sauvages

Samedi 24 septembre 2011 6 24 /09 /Sep /2011 16:42

 

Je me suis souvent demandé s'il existait une relation entre les racines SAT*, désignant en sanscrit l'existence, la réalité, la vérité, le SATIS latin, racine de mots indiquant la satiété, assez, saoul (de satullus), saturé, et le sémitique SHAITAN, l'adversaire, Satan pour les intimes.

 

A dire vrai, je crois que je me pose cette question depuis le "Satisfaction", de Their Satanic Majesties, les Rolling Stones.

 

Ça date.

 

I can get no satisfaction, qu'est-ce que ça veut dire, au fond ?

 

Rien (nulla res, nulle chose) ne me satisfait, je suis un tube, un esprit vorace jamais plein, comme l'estomac, ou comme les couilles, jamais vides ?

 

Ou je ne parviens pas à trouver le calme de l'assise ?

 

Même si les racines divergent, le sens est bien le même : résoudre la question de la voracité, du besoin, du manque mène à la paix.

 

C'est sûrement un chemin étroit, mais certains s'y essaient :

 

  

Evidemment, ça suscite de la résistance. C'est totalement inacceptable pour un monde matérialiste qui a érigé la consommation en dogme suprême et se fonde sur un principe hiérarchisé dans lequel les plus avides et les plus forts dominent. L'empire du mal est bâti sur cette base qu'on ne peut vivre sans manger.

 

Un parallèle intéressant avec la sexualité obligée. 

 

Mais, et peut-être est-ce un signe que les temps changent vraiment, c'est totalement nouveau qu'un tel sujet soit soudain, en quelques années, aussi débattu. La forte résistance est la preuve qu'ici se tient l'orée d'un autre chemin. On ne garde pas les choses sans intérêt.

 

Mais le sujet est ancien : sur le tympan de l'église de Saint-Pierre de Jaca (Espagne), on peut lire la phrase suivante :

 

"VIVERE SI QVERIS QVI MORTIS LEGE TENERIS,

HVC SVPLICANDO VENI RENVENS FOMENTA VENENI,

COR VICIIS MVNDA, PEREAS NE MORTE SECVNDA"

 

Si tu veux vivre, toi qui es soumis à la loi de la mort,

viens ici en suppliant, renonçant aux aliments empoisonnés.

Purifie ton cœur de ses vices  afin de ne pas mourir par la seconde mort.

 

 

* SAT : "Sat est notre Vrai Soi - la conscience bienheureuse qui a toujours existé, qui existe et qui existera toujours. Cette conscience est au-delà du temps, les marées du temps ne pourront jamais l'anéantir. En fait sat est présent en chaque objet asat, il en est la part essentielle" (dans le texte en lien). 

 

PS : le sujet de la faim, de l'incoercible faim me préoccupe depuis toujours. Une partie de moi tend vers l' inédie * alors qu'une autre se jette sur la bouffe et le pinard. C'est pourquoi un jour j'ai lancé ce blog dont c'était l'unique sujet.

 

* dont un exemple connu est le foutrebaleur Zidane ; qui n'a entendu causer de l'inédie de Zidane ? 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 12:34

La traiter de voleuse serait indélicat et inapproprié, et je ne suis pas sûr que je l'accepterais sans broncher. C'était une fervente collectionneuse, et surtout dans sa jeunesse. Elle aimait beaucoup ramener chez elle tout ce qui traînait, abandonné, les jouets des enfants du voisinage, le linge qui séchait, des bâches, des draps, des paillassons. Des chaussures de toutes sortes, de la botte caoutchouc à la paire d'espadrilles, il y en avait pour tous les goûts. Une assez jolie brocante. Un grand éclectisme, gage d'un esprit ouvert.

 

Ainsi que, parfois, des poules. Plus ou moins vivantes. Souvent moins. Un soir d'échec, elle est revenue avec un plomb dans le nez. 

