent et m'encabannent.
PS : le blog et le blogueur sont en pause pour quelque temps. Bises.
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