Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 10:40

 

Je ne sais pas si je vous l'ai dit : j'ignore la vérité. Ah, je l'avais pas dit ?

 

Chaque pas me mène un peu plus loin, vers un lieu, un temps, un état dont je n'ai aucune connaissance précise. Comme vous, comme tout le monde, j'avance dans le brouillard. Parfois, ça se dégage un peu, il me semble distinguer des formes, là ça grimpe, parfois sec, là c'est casse-gueule, faut faire gaffe. Soudain un rayon de soleil perce le couvercle et réjouit le coeur, alors je vais plus vite, le coeur battant, je fais le plein, avant que la nuit n'avale tout. Et là, je ne sais plus, si j'ai rêvé, si c'était vrai, ou bien quoi d'autre...

 

Souvent je me raconte des histoires pour avoir moins peur, pour être moins seul, avoir moins froid. Je me les raconte, je vous les raconte aussi. Le monde est bâti sur des histoires. L'histoire d' Elzéard Bouffier en est une. Il y en a des millions, des milliards, qui se croisent et s'entrecroisent, depuis le premier matin, ce matin, peut-être, et là-dessus, le monde et la vie qui va avec se sont établis, comme une colonie d'insectes sur une feuille.

 

Alors moi, qu'est-ce que je sais, de ce qui est vrai, et n'est pas vrai ?

 

Quand quelqu'un raconte son histoire, c'est vraiment la sienne, du moment. Sauf que la sienne de demain ne serait sans doute plus la même. Qu'elle aurait un petit air de famille, mais...

 

Comme un rêve qu'on ne note pas dans l'instant du réveil. Une minute, une heure, un jour plus tard, c'est une autre histoire.

 

Les vieux peuples le savaient bien, puisque les jeunes bardes, les aèdes apprentis passaient de nombreuses années à apprendre par coeur les contes des temps anciens, puisque les copistes étaient menacés de malédiction en cas d'erreur. Tout est sujet à caution.

 

Je me méfie des channels comme de la peste. Certes, il sort des trucs du tuyau, mais qui le verse ? C'est souvent sucré, mais on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, rappelle la Sagesse.

 

Et pourtant, que suis-je d'autre, à ma manière, qu'un tuyau (je ne parle pas du tube digestif, il va bien, je vous remercie) ?

 

Car je sais bien, moi, que parfois ça coule un peu marron, du tuyau, selon l'humeur, l'alcoolémie, le degré de colère, ou de paix. Le porte-plume a plusieurs usagers. Qui écrit, aujourd'hui ?

 

Alors, quand je lis ces centaines - je ne les lis pas tous, Dieu m'en garde - de messages apaisants, comme celui-ci, je ne sais que penser. 

 

Je n'en dis pas de mal. Je ne sais pas. 

 

Ça me fait parfois un peu l'effet du père Noël, ou du marchand de sable.

 

Quand je lis en particulier le deuxième paragraphe de ce texte, je crains de distinguer, sous la blanche farine, de grosses pattes noires peu engageantes.

 

L'impression qu'on me berce, qu'on cherche à me faire dormir. Cette fameuse libération des femmes - on se souvient des propos qu' Aaron Russo prêtait à Nick Rockefeller - dont on constate de plus en plus la triste réalité : acte délibéré et provoqué pour éclater les familles et esclavagiser un peu plus les femmes maintenant souvent seules.

 

Pardonnez-moi si j'ai heurté un bibelot, ou si j'ai froissé un peu les tentures, mais j'ai un naturel enclin à regarder partout, à tout renifler.

 

Il y a le sucre, le miel, et les succédanés. 

 

Par les temps qui courent, il me paraît prudent de regarder les choses avec un peu de recul. Notre désir commun de beauté, de paix et de justice peut facilement être appâté par des leurres. C'est comme ça que font les pêcheurs, rien de neuf.

 

Cela dit, je fais seulement part de mes impressions. Peut-être que ces gens-là sont clines, ipèrclines*, et qu'on est déjà au paradis. Même s'il m'arrive de dire des choses du même registre, bourrées d'optimisme parce que soudain, j'ai vu un bout de soleil, il me semble important de dire et redire qu'il faut être très prudent.

   

Dix, vingt ans que les channels patentés nous annoncent que tout est bien. La Terre est en feu ? Ce ne sont que des combats d'arrière-garde des affreux méchants. Zont rasé la Lybie, vont faire la barbe à l'Iran, à Chavez et autres lurons, ont saigné la Grèce et entament le reste de l'Europe, entassent les vaccins, préparent les puces, foutent des radars partout et multiplient les cognes, falsifient les élections, la bouffe, pourrissent l'air et l'eau, mettent les femmes et les enfants au tapin, torturent et violent dans les caves, mais tout va bien : l'amour est en train de gagner.