 

Sans parler du contenu des poubelles lorsque d'aventure un sac excédentaire était posé le lundi soir au pied des conteneurs. Bouteilles plastiques, couches, tampax, boîtes de conserves jalonnaient le parcours. 

 

Le jour où l'électricien venu poser une sonnette avait laissé son camion ouvert fut son jour de gloire. La caverne d'Ali Baba, la maison en pain d'épices, la loterie universelle : en une petite heure, elle avait constitué un assez joli stock de fils de toutes les couleurs, et de gaines itou. Ramener le paquet de vis et les chevilles fut un peu plus ardu. On a passé un quart d'heure à trois à les ramasser entre le camion et sa niche.

 

Malgré les altercations qu'ont pu causer ma divergence de point de vue à ce sujet, moi qui suis un humain assez strict sur le chapitre de la propriété, (malgré ma conviction que la propriété est une connerie à dépasser), et quant à la collecte manuelle le mardi matin des ordures ménagères éparses, c'était ma meilleure amie chien. Avec la Léda de mon enfance, à laquelle je confiai toutes mes peines d'enfant. Elle avait la couleur d'un renard, et un amour sans faille. Sa maman était boxer, fauve, et son père un vieux labrador noir de passage, placide et couillu.

 

Elle est morte durant la nuit du 30 août, des blessures reçues le jour précédent par des chiens errants. A sept ans.  

 

Si le Ciel reçoit les ânes, il doit bien accepter les chiens. Ce serait quoi un Ciel d'où on les refoule ? C'est pas rien, un chien, ça donne tout, sans restriction. Ça pardonne tout, aussi, les colères, les énervements, les coups de gueule, les coups de ceinture. Ça en sait beaucoup sur la vie, l'amour, l'engagement, la fidélité, des choses qu'on oublie tout le temps, nous les humains. Ça ne calcule pas, ça n'escompte pas, ça n'a rien à vendre, ça endure tout. Moins que nous, plus que nous, autres que nous, et toujours avec nous. 

 

Alors on l'a enterrée, Yunnan, ma Yuyu, ma fille, en lui répétant ce que je lui avais déjà dit lorsqu'elle n'était pas morte, quand on avait nos moments de bonheur : tu étais tellement gentille, je t'aime tant, que j'espère de toutes mes forces qu'on se reverra, qu'on se retrouvera. Je t'aime.

 

Et Mme VJ n'y trouve rien à redire. Elle pleure aussi.

 

 

PS : son fils, Erroll (son frère, donné, s'appelait Eros (il était noir, et les anciens égyptiens disait : Eros est un dieu noir)), qui vivait dans l'ombre presque exclusive de sa maman, est recroquevillé au plus profond de l'ombre des arbres. Quand j'arrive, et l'appelle, il bat de la queue un instant, puis reste dans son effondrement.  Bien sûr, on parle de chiens. Erroll cherchait à sauter sa mère quand  elle avait ses chaleurs ; il la poussait sans cesse pour prendre les caresses à sa place. Bien sûr. Des zanimaux.

 

Mais tout le monde fait ça. Les chaleurs mènent l'humanité. On se bouscule pour les honneurs et les distinctions. On nous a seriné sans cesse que l'homme blabla avait une âme et les zanimaux blabla n'en avaient pas, mais le désespoir de mon chien ressemble drôlement à ma propre peine.

 

Et, parfois, je me suis surpris à préférer mes chiens à certains lézards plus ou moins verticaux de ma connaissance.

 

  

24092009-007.jpg

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 00:17

sparta05-36b-1-.jpg

 

Sparte est l'un des premiers modèles connu d'un système totalitaire basé sur le mépris. Très proche des sociétés puritaines dont l'Amérique du Nord WASP est une représentation moderne, les femmes y sont élevées comme des juments destinées à pondre des étalons, les hommes "libres" exclusivement comme des guerriers, le restant des membres de la cité "les tremblants", ou les métèques leur étant soumis en toutes choses.

