Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 08:22

Pour les cancres et ceux qui ont envie de se reposer d'une flopée de textes compliqués, je vais tenter de faire un peu de lumière sur un mystère amusant et peu connu de la zoologie. Voilà :

 

Au début, Dieu fit le ciel la Terre et tout le bazar. Les zanimaux, et comme le rappelle fort à propos Bob Dylan, l'homme donna des noms aux zanimaux (d'ailleurs, se regardant dans la glace, Bob dit : l'âne).

 

 

 

 

Jusque là, tout le monde suit, surtout que là c'est traduit par le vieux Graeme, cet amour d'honnête homme, 85 ans le 7 novembre dernier. Bon. Le problème c'est que feurste (c'est de l'angliche, non traduit) : l'homme était pas encore trop futé (sortait juste du moule), touhaillce (c'est de l'angliche itou, c'est pour relever le niveau culturel du gueblo) : Dieu avait pas encore tout à fait fini les zanimaux.

 

Un jour, avec un peu de retard sur le programme, Dieu fit les zabeilles. L'homme était là, caché derrière un buisson. Dieu dit :

 

"Essaimez, zabeilles". Et les zabeilles zéssaimèrent (et s'aimèrent, de surcroît, ce pourquoi elles sont toutes collantes). L'homme entendit et sut que les zabeilles s'appelleraient : zabeilles. Et ainsi l'homme les nomma, et Dieu en fut bien content. Il est bien, ce petit, pensa-t-il dans sa barbe.

 

En fait, ça prouve que Dieu n'est pas omniscient ; sinon il aurait su qu'Adam écoutait aux portes.

 

Adam remarqua toutefois (pas si bête) que deux ou trois loupés étaient tombés de l'établi de Dieu, tellement qu'Il s'était dépêché pour pouvoir se reposer le septième jour, je vous dis pas, il avait rencart avec la future Mme Dieu, faut pas rigoler avec ces choses là, parmi les copeaux, y'avait des bestioles jaunes et noires, très étroites au niveau du hara, avec des dards commacks, mais incapables de faire du miel. Il en fit la remarque à Dieu.

 

Dieu n'aime pas les remarques. Il gronda : "Hé, c'est mes oignons !" ce qui fit s'envoler les guêpes dard dard, qu'on a jamais pu les rattraper depuis.

 

Adam tout effrayé crut (parce que l'idiot avait entendu, je traduis pour les derniers au fond de la classe : "essaimez, zoignons") que c'était comme ça qu'elles s'appelaient, les bébêtes : des zonions.

 

C'était un peu embêtant, parce qu'il y avait déjà des blubes, non, des bulbes qui s'appelaient comme ça. Remarquez que l'homme, primo, n'a pas été chargé de nommer les plantes, sinon Bob Dylan qui est un nébreu très savant, nous l'aurait dit ou chanté, enfin, grincé (à moins que Dieu ait commandé aux zébreux de ne pas le dire aux goyim, ou à moins, bis, et primo (c'est du latin) que Dieu ait décidé de ne pas le dire aux zébreux pour le révéler aux zindiens, ça serait la meilleure, eux qui demeurent souvent dans leurs baraques en tôle sur la berge des ravins) deuzio (du latin itou), que les zonions du jardin, bien qu'eux soient plutôt larges et amples au niveau de la taille, piquent aussi et font pleurer comme les guêpes. Donc Adam était excusable (enfin, c'est mon avis, hein). Si vous avez pas tout compris, relisez la phrase.

 

mexique-2008-109.jpg

 

Maison typique d'Indien sur la berge du ravin (hé, les cancres, c'est une contrepèterie bien connue,

même si la photo est bien réelle, c'est moi qui l'ai prise en 2008) dans la région de Huautla de Jimenez. 

Faut pas rentrer bourré. 