 

Peut-être, peut-être. J'aimerais bien.

 

Mais, avant de m'endormir pour de bon, j'attends d'en être sûr.

  

 

 

* c'est du frangliche, c'est pour faciliter le taf à bigbrozeur et à la Cihaïehè.

 

 

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : compost - Communauté : Le Sarmiento
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 12:16
Par Vieux Jade - Publié dans : étranges et beaux fruits venus d'ailleurs - Communauté : Le Sarmiento
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 16:51

Votre être tout entier relève de blessures que vous transportez partout où vous allez. Personne ne souhaite vous blesser ou vous nuire.Tout le monde est bien trop préoccupé à soigner ses propres plaies. Où une personne trouverait-elle donc l'énergie nécessaire pour s'intéresser à vous ? (le Roi de l'Eau, la Guérison)

 

 

L'homme qui vit selon sa conscience morale devient rigide. Celui qui mène une vie basée sur sa conscience intérieure reste souple. Pourquoi ? Parce qu'en ayant une idée bien précise quant au développement de votre vie, vous vous durcissez automatiquement. Vous devez sans cesse entretenir la cuirasse qui enveloppe votre caractère car elle représente votre protection et votre sécurité. (9, l'Arc en Ciel, l'Épuisement)

 

 

Tous les saints et sages de tous les temps l'ont proclamé : "Nous arrivons seul en ce monde, et nous le quittons seul".

La fusion avec autrui est une illusion. Notre désir d'intimité repose sur la souffrance que nous ressentons lorsque nous sommes seul. (...) Si vous observez attentivement votre entourage comme votre propre personne, vous serez surpris de découvrir que toute activité est réduite à une seule et unique cause : la peur de la solitude. Toute autre explication n'est qu'un prétexte. (6, l'Eau, le Rêve)

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : petites graines - Communauté : Le Sarmiento
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 08:01

Mme VJ a convenu d'une rémunération pour un service déterminé. Une fois le service accompli, sans bavure, il manque un certain nombre d'euros au chèque attendu, sans justification.

 

Mme fait un courrier pour s'en étonner, resté sans réponse depuis bientôt quinze jours.

 

On en parle, bien sûr.

 

La décision qui s'impose, c'est : ne pas se pourrir l'instant avec ça, donc, comme disent les conseilleurs : lâcher prise.

 

Lâcher le morceau ? Non.

 

Pourquoi ?

 

Parce qu'un contrat est un contrat. Si l'explication du manque est satisfaisante, ou au moins plausible, ou vérifiable : histoire terminée.

 

Sinon ? On poursuit. Pourquoi ? Parce que lâcher les fils d'un contrat, c'est comme abandonner un enfant à ses tortionnaires, tourner le dos aux soucis, c'est renoncer au droit, à l'ordre, à ce qui régit les rapports humains.

 

Lâcher prise, c'est ne pas s'impliquer émotionnellement dans le conflit. 

 

C'est même, au sens large dont j'ai parlé ici, ne pas s'impliquer du tout, ne rien prendre pour soi.

 

 

Mais renoncer à faire valoir un droit, un contrat, qu'il soit le nôtre ou celui d'un tiers, c'est le propre des lâches, des mous, des pleutres. Accepter que rien n'a de sens, que la vérité est semblable au mensonge.

 

Quand la vérité est identique au mensonge, c'est l'état chaotique que vivent les psychotiques.

 

Lâcher prise, c'est ne plus se prendre le jus émotionnel. Suivre le fil jusqu'au fait générateur du court-circuit et le réparer, c'est un boulot d' humains.

Par Vieux Jade - Publié dans : légumes verts - Communauté : Le Sarmiento
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 14:14

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Arrivé en avance dans cette salle d'attente, je lis Paris Match. Lire n'est pas vraiment le mot. Je fais en sorte que mon regard glisse sur les mots, les pages, les photos, sans s'en imprégner.

 

Les salles d'attente sont des lieux de révélation pour celui qui vit à l'écart du vacarme. Quel gouffre entre ces créateurs de réalité prenante, ces suceurs d'attention, ces alourdisseurs, et ma pensée qui vole ailleurs ...

 

L'actualité. Mot fatal.

 

Je comprends mieux les bouffeurs de prana. En quelque sorte, je suis un bouffeur de prana, même si je casse solidement la croûte.