 

Mépris de ce qui n'est pas exclusivement viril - il y avait la légende du jeune homme qui avait volé un renard qu'il avait caché sous sa tunique ; lors d'une inspection, plutôt que de se trahir, il s'était laissé dévorer les entrailles sans rien montrer - mépris - donc peur - des autres cités, et courage invraisemblable qui eut un temps de succès avant que la ville ne sombre, sans doute à cause d'un parti pris trop rigide.

 

Toutes les énergies étaient tournées vers la seule activité civique reconnue : la guerre.

 

Dans son mépris, Sparte laissait subsister quelques ivrognes, pour l'éducation de la jeunesse.

 

Spectacle répugnant qu'un déchet humain payé par la collectivité pour aller au fond de son vice. Propre à dégoûter, par les querelles, les vomissures, l'hébétude, l'inconscience, la prétention et l'inefficacité dans l'exercice du combat.

 

L'épave alcoolique était l'équivalent de la femme stérile ou âgée, de tout ce qui est impuissant et improductif dans le domaine et le seul but requis : le maintien dans et par la peur d'un modèle figé une fois pour toutes. Comme si le seul but de l'homme est d'être utile à la collectivité. 

 

Sparte portait à son apogée l'art du mépris, de la séparation entre le regard profane seul tenu pour valide, et l'objet rejeté.

 

Distance installée entre le futur héros droit comme une tige, tout en muscles et bonnes intentions, projection de la volonté virile de la Cité, et le poivrot titubant vautré dans son indignité.

 

Sans la moindre conscience que l'un est nécessairement l'envers de l'autre, et que les deux forment un seul. Plus l'écart est grand, et plus les deux deviennent à la fois inhumains par leur spécialisation, et frères douloureux par le besoin qu'ils ont de l'autre.

 

Plus on s'éloigne de son ombre, plus ça fait mal.

 

Le monde moderne souffre à hurler de cette distance : technocrates, rouages, flics, politiques n'ont que mépris pour les poivrots et autres poètes, sensitifs, artistes de plus en plus nombreux qui se fracassent sur les façades minérales ultra sophistiquées des tours de mille étages.

 

En bas, les vomis, exclus, jetés, qui pulullent, en haut la crème, hyper ventilée, arrosée aux millions de devises. Et pourtant, l'exclusion frappe autant ou plus les puissants que les autres : les pertes de contrôle, les suicides, le recours à toute sorte de subsituts déciment les milieux dorés.

 

La distance est tellement grande entre les deux mondes que tout le monde hurle. Les poivrots répugnants et, à part quelques monstres fanatiques les baby traders ne rêvent que d'une chose : se retrouver pour refaire le monde. Tomber les barrières. Se tomber dans les bras.  Que les fils des dieux épousent les filles des hommes, car elles sont belles et désirables.

 

Vomir la richesse ennemie comme on vomit l'alcool soudain devenu muraille. Vomir. Changer. Laisser passer la vague de la destruction, le séisme, le chaos, pour vivre nus, de nouveau, sans mépris. De l'autre, donc de soi.

 

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 08:24

Voici un texte de Lanza del Vasto, tiré du volume 2 des "Quatre fléaux", publié en 1959. Le titre de l'article est de moi. Ce texte explique l'origine des religions naturelles, animistes, et l'influence des morts sur notre existence. Je suis personnellement convaincu par de nombreuses expériences de la permanence du contact entre défunts et monde visible. Je n'ai aucune peine à imaginer ce que les anciennes religions nous disent sur la rage de survie de certains morts, et de là aucun doute sur l'influence que de pareilles entités peuvent avoir sur la frange la plus vulnérable de l'humanité qui se laisse entièrement posséder par leur puissante magie, et agit quasi automatiquement. C'est la raison pour laquelle toutes les religions, y compris celles dites "révélées" ont mis en place des remparts contre le retour des morts. Peut-être même est-ce la véritable raison de la guerre aux religions qui est à l'oeuvre depuis des centaines d'années : laisser le champ libre aux forces obscures des vampires, dont, depuis Bram Stoker, les images littéraires et cinématographiques ne cessent d'envahir notre imaginaire, et donc notre existence, dans une sorte de magie évocatoire. Place au texte :

 

"La dogmatique païenne est un édifice à deux étages dont le second, la mythologie, ne tient pas debout tout seul, tandis que le premier, qui constitue toute la religion de maint peuple sauvage, reste le principal, chez les Brahmanes Hindous par exemple, et chez les Chinois. Ce fondement, c'est le culte des Petits Dieux sans visage et sans histoire : Les Mânes ou Lares.