 

Mais le vieux barbu là-haut ne fut pas content du tout. Heureusement qu'Eve et le serpent (qui ne la laissait pas de boa) ont inventé un peu plus tard la guépière, puis encore un peu plus tard le serpent (encore lui) et Adam ont mis au point la Gay-pride (pendant qu'Eve faisait des essayages et un peu de manucure et de shopping (angliche)), d'où enfin par mimétisme naquit le mot "guêpe" pour décrire ce genre de phénomène très zagressif qui se balade à Berlin ou à Paris avec Delanouille- Quipand et et DjackLanguille de Caniveau une fois par an en costume serré à la taille, et un vilain dard tout bleu au bas de l'abdomen, puis cette fameuse bestiole dont nous parlions il y a peu, que ce nigaud d'Adam avait appelé "zonion" par mégarde.

 

Guêpe défilant dans la Marche des Fiertés LGBT sur le boulevard Saint-Germain, Paris 5e, 25 juin 2011, photo Alain Delavie 

 

Bizarrement, et malgré de ferventes recherches dans les traités de botanique et même chez François Couplan, il semble que l'expression : "Et pan dans l'oignon" n'ait pas de rapport avec ce qui précède.

 

Chais pas si tout le monde a suivi ? Ça vaudrait mieux, parce que demain : interro.

Par Vieux Jade - Publié dans : j'arrache, j'arrache pas ? - Communauté : Le Sarmiento
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 13:38

    

                             

 

 

 

 

 

 

 Un petit complément à cet article.

 

Regardons le mot : SenS.

 

Premier "S", premier serpent horizontal, dans la poussière, c'est-à-dire le monde atomique qui constitue l'univers qu'appréhendent nos sens, cinq, comme les doigts des pieds qui nous posent sur le sol, et ceux de la main qui prend contact avec les autres.

 

Ce qui entre dans l'homme, n'est pas ce qui le souille, dit le Christ. Le monde n'est pas mauvais. Ces cinq moulinettes nous fourguent la pâtée instantanée qui nous maintient ici, la préparent mais ne l'interprètent pas.

 

Le S final est le serpent de la sagesse. Dressé, redressé vers le ciel, sur la croix de l'espace et du temps, il collecte les informations reçues et digérées et les ramène vers le haut, d'où nous avons été jetés.

 

Ceux des hébreux qui le regardaient lors de l'exode, blessés par des serpents brûlants (les pulsions ?) étaient guéris, dit le livre des Nombres.

 

L'intelligence guérit les maux, panse les blessures faites à ramper et bouffer la poussière, dont certains morceaux peuvent être un peu indigestes.

 

Ça se passe bien sûr "en", à l'intérieur. Chacun de nous dispose des cinq sens pour en tirer le Sens.

 

Là que réside aussi le danger. La quête de sens peut facilement virer à l'orgueil, à la tentation de l'autosuffisance, de l'arrogance, du pouvoir.

 

Ce sixième sens, ce serpent de sagesse devient alors "mauvais", car son désir est maintenant de garder pour lui et lui seul ce qu'il apprend et devine. Serpent hautain, serpent fermé, tournant en boucle, constricteur et venimeux, tout ce qu'il touche, il l'asservit.

 

Tel est le sens du cercle vicieux, de l'anneau de Sauron, du triple six qui s'enroule sur lui-même, cherchant en lui son plaisir et sa finalité, en éludant le Sept.

 

Lorsqu'il dépasse cette tentation, il dresse la tête qui alors jaillit et dépasse la barre horizontale du Tau*, croix sur laquelle il est suspendu, comme nous tous.

 

C'est alors et seulement qu'il connait l' S en Ciel.

 

 

* "Toute section horizontale de l'arbre au niveau d'un état donné partage l'ensemble des états de l'être entre les états supérieurs et les états inférieurs à l'état considéré. La coupe de l'arbre au niveau de cette section ne retient que les seuls états inférieurs à l'état donné. Cet arbre tronqué dépeint généralement les états physiques et psychiques de l'être propres au monde de la dualité. Il est symbolisé par la croix Tau de la tradition égyptienne". (site Lotus).

 

 

PS : demain, c'est mercredi, allez, un petit texte pour se défouler. Promis. Après tous ces pensums...

Et jeudi : interro. 