 

La nourriture que je refuse, c'est ce que les media appellent l'actualité, cette saloperie qu'ils nous refilent à pleins ventres.

 

Les gens gueulent contre la bouffe immonde des supermarchés et des cantines, ils bouffent bio, mais ingurgitent sans sourciller les noires pâtées de la presse.

 

Partout, partout, dans le moindre recoin, on nous sert ces immondices. Partout les écrans versent la purée, happent tout ce qui passe à portée, engluent, repeignent, interpellent, conseillent, demandent notre avis, nous mettent en demeure de choisir, de voter, de décider, d'élire, les hauts parleurs et les oreillettes vomissent sans fin le même torrent de boue, et les gens s'inquiètent de leurs problèmes intestinaux et du cancer.

 

Jetez d'abord à la poubelle tout ce qui vous fait croire que le monde est comme ci, ou comme ça. Arrachez vos idées : elles ne sont pas vôtres, ni vous. Ce sont des sangsues qui se repaissent de votre vie. Aucune idée n'est vous, ni vôtre. Tout est préparé et mis en forme pour vous faire croire à vous, d'abord, au monde, ensuite.

 

Vous n'êtes pas vous. Le monde n'est pas ce que vous croyez qu'il est. A l'exception du vide central, rien n'est vrai. Ou plutôt, rien n'est sûr. 

 

C'est difficile à avaler, on n'a pas envie d'entendre ça. Ça fait mal. Bientôt, je vais faire peur. Sur un blog qui a repris un de mes textes, une dame se plaint que je parle comme la Gestapo. Est-ce le miel ou le vinaigre qui dissoudra la gangue calcaire qui nous enserre ?

 

Est-ce à coups de pic, ou de pinceau que les mineurs creusent leurs galeries ?

 

Tout est faux. Chaque réalité est imaginaire. C'est parce que nous voulons y croire, qu'elle existe et nous tient étroitement. Chaque pouce carré de notre esprit est ici englué par la Pieuvre, et chacun de ses tentacules nous enserre.

 

Ne sentez-vous pas la force qui nous enlace, comme un boa, et la séduction qui se dégage de ses millions de bouches ? Comment partir, entre la peur d'être broyé, et le regret d'abandonner toutes ces délices, toutes ces promesses ?

 

Tu verras, tout va s'arranger, susurre-t-elle par la voix de Paris Match. Regarde, Anne Sainclair, comme elle est courageuse, comme elle est libre. Tu pourrais toi aussi être courageux et libre, il ne tient qu'à toi. Regarde, Hollande, comme il est refait à neuf, il a maigri, si tu en as assez de Sarkozy, vote pour lui. A moins que tu ne préfères le prolo mal rasé, si vraiment c'est ton choix. Car tu es libre, mon chéri. D'acheter une Porsche aussi, si tu le peux. Car tu le vaux bien. Tu le veau bien. Tue le veau, le Veau d'or, tu es le veau, dors, ça y est, le veau dort. Et demain, tu vivras éternellement. Car j'ai mis au point la machine qui décode le génôme en un clin d'oeil. Tu ne seras plus jamais malade. Ni pauvre d'ailleurs. Et tout le monde vivra en paix. Demain. Libre, libre de dormir en mon sein, esclave chéri.

 

Bien sûr, pour ceux qui échappent à l'étreinte, remuent un peu, glissent un bras, le message évolue : toi, tu es différent. Tu n'es pas un esclave, comme ceux-là. Tu es un maître, d'une autre race. Tu es unique, tu es un roi, un Dieu, une semence d'étoile. Développe tes pouvoirs. Deviens ce que tu es, libère en toi la puissance qui est la tienne.

 

La Terre est une école. C'est peut-être vrai, mais c'est une notion invérifiable. Une croyance. 

 

On a une mission. Croyance. Peut-être vrai, mais peut-être pas. On se réincarne. Croyance. L'âme évolue. Il y a des guides. Croyances. 

 

L'une des croyances les plus enracinées est vraiment que le monde est ancien. Mais les montagnes, les pyramides, le carbone 14 ?

 

Les montagnes usées, les pyramides en ruine dans le sable des déserts, les fossiles, rien n'empêche qu'ils soient nés ce matin, tels qu'on les voit, avec toute la littérature qui va avec, Champollion, Napoléon et Beauval, Attila, Jules César et Léautaud quand pour la première fois vous avez ouvert les yeux. Avec l'ensemble de vos souvenirs.