 

Ce culte est la conséquence la plus logique de la réponse la plus logique à la question la moins oiseuse ou fantasque qui soit : La vie de mon père, où est-elle allée ? Oui, la vie, la force corporelle, le souffle de celui qui tout à l'heure allait et venait, agissait, parlait, mangeait, commandait, et qui n'apparaît plus maintenant que comme une masse inerte et froide ou comme un peu de cendre ? Où est-ce allé, où est allé mon père ?

 

Et la réponse s'impose :

 

Sa vie dans la semence la plus vive de la vie, dans le feu.

Son corps dans la terre d'où tout corps étiré.

Son sang et son fluide dans l'eau qui vivifie la terre.

Son souffle dans l'air.

 

Mais non pas dans n'importe quel feu : dans le feu de son foyer qui, de ce fait, devient feu sacré. Il le devient parce que la vie du trépassé s’y met, à moins qu'il ne le soit déjà parce que habité par l’âme des aïeux « dans le sein desquels » mon père vient de rentrer.

 

Non dans n'importe quelle terre, mais dans la terre de notre champ, de ce fait, devient sacré, inaliénable à perpétuité, nôtre, car la cendre des pères est la semence de la possession.

 

Non dans n'importe quelle eau, mais bien dans l'eau lustrale qui purifie et féconde.

 

Non dans n'importe quel souffle, mais au souffle des invocations, incantation, prières et formules, de la langue sacrée, celle de nos pères les plus lointains - et c'est encore mieux si l'on n'y comprend rien à cause de son ancienneté (malheur pourtant à qui en altère le moindre son !).

 

Sacré est ce qui est chargé de l'esprit des morts. Cette transsubstantiation se fait ordinairement par la voie des contacts ou des ressemblances formelles, elle peut aussi être opérée par les rites.

 

Le rite est une lutte et un travail de protection contre la mort, car la mort est écartèlement, dispersion et le rite infatigablement ramène et ramène encore un des quatre éléments sur les autres : il verse l'eau des libations sur la terre, il prend les fruits de la terre qui sont terre et eau fondues et les porte au feu, il verse le sang qui est eau et feu mêlés sur le tertre, il incorpore à chacun de ses actes le souffle des invocations.

 

Et puisque nous avons parlé du sang, arrêtons-nous sur ce cinquième élément qui représente l'unité des quatre autres et par conséquent le nom même de l'homme, son âme et son moi : l'Animal, le Vivant, la plante ou l'animal, mais le plus souvent l'Animal. Lequel ? Celui qui ressemble le plus au mort et, pour cette raison, lui servait de signes. Le cinquième élément, c'est le Totem ou Blason et voilà du même coup désigné l'Animal Sacré : celui à qui l'on offre le sacrifice comme au dieu-père, ou peut-être celui qui est désigné comme la victime du sacrifice, selon le cas (…)

 

Toutes les tribus, même païennes, connaissent Dieu, le Dieu qui n'est autre que Dieu, celui qui est derrière tout, et en tout, et au-dessus de tout : le Grand Esprit.

 

C'est lui que le sauvage évoque dans ses jurement, le réservant pour les plus solennels. Il est vrai qu'il ne lui voue pas de culte, mais c'est parce que Dieu est si bon.

 

Comment cela ? Demandez-lui, il vous l'expliquera sans ambages : Dieu est si bon qu'il n'y a rien à craindre de lui !