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : légumes verts - Communauté : Le Sarmiento
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 10:38

 

Pour les nouveaux ou récents lecteurs, que mes propos sinusoïdaux peuvent surprendre, j'ai résolu d'approfondir un peu ce qu'implique le symbole du serpent.

 

J'ai déjà abordé le sujet sous une autre forme, mais le propre d'une spirale est de refaire sans cesse le même cercle, en l'agrandissant, ou en le concentrant, selon le point de vue.

 

Je constate - ne croyez pas qu'il y ait de ma part la moindre stratégie, c'est une notion qui m'est absolument étrangère - que bien souvent, l'un de mes textes semble contredire le ou l'un des précédents.

 

Ça ne me surprend pas, ça ne me choque pas, parce que depuis que je me souviens de moi, de ma manière de penser - peser, soupeser, étymologiquement - j'ai toujours balancé d'un bord à l'autre.

 

Pour une fois, je vous ferai grâce de mes intimités - rêves, signes - qui sont encore un peu rétives à se montrer, car ici on touche au très secret, pour simplement exposer quelques évidences.

 

D'abord, dire qu'expliquer, dire, n'est pas se justifier. C'est encore une tendance morbide (mord bide, M. Ned Allen, ça fait mal au ventre) que de refuser à quiconque - et à soi-même - le droit de dire ou tenter d'expliquer à voix haute ce qui fait en lui chemin, sous prétexte qu'il essayerait de se justifier, c'est à dire de se rendre juste aux yeux d'autrui.

 

Expliquer, c'est sortir des plis, pour devenir simple, sans pli. Nous devons tous sortir des plis, sous peine de repasser (ho, c'est une blague). Tenter de le faire est juste. Il faut donc éviter de le considérer comme de l'auto-justification, sous peine de rester tous prisonniers.

 

Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent ma passion de l'étymologie : je m'aperçois qu'en plus de deux ans de discours alambiqués, je n'ai même pas indiqué le sens de ce mot : science du vrai, etumos logos.

 

Pour en rajouter une couche, je dirai que ça coule de source. Imaginez - et c'est précisément le cas - que nous soyons à l'embouchure d'un delta, là où un fleuve roule les eaux de milliers d'affluents accumulés, mais aussi toutes les boues et les ordures. L'eau est de l'eau, certes, mais immonde et méconnaissable.

 

Comment boire, si ce n'est en remontant vers la source ? Là tout est encore frais et distinct, et lave, hydrate et rajeunit.

 

Difficile, quand on cherche à boire à la source, de ne pas être saisi de pitié et d'horreur, quand on voit que la plupart de nos congénères lapent d'infâmes déjections de mots sales et trompeurs, et s'en contentent. Difficile de ne pas chercher plus loin, au delà. Toujours monter, remonter, au fur et à mesure que le niveau de la crue abjecte monte, ce déluge, difficile de ne pas chercher refuge plus haut, de ne pas se construire une arche, une barque, un radeau, au pire, en attendant l'aube. 

 

Certains maudissent ce temps de débordement, mais, s'il ne nous noie, il nous refoule vers le haut.

 

Après l'âge des conflits, le Kali Yuga, ou pendant, qu'importe, car déjà tout se mélange, et avant le retour à l'âge d'Or, les anciens hindous interposaient le pralaya, temps de déliquescence.

 

C'est proprement le temps de la confusion, car tout s'interpénètre. Tout est vrai, relativement, et rien n'est faux. Mais tout est dangereux. Dans la mesure ou dans un film tout peut être vrai, faux ou dangereux. A la fin, comme l'ont dit de plus savants que moi, les acteurs se relèvent et vont boire un coup. Mais on n'en est pas là.

 

Précision : je ne m'écarte pas de mon fil, j'y reviens. En serpentant. Le sujet du jour, c'est le serpent, je le rappelle.

 

Maudit serpent. Mon temps étant compté, je vous laisse tout loisir de consulter les dictionnaires des symboles et autres encyclopédies. Comme tout symbole - et encore plus, dirais-je - le serpent est ambivalent. Ambivalent ne signifie pas que ça veut tout dire et rien dire. Si c'est le propre de la purée d'être amorphe, le serpent est au contraire puissamment morphisé. C'est un axe, une colonne vertébrale, d'une grande force, un fouet, une corde.