 

Exactement comme un monde virtuel, factice, que vous venez d'acheter. Avant de le glisser dans votre PC, il n'existait pas. Et soudain, tout est là. Les Toltèques, Vénus et tout le fourbi. Les arnannounakis. Vos parents, vos enfants, votre précieuse existence, vos avoirs, vos échecs, et, surtout, surtout, cette conviction d'être là, bien là, et bien réel. D'ailleurs, le téléphone sonne, j'ai du boulot, j'ai faim, envie de chier et pas le temps de lire de pareilles conneries. C'est donc vrai, je pense,je défèque,donc je suis.

 

Rien n'est moins sûr. En tout cas, je défie quiconque de m'apporter la moindre preuve que tout ce bins est réel.

 

C'est de ça qu'il est question, en ce moment.

 

On parle d'écroulement, d'effondrement, de fin d'un paradigme, et tout cela est encore le décor. Tout peut s'écrouler autour de vous, et vous le croirez, parce que vous êtes convaincu que le décor est vrai, et que vous êtes vrai.

 

Tout conspire à nous faire croire que tout est vrai, solide et réel, que c'est LA réalité, comme ça, qu'on ne peut pas y échapper, puisqu'il n'y a rien d'autre. D'ailleurs, si vous voyez les choses autrement, c'est que vous êtes malade. Du calme, on va s'occuper de vous. 

 

Mais si vous n'êtes pas vrai,et plus je vais, plus je pense que je ne suis pas vrai, pas plus que vous et tout le reste, c'est tout qui s'écroule, d'un coup, et ne revient plus. Mort le décor, morte l'impression d'être vivant et vrai. Morte la bulle, mort le sommeil. Morte la Pieuvre.

 

N'attendez rien du monde. Il ne changera pas, il ne change jamais. Les images défilent, les épisodes se succèdent. Après la tempête, les héros un peu barbus et fatigués, virils, les femmes un peu décoiffées, l'épaule en sueur, tous se retrouvent autour du bar, ça va mieux, l'espoir renaît, et c'est toujours le film. La musique, pour indiquer le sentiment à éprouver.

 

Percez la membrane, dissolvez vous, abandonnez tout ce que vous croyez de vous, qui je suis - et, n'avez-vous pas remarqué, depuis toutes ces années, comme on vous dit qui vous êtes : par l'astrologie, moi je suis verseau, moi lion, moi ci, moi ça, mais l'ascendant, pas oublier l'ascendant, c'est important, et comme c'était trop peu, la chinoise, l'aztèque, la numérologie, le tarot, les anges, pas un mois ne se passe sans qu'on découvre une nouvelle manière de se branler l'ego, ce précieux moi.

 

Des gens qui disent : moi, chuis plutôt poisson. Et moi, légumes. Ah bon ?

Moi, chuis voitures allemandes. Moi, bouddhiste. Moi, j'y crois pas, à ce truc. Faut pas me la faire, chuis pas tombé de la dernière. Moi, moi, moi...

 

Connais-toi toi même, ça ne veut pas dire : regarde toi dans la glace, ça veut dire : découvre que tout est faux, que tu n'es rien, rien rien. Tout est inventé, imaginé, susurré, fourni en kit par la Pieuvre qui veut continuer à te sucer.

 

Découvre que tu n'es rien, et la Pieuvre n'aura, n'a plus de prise. Comment enlacer le rien, pourquoi s'attarder à sucer le vide ?

 

Quand l'arbre s'écroule, le lierre disparaît. 

 

Autant dire tout de suite, pour répondre à une question légitime qu'on pourrait me poser, que je n'y suis pas encore parvenu. Mais je ne désespère pas. Rien ne presse. Si quelque chose presse, c'est encore moi, moi, moi. 

 

C'est ça, le voeu de pauvreté. Le voeu de chasteté, c'est de sortir du désir forcené de se croire quelque chose. On peut être riche et baiser sans contrevenir à ces deux voeux, dès lors que c'est absolument indifférent, d'être riche ou pauvre, de baiser ou de ne pas.

 

De même, être vivant ou mort n'a pas la moindre importance. Vivre en se méprisant, comme l'esclave que le scénario nous propose - puçage, vaccins - ou mourir insoumis, quel sera votre choix ?

 

On peut aussi vivre en esclave en toute quiétude ; il y en aura beaucoup, et même contents. Et d'autres s'en moqueront.

 

Car il est déjà possible d'être dans ce monde et hors du monde. C'est à ce moment là qu'il devient justement indifférent d'être quoi que ce soit, puisqu'on n'est rien, en réalité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : extrême - Communauté : Le Sarmiento
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Assourdis sens

RESPECT : 

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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