 

Il n'en est pas de même des esprits.

 

Parmi les morts, il en est de très malheureux et ceux-là deviennent méchants. Il y a ceux qu'on néglige ou que, par mégarde, on offense et qui s'irritent. Il y a ceux qui ont perdu tous leurs descendants et en sont réduits à l'extrémité. Il y a ceux que le remords de leurs crimes ou la soif de vengeance prive du dernier repos. Quelques-uns peuvent être apaisés, d'autres ont accumulé tant de rancune et sont si confits en malice qu'ils n'ont plus rien d'humain : ce sont les démons. Il s'agit de se munir contre leurs assauts nocturnes, de déjouer leur ruse, de les chasser et reconduire de force à leurs lieux infernaux. C'est une des fonctions normales du sacerdoce.

 

Mais, avec le progrès des temps qui amène automatiquement le développement de la Science, de la Science du bien et du mal, certains peuples s'avisent qu'il est puéril de repousser le mal et que mieux vaut en faire un bon usage. Il s'agit de capter les formidables puissances d'En-Bas et de les mettre au service de l'homme. Mais à cela l'instruction religieuse des familles ne suffit pas. Il faut des savants, des experts, des techniciens. Il faut prendre un gage celui qui est passé par les Hautes Écoles à l'étranger : le Sorcier. Il vaut la peine de lui donner un bon traitement, car il nous assure la prospérité, bonheur, la paix. Nul n'osera plus nous attaquer : nos voisins sont dans la terreur. Ils savent que nous sommes en état de leur envoyer le rayon de la mort. Nous pouvons, à notre gré, sans même les toucher ni les voir, les imprégner de miasmes et les faire pourrir sur place, ou bien les consumer à petit feu, où les pulvériser d'un coup, les anéantir corps et âme."

 

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 10:42

La Bible dans le Lévitique ordonne de ne pas cultiver la terre une année tous les sept ans. Telle est l'origine de l'année sabbatique.

 

“ Yahouh parla à Moïse sur la montagne de Sinaï, et dit:
Parle aux enfants d’Israël, et tu leur diras: Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, la terre se reposera: ce sera un sabbat en l’honneur de Yahouh.
Pendant six années tu ensemenceras ton champ, pendant six années tu tailleras ta vigne; et tu en recueilleras le produit.
Mais, la septième année sera un sabbat, un temps de repos pour la terre, un sabbat en l’honneur de Yahouh:
Tu n’ensemenceras point ton champ, et tu ne tailleras point ta vigne.
Tu ne moissonneras point ce qui proviendra des grains tombés de ta moisson, et tu ne vendangeras point les raisins de ta vigne non taillée: ce sera une année de repos pour la terre.
Ce que produira la terre pendant son sabbat vous servira de nourriture, à toi, à ton serviteur et à ta servante, à ton mercenaire et à l’étranger qui demeurent avec toi, à ton bétail et aux animaux qui sont dans ton pays; tout son produit servira de nourriture.(Lévitique 25:1-7)
 

Bien sûr, au fil des temps, ces prescriptions d'une société agraire d'abord strictement observées furent de plus en plus délaissées ou contournées. Notez qu'elles bénéficiaient aussi à l'étranger, hôte de la maison.

 

Voilà pour l'année sabbatique.

 

Le Lévitique est le livre dans lequel est cependant mis en place le rite d'exclusion du bouc émissaire, propre à justifier toutes les lâchetés.

 

Passons à l'année de la remise. 

 

Le Deutéronome (XV, 9), lui, dans lequel figurent d'abominables exhortaisons au massacre des étrangers, qui servent encore de justification à tous les crimes, aborde la question d'une façon plus moderne, sous l'angle monétaire.