 

Les symboles doivent impérativement sortir des dictionnaires pour rendre leur sens. Pour saisir le sens de la pomme, être pomme. Je suis, vous êtes un serpent. Votre colonne vertébrale est exactement un serpent. Debout. Ne l'oubliez jamais, car c'est une des principales clés de notre énigme.

 

 

 Nous sommes des serpents dressés, dans un véhicule adapté à ce monde.

 

Si seuls les ivrognes sont censés tituber, dans une trajectoire sinusoïdale, le mode de penser normal du serpent, dont nous sommes, est la reptation.

 

Si nous savons encore souvent cracher notre venin comme une flèche, notre comportement habituel est nettement plus courbe. Le vôtre ? Je ne sais pas. Je ne suis pas vous.

 

Le mien ? Oui. Ma pensée suit son chemin en rampant d'un extrême à l'autre. Chaque découverte d'un nouveau territoire, d'une nouvelle borne me renvoie à l'autre bord, et ainsi de suite. Montagne, ravin, montagne, ravin. 

 

Facile d'y voir ambiguïté, incertitude et approximation. Ce qu'il faut voir, c'est, au delà, le but. 

 

Que le ciel m'avale et me dissolve dans l'acide si c'est mon prétendu ego qui va écrire ce qui suit : la marche du serpent, c'est la voie de la sagesse.

 

Facile à voir : SageSSe. Trois S en ce mot. Trois sinusoïdales qui montrent qu'en toute chose, il faut explorer les limites, de part et d'autre, non pas se contenter du petit chemin balisé.

 

Trois S, parce que l'être est triple. Trois niveaux de joie. Aussi peut-être parce que le tantrisme connait trois canaux. Mais là, je cause sans savoir.

 

 

 

Et ce serpent, qu'est-ce ? Qu' S ?  Rien que le serpent des reins, d'airain, pardon,  celui que Moïse cloua dans le désert. Serpent d'airain, mêlé du cuivre vénusien (78% de cuivre, 22% d'étain) et génésiaque, serpent des reins, de la force qui nous tient debout, nous, race humaine, détentrice du fardeau d'être condamnée à la verticalité, que d'autres appellent kundalini.

 

Debout, certes, essayant de ne pas tituber, de ne pas nous affaisser sous ce poids, de ne pas retomber à quatre pattes, même quand la traversée du fleuve se fait difficile, presqu'insurmontable, tant le poids est lourd qui pèse sur nos épaules, tant notre coeur est vide, et nos tripes en lambeaux.

 

 

 

Nous ne pouvons pas monter comme des flèches, même si le but paraît simple et évident, parfois. Il nous faut explorer toute l'étendue de l'espace et du temps, tout savoir, tout connaître, dans la chair et non autrement.

 

Voyage labyrinthique, non pas direct. 

 

La malédiction du serpent (Genèse, III), c'est de marcher sur le ventre et manger de la poussière. En français moderne : tout ressentir, pour tout relier et réunir. Telle est notre malédiction, telle est notre tâche, et probablement notre choix, avant naissance.

 

Expérimenter la séparation, et retrouver le sens ascendant. Incidemment, ça explique le symbolisme de la croix.

 

Fameuse croisière, on s'en souviendra.

 

Quand je dis blanc un jour, et noir le lendemain, lecteur, sache que tu te balades d'un bord à l'autre des limites qu'il m'est donné d'apercevoir, rien d'autre.

 

En dernier lieu, je donnerai un petit bonus : Sagesse, c'est aussi, en traficotant un peu les langues, mais c'est venu tout seul, Saga (dire, anglais to say) Esse (verbe Être en latin), le dire de l'être.

 

Autrement dit, la sagesse, serait le récit de l'Être, Verbe, ou Logos...

Par Vieux Jade - Publié dans : féculents - Communauté : Le Sarmiento
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 10:35

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A l'école, on apprenait que les messagers de Charlemagne, je crois, étaient nommés missi dominici, les envoyés du maître.

 

On parlait beaucoup des anges, aussi, du grec aggelos, de la racine gar, crier, parler. D'une manière humoristique, entrer sans crier gare est un oxymore.

 

L'ange était envoyé du ciel pour établir une communication, avertir, mettre en garde.

 

Les hébreux les nommaient mélek.

 

L'ange est un être spirituel, une présence presqu'indiscernable dans le quotidien, mais dont le poids peut être écrasant, comme le savent les lecteurs des dialogues avec l'Ange.

 

Le new age s'est emparé du sujet pour vendre de l'encre et du papier, et les badauds enthousiastes ont conclu toutes sortes de traités avec des entités comme si tout ce qui grouille derrière les murs du visible était bon, généreux et plein d'amour.

 

Une larve peinte en blanc reste cependant une larve.

 

Et une larve humaine qui n'a pas le courage de bouger son cul et compte sur les anges pour se sortir de son bourbier reste une larve au cul de plomb.

 

C'est tout le problème du magicien noir qui enrôle des entités crapuleuses pour faire du sale boulot à son profit de lézard : sa puissance ne l'élève en rien, elle l'abaisse.

 

Il existe une autre sorte d'envoyés, dont personne ne parle : nous, les hommes.

 

Envoyés nous sommes, d'un autre monde, en celui-ci. Si les anges prennent la peine - car c'en est une - de descendre jusqu'à notre compréhension (l'intellect supérieur) dans le rêve, la vision, l'audition, l'imagination, l'élan du coeur, c'est parce que nous sommes cousins.

 

Eux servent de relais entre le haut d'où nous sommes venus, et ici, ici-bas, comme disaient les anciens.

 

N'oublions pas que nous aussi sommes des envoyés, des messagers, des voix. Selon notre nature profonde, selon le souvenir qui nous reste au coeur, nous pouvons parler et dire des mots de paix, devenir, être et demeurer bienveillants, refuser d'entrer dans les spirales descendantes, les relations dégradantes, les combines de pouvoir, aider, rendre grâces.

 

Il n'y a aucune fatalité. Jamais aucune fatalité. Juste le poids du cul collé à la chaise, de celui qui dit : à quoi bon, j'en ai rien à foutre, j'y peux rien, je n'y arriverai jamais. Et de toutes façons, c'est trop tard.

 

Ce qui peut arriver de mieux, dans ce cas là, c'est qu'un ange tire un coup de latte dans les pieds de la chaise.

 

Quand l'homme fait ce pour quoi il est venu : prendre, apprendre, dans un sens, et donner, en échange, de la lumière, de la beauté, du courage, de l'espoir, car en toutes choses il y a échange, quand ce cercle est initié, il est plus facile d'entrer en contact avec l'ange, et dans des conditions moins dramatiques.

 

Alors se crée, ou plutôt, devient apparente la chaîne qui relie l'esprit à la matière, le non-temps au temps, l'échelle de Jacob.

Par Vieux Jade - Publié dans : fleurs des champs - Communauté : Le Sarmiento
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Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 10:58

 

Un point rapide sur les opérations : la Pieuvre met tout en oeuvre pour consolider son règne, car elle est aux abois. L'énergie des hommes serait aujourd'hui beaucoup trop forte s'ils n'étaient pas contraints et rabaissés. Gurdjieff disait quelque part que la multiplication des hommes servait à compenser leur perte de puissance au fil de la dégénérescence, de l'âge d'Or à celui de la confusion. En gros, là où la Terre, par exemple, trouvait autrefois assez de substance dans le cadavre d'un roi sacrifié, il en faut dix, vingt ou cent, des humains déficients d'aujourd'hui. Pour lui, les énormes boucheries de notre temps alimentent ces vampires que sont la Terre et la Lune. 