 

Le dieu tribal s'était rendu compte que la rapacité de ses ouailles menait à l'asphyxie du peuple qu'il s'était élu et compromettait ainsi ses plans pour le futur. Je me pose toujours la même question, s'agissant du Deutéronome. Le prescripteur (dieu, nous dit-on) est-il le même que celui du Lévitique ? Le dieu bienveillant qui ménageait la terre, la servante et l'étranger n'a t-il pas été proprement étranglé par le deuxième ? Le nouveau dieu, qui n'agit que dans un seul but : que son peuple domine sur le monde. Tout crime contre la communauté des hébreux est puni et l'endurcissement de coeur (envers le frère uniquement) mène au désastre.

Tous les 7 ans, relâche pour les membres du peuple élu. Les dettes leur seront remises.

  

Mais jamais nulle relâche pour le reste du monde, que tu visseras, presseras à fond, réduiras en esclavage sans la moindre rémission, poursuivras et meurtriras de toutes tes forces jusqu'à ce que, peuple fidèle, tu m'aies remis le monde, moi, le dieu unique, le dieu jaloux.

 

En français dans le texte :

 

1 Tous les 7 ans, tu effectueras une remise des dettes.
2  Voici comment elle s'effectuera. Quand on aura proclamé la remise des dettes en l'honneur de l'Eternel, tout créancier qui aura fait un prêt à son prochain renoncera à son droit. Il n'imposera pas de contrainte à son prochain et compatriote pour le paiement de sa dette.
3  Tu pourras imposer des contraintes à l'étranger, mais tu renonceras à ton droit pour ce qui t'appartiendra chez ton compatriote.
4  Toutefois, il n'y aura pas de pauvre chez toi, car l'Eternel te bénira dans le pays que l'Eternel, ton Dieu, te fera posséder en héritage,

5  pourvu seulement que tu obéisses à l'Eternel, ton Dieu, en mettant soigneusement en pratique les commandements que je te prescris aujourd'hui.
6  L'Eternel, ton Dieu, te bénira comme il te l'a dit. Tu prêteras à beaucoup de nations et tu ne feras pas d'emprunt, tu domineras sur beaucoup de nations et elles ne domineront pas sur toi.

7  S'il y a chez toi, parmi tes frères et dans l'une de tes villes, un pauvre dans le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne, tu n'endurciras pas ton coeur et tu ne fermeras pas ta main devant ton frère pauvre.
8  Au contraire, tu lui ouvriras ta main et tu lui prêteras de quoi pourvoir à ses besoins.
9  Veille bien à ne pas te montrer assez méchant pour dire dans ton coeur: 'La septième année, l'année de la remise des dettes, approche!' Veille bien à ne pas avoir un regard mauvais envers ton frère pauvre, au point de ne rien lui donner. Il crierait à l'Eternel contre toi et tu te chargerais d'un péché.
10  Donne-lui et que ton coeur ne rechigne pas à le faire, car, à cause de cela, l'Eternel, ton Dieu, te bénira dans tous tes travaux et dans toutes tes entreprises.
11  Il y aura toujours des pauvres dans le pays. C'est pourquoi je te donne ce commandement: tu ouvriras ta main à ton frère, à celui qui vit dans la misère et la pauvreté dans ton pays.
12  Si l'un de tes frères hébreux, homme ou femme, se vend à toi, il te servira 6 ans, mais la septième année, tu le renverras libre de chez toi.
13  Et lorsque tu le renverras libre de chez toi, tu ne le renverras pas les mains vides.
14  Tu lui feras des cadeaux tirés de ton petit bétail, de ton aire de battage, de ton pressoir, de ce que tu auras grâce à la bénédiction de l'Eternel, ton Dieu.

15 Tu te souviendras que tu as été esclave en Egypte et que l'Eternel, ton Dieu, t'a racheté. Voilà pourquoi je te donne aujourd'hui ce commandement.
16  Si ton esclave te dit: 'Je ne veux pas sortir de chez toi', parce qu'il t'aime, toi et ta famille, et qu'il se trouve bien chez toi,
17 alors tu prendras un poinçon et tu lui perceras l'oreille contre la porte. Ainsi il sera pour toujours ton esclave. Tu feras de même pour ta servante.