 

De même, la Pieuvre qui a oeuvré tout au long de son immense existence à pomper l'énergie des hommes, ce que l'église catholique et la littérature romantique ont appelé : le pacte avec le diable, ou simplement le vampirisme, cet être principalement psychique et exsangue est aujourd'hui devant un infernal dilemme : à bout de souffle, épuisé, il lui faut sans cesse recourir à de la nourriture, mais cette nourriture doit être prédigérée, transformée le plus possible afin de ne pas la mettre en péril, avec ses pauvres vieilles dents. Il lui faut donc de plus en plus d'une pâtée de plus en plus étendue d'eau. 

 

Comparez ça à la reine allergique d'une ruche qui voudrait être constamment sous perfusion, mais sans le moindre risque de rejet.

 

Pour cela, il lui faut réguler la production, en abaissant la qualité, pour éviter l'overdose, les chocs, mais en augmentant la quantité, afin de ne jamais manquer.

 

Sa nourriture n'est pas physique. Ce vampire assoiffé de lumière, issu de la lumière mais incapable d'assumer le vrai fardeau de la lumière, se nourrit en pompant la seule substance où la lumière soit diluée, l'âme des hommes.

 

L'âme est l'interface entre l'esprit incorruptible et la chair, ou matière. Entre la lumière, l'information, et la passivité de la matière. Le seul lieu où le suçoir puisse se loger, c'est l'âme. Informée mais en dilution, c'est l'aliment qui lui convient, étant de même nature.

 

Le Ciel d'où la Pieuvre a été jetée, selon les traditions, c'est le monde de la lumière. Aujourd'hui, elle vit en enfer, c'est à dire cachée au plus profond de la matière sombre. Son seul recours, sa survie, elle la trouve dans le psychisme humain, où elle peut se dissimuler, qu'elle hante et subordonne depuis le début de cette histoire.

 

Il semble - rien n'est sûr - que nous soyons à la veille, ou à la charnière d'une recrudescence de la capacité des hommes à se souvenir de leur origine. Cela signifierait une augmentation de l'énergie individuelle, multipliée par le nombre, qui pourrait être désastreuse pour cet organisme immonde et souffreteux.

 

L'overdose létale des junkies est toujours due à de la dope trop pure. 

 

Cela expliquerait le plan de sujétion mis en oeuvre de si longue date, et l'accélération que nous constatons : tous esclaves, tous fliqués, tous castrés, tous pompés, tous inquiets, tous malades, tous ravagés, rackettés, de manière à fournir une énergie faible et soumise, de basse fréquence, mais énorme en volume.

 

On comprend mieux, dès lors, pourquoi la plupart des humains sont tristes, stressés, désespérés, vêtus de noir, malades, vidés de leur substance. Car elle prend tout. Elle maintient tout sous sa griffe, dans un ultime sursaut.

 

Le salut, individuel et collectif, car chaque être qui échappe à l'emprise en libère dix, cent, ou mille, le salut est dans la concentration et l'augmentation de notre fréquence personnelle, car son estomac avarié ne supporte plus que des nourritures plates et molles.

 

La foule des zombies écroulés devant leurs écrans, celle des prisonniers noyés dans les embouteillages, les factures, les complexités infinies, les sordides écueils et les rebuffades de l'existence moderne lui fournit le carburant nécessaire, toujours sur le point de manquer. Elle s'exaspère et veut toujours plus. Plus, mais toujours plus mou et moins tonique.

 

Plus elle pompe, et moins elle a. Et plus ceux qui lui échappent deviennent toxiques et dangereux. Elle se retire avec horreur quand l'éclairage augmente.  

  

L'amour entre deux êtres la blesse, quand la pornographie ou le viol la soutiennent.

  

Le don la tue, quand le chantage et l'avarice la raniment.

 

L'aveu d'une faiblesse la ronge, quand le mensonge la renforce.

 

Une réconciliation ? Un pardon ? Du venin, du poison. Elle se tord et suffoque.

 

La stratégie est simple : être de plus en plus nombreux à être de plus en plus clairs, de plus en plus humains.

 

Le plus vite possible. Même si le temps est illusoire. Là encore, c'est une question de fréquence.  

Par Vieux Jade - Publié dans : légumes verts - Communauté : Le Sarmiento
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Assourdis sens

RESPECT : 

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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