18 Tu ne devras pas trouver difficile de le renvoyer libre de chez toi, car il t'a servi 6 ans et il t'a rapporté le double d'un salarié. Alors l'Eternel, ton Dieu, te bénira dans tout ce que tu feras.

 

 

En clair, c'est écrit noir sur blanc, et n'a rien à voir avec le prétendu et préjugé "antisémitisme" dont la fonction essentielle est d'écraser tout risque d'opposition at THE PROJECT. Le dieu qui a pris les rênes du peuple juif a sans cesse négocié la survie et l'exceptionnelle réussite de ce peuple numériquement négligeable contre sa soumission à une destinée sans conditions : lui servir de monture pour posséder intégralement cette planète.

 

Pourquoi ?  

 

Pour retrouver une base, un havre, un fief. Ce dieu s'est fait jeter de partout pour ses prétentions exorbitantes.

   

Ce malade cosmique s'est échoué sur un caillou dont nous sommes les habitants provisoires.

 

Les gnostiques et les cathares n'ont cessé de dénoncer cet abus de pouvoir : à ce faux seigneur, nous ne devons rien.

 

Que la Terre soit notre Mère n'y change rien : il n'en est ni le Père, ni le Seigneur légitime, juste le violeur, le menteur, l'abuseur.

 

Ses amabilités demeurent des mensonges. Nous, fils légitimes, dans ce monde embrasé par la fausseté, ne voulons qu'une chose : la Vérité. Tout perdre n'est pas payer trop cher ce que nous réclamons  tous : la Vérité.

 

La Vérité ne peut pas nous nuire, car nous avons le coeur pur. La Vérité ne peut nuire qu'aux menteurs, voleurs et violeurs.

 

Nous sommes des millions, et bientôt des milliards à hurler d'une seule voix, malgré les forces armées et les mille ruses de ceux qui sont rétribués pour leur science du mensonge, pour qu'advienne enfin la chose dernière, la plus petite et la plus simple : la Vérité, sans ombre ni calcul.

 

Quelles que soient la noirceur et la force matérielle et psychique des pseudo maîtres de céans, et bien que nul barrage ne puisse résister à leurs combines les plus élaborées : ils tomberont, ou en français : disparaîtront dans la tombe, la dissolution.

 

Merci d'enregistrer pour votre bénéfice personnel ces certitudes que je transcris, car je ne suis pas toujours aussi ferme dans l'affirmation. Pour paraphraser Claude Duneton, souvent, "je suis comme une truie qui doute".  

 

Pour rappel, et parce que la différence avec les promesses de puissance contre bonne conduite exclusive  saute aux yeux, un extrait de la triple tentation du Christ au désert (Matthieu) :

 

4.1   Alors Jésus fut emmené par l'Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable.

4.2  Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.
 
4.3  Le tentateur, s'étant approché, lui dit : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.
 
4.4  Jésus répondit: Il est écrit : l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
  
4.5  Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple,
4.6  et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; et ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre.
 
4.7  Jésus lui dit: Il est aussi écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu.
 
4.8  Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire,
 
4.9  et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores.
 
4.10  Jésus lui dit: Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.

4.11  Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient.

 

 

Y a t-il, comme l'ont dit les cathares, pour lesquels ce fut leur arrêt de mort,  le moindre point commun entre le fou furieux du Deutéronome, dieu de tripes et de sang, de feu et de sacrifices, d'égorgement, et le Dieu du Christ, dieu de lumière et de compassion ?

   

Ne croyez pas que je remue de la vieille boue, non. Le malade qui veut le monde à lui s'apprête à boucler son affaire. Des millions ou des milliards de morts l'indiffèrent totalement, ou mieux, il adore ça. 

 

 

Ge_Christ_Head-1-.jpg

 

Nicolaï Gay, 1893, oeuvre jugée blasphématoire et retirée de l'exposition des Ambulants 

 

 

 

 

 

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages - Communauté : Néo-gnostiques
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Orients

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Derniers Commentaires

Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés