Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 20:02

Il est d'usage lors de la nuit du Nouvel An "chinois", de tirer des pétards, des fusées, de sonner dans des trompes et de frapper des tambours, ou plus modestement les casseroles de la maison dans toutes ses pièces, afin d'en faire fuir les démons, monstres et autres vampires qui s'y sont tapis.

 

Telle est la coutume des millions - milliards - d'asiatiques qui fêtent ce soir le passage du passé au futur.

 

Hélas, cette coutume est entièrement vide de son sens. Vues les ombres qui s'étendent sur le monde, je ne suis pas certain que pétards et rumeurs de casseroles en aient raison.

 

Si la coutume demeure, son sens est perdu, comme l'est celui de la plupart des coutumes, des rites, des symboles, des légendes et des histoires anciennes.

 

En deux mille ans à peine, le sens des paroles du Christ, lui aussi a été perdu, sous les crachats, la boue, la crainte et la paresse.

 

Mme VJ est ailleurs, et célèbre à la manière taoïste ce passage d'un temps à un autre. Elle m'a laissé la tâche habituelle : faire grand bruit à la nuit tombée et laisser allumées des lumières, afin que nul endroit ne reste sombre cette nuit. Aucune ombre ne doit demeurer.

 

Des milliers d'années que ces gestes se répètent.

 

Des années que je le fais, pour ce que ça représente aux yeux de ma femme, et je m'y suis engagé, et pour ce que j'y trouve de symbole, aussi. 

 

Bien sûr, chasser les démons, la noirceur, et tout mettre en lumière, cela fait envie.

 

Mais il y a quelques grains de sable dans la machine :

 

Comme dans les exorcismes, j'en ai vu quelques uns, et à certains j'étais participant, comme le dit le Christ à propos d'un possédé, il ne suffit pas de chasser les démons. Comme tout le monde, les présences hargneuses et pleines de ressentiment ont besoin d'un gîte. Où les chasser, sinon chez le voisin ?

 

Que fait d'autre la police de monsieur guéant, sinon éloigner ceux qui gênent ? Où est l'amour ?

 

Dans une autre tradition, le roi Guésar de Ling, s'il a tué une foule d'esprits mauvais, a prié longuement pour eux, afin qu'ils trouvent le chemin de la lumière.

 

Encore : que serions nous, si jamais nous n'avions connu que le sucre et le miel ? N'est-ce pas le danger, la peur, la menace, qui nous ont rendu conscients ? N'est-ce pas l'égoïsme et la violence qui nous ont ouvert le ventre et le coeur, éveillé à la compassion ?

 

Que sont les gens que nous chassons, sinon des gens qui n'ont aucun repos ?

 

Que serions-nous sans ces esprits jamais en paix, que nous prétendons chasser à coup de tambour, reléguer sans amour, loin de nos petites maisons proprettes ?

 

Ce soir, je taperai dans les casseroles, et laisserai les lumières allumées. Mais plutôt que d'éructer des borborygmes hostiles, je dirai : soyez en paix, vous qui peut-être hantez ces lieux. Soyez en paix, car sans vous, nous serions ignorants. Dissolvez-vous dans l'amour, car vous en êtes depuis longtemps privés, et nous aussi savons ce qu'est d'être privés d'amour. Dissolvez vous dans la lumière, car sans vous, nous ne saurions pas ce qu'est vivre dans le noir, la noirceur, et l'absence de lumière. Dissolvez-vous en paix, et soyez remerciés, car vous avez eu le rôle le plus obscur, le plus affreux, celui dont nul n'aurait voulu.

 

Dissolvez-vous dans le pardon, la lumière et la paix, et soyez le terreau des graines qu'aujourd'hui nous semons pour demain.

 

Soyez en paix.

Par Vieux Jade - Publié dans : attention ça pique - Communauté : Le Sarmiento
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 12:21

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  Ça, c'est un instantané de l'ange qui m'a dit : du calme, VJ, prends ton temps, arrête de cavaler...

 

 

 

Excusez-moi, si à certains d'entre vous j'ai donné de mauvaises habitudes. J'ai été une bonne poule pondeuse de mots. Un oeuf par jour ou plus depuis près de 2 ans.

 

 

Mais, est-ce lassitude, que tout ce qui était à dire l'a été, que les mots n'ont plus vraiment d'intérêt, comme tout ce qui jusque là a meublé le silence, le jet devient sporadique, l'eau n'arrive plus comme avant, y a plus la même pression, le même besoin, la même urgence.

 

 

L'urgence, pour moi, pour l'instant, serait plutôt de ne rien faire.

  

 

Voici que je me suspends à la branche, et contemple le ciel sans mot dire. Sans maudire. 

 

 

Le brouhaha des marchands de peur ne m'empêche pas de rêver. J'espère avoir contribué pendant ces deux ans à soulever un peu l'horizon que certains s'acharnent à constamment rabaisser au niveau des sourcils.

 

 

D'avoir déjà donné mon départ une ou deux fois m'ayant rendu prudent, cette fois-ci je ne dirai pas adieu, mais à la prochaine.

 

 

J'ai besoin de temps pour moi, mais je ne suis pas loin.

 

 

Je dois apprendre à ne rien faire. A ne pas me laisser happer par une quelconque obligation, et même pas celle de pondre un oeuf par jour dans le nid du blog.

 

 

Pour qui ne s'est pas abonné, le moyen d'être averti des parutions  est de le faire.

 

 

Je vous serre dans mes bras, je vous remercie toutes et tous de l'attention que vous m'avez accordée, de votre encouragement à repousser les limites de l'introspection, du reportage intime sans, je l'espère, je le crois, sans voyeurisme. 

  

 

Car le spectacle n'a jamais été le but de ce blog, même si l'auteur est un tantinet cabotin. Le sujet a vraiment été, ou telle est l'intention qui y a toujours présidé, l'étude de la matière humaine.

 

  

Je vous remercie de l'espèce d'affection et de calme que vous avez contribué à installer en ce lieu virtuel. Virtuel ? Quel drôle de mot. Ce blog est un espace commun entre vous, vous et vous, vous et moi, c'est un espace réel, et non virtuel, que chacun de ses lecteurs a réellement contribué à aménager. De nombreux sujets sont nés de vos remarques, dans mon chaudron, certes, mais ne seraient pas éclos sans vous.  

 

 

Mme VJ me prie de vous rappeler que le nouvel an véritable, lunaire, nait durant la nuit du 23 au 24 janvier (c'est ce que j'ai écrit, mais c'est une couennerie : c'est la nuit du 22 au 23, j'avais mal compris; mais bon, bonne princesse, elle dit : c'est pas grave, de toutes façons ça se fait sur quinze jours). Là que le temps repart sur du neuf, peut-être, ou sur du vieux pour ceux qui sont scotchés aux habitudes et veulent que rien ne change. 

 

 

Pour ma part, comme annoncé, et parce que, comme le rappelle Miguel Ruiz, on doit marcher sa parole, j'ai planté hier midi un prunier de la variété Reine Claude, en pied de nez aux imbéciles qui attendent la fin du monde.

 

 

Si mes propres petits enfants n'en doivent pas manger, parce que les propriétés terrestres passent de mains en mains, au moins les autres petits enfants, ou les abeilles, s'il en reste, en feront leur miel. Ou, à défaut, les guêpes. J'ai passé un pacte avec les guêpes, il y a quelques années.

 

 

C'est mes copines.  

Par Vieux Jade - Publié dans : vivaces - Communauté : Le Sarmiento
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 09:58

mexique-2008-084.jpg

 

Depuis le temps que je baroude dans les reliefs mouvementés de la condition humaine, j'ai réussi à fixer à peu près mon but.

 

Ici entré, d'ici je dois sortir. Et comment ? Dans quel état ? Vide ? Plein ? Comment savoir ?

 

Savoir suffit-il ?

 

Ce qui est vrai ici, maintenant, pour moi, puis-je être sûr qu'il en sera de même demain, pour moi, pour l'autre ?

 

Pourtant, les bibliothèques regorgent de traités. Mon blog, qu'est-ce d'autre qu'une suite d'affirmations - il y a de plus en plus de questions, cependant  - faites au gré de mon chemin, qui étaient vraies sur le coup, comme une pierre, un arbre ou une source sont vrais quand on marche dans le désert.

 

Sont-ils vrais encore ? Butera-t-on dans la pierre, boira-t-on l'eau de la source à l'ombre de l'arbre en le lisant ?

 

Ou ne sont-ce que des recettes, comme on en trouve dans tous les livres ?

 

Un exemple qui me fait souvent bondir : maître Lambda, célébrissime savant, incomparable guide, assis au coeur de l'oasis assène avec suavité qu'il n'y a rien à chercher, qu'il n'y a qu'à se laisser trouver.

 

Ce genre de phrases impressionne le néophyte qui s'en gargarise jusqu'au tréfonds. Quelle admirable sagesse !

 

Mais, arrêtez-moi si je suis médisant, qu'a t-il fait d'autre, le fameux maître Lambda, que de chercher toute sa vie, avant d'en arriver là ? De s'apercevoir qu'après avoir cherché sans cesse, d'avoir traversé le désert et d'être tombé sur la paix de ce coin d'ombre et de fraîcheur, soudain, il faut s'arrêter, qu'il n'y a rien à attendre, rien à chercher ?

 

S'il n'avait pas cherché, aurait-il découvert cette évidence ? Aurait-il buté sur cette pierre, bu l'eau sous l'arbre ? N'était-il pas dans le désert ? Aurait-il trouvé s'il était resté au lit ? Devant sa télé, aurait-il trouvé, été trouvé ?

 

On trouve dans les histoires des Pères du désert, vers le IVème siècle celle du moine qui, soudain illuminé, vint finir sa vie dans les bordels d'Alexandrie. N'est-ce pas une magnifique sagesse, que de trouver la paix dans le tourbillon de l'existence ?

 

Bordels qu'il avait peut-être quittés trente ans plus tôt, rongé par le doute, la culpabilité et toutes les misères. 

 

Facile pour celui qui est au coeur du labyrinthe de dire : pourquoi vous en faire, tout baigne ? A ceux qui sont encore à tourner et retourner dans les méandres. Mais toi, grand sage, tu y es venu comment, au centre, en hélico, en spoutnik, en claquant des doigts ?

 

Comme dans la recette du poulet aux carottes, on commence par la fin : prenez un poulet, trois carottes et une cocotte en fonte. Facile.

 

Explique moi d'abord ce qu'est un poulet, comment le trouver, l'élever, le garder des belettes et des renards, des chiens et des voisins faméliques, l'engraisser, le plumer, ou comment gagner les sous pour l'acheter. Et les carottes ? Et la cocotte ?

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : attention ça pique - Communauté : Le Sarmiento
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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 12:20
Artiste exceptionnel : André Minvielle
 
 
 
  
 
 
 
Par Vieux Jade - Publié dans : glané sur la toile d'araignée - Communauté : Le Sarmiento
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 19:09

 

 

Décidément un peu fainéant - à ne pas confondre avec feignant, le premier ne fout rien, le deuxième qui est également fainéant fait semblant de faire quelque chose - en ce moment, je vous recolle des vieux trucs moisis. Celui-ci date du 18 juin 2010.

 

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Quand j’étais petit, interdit de parler de zézette. A douze ans, fallait piteusement aller dans le dictionnaire pour décoder les mots « pénis », « vulve », « verge », lesquels selon l’audace de l’éditeur pouvaient ou non être agrémentés d’une gravure en noir et blanc ; ignorant la possibilité même qu’il existât un clitoris, et sachant par expérience que les mots "couille" et "chatte" n’y figuraient pas, je n’ai pas beaucoup usé de la lettre C.

 

Ma môman, vers mes quatorze ans, cédant aux injonctions des pédagogues pré-soixante huitards me mit un jour dans les mains d’un air mystérieux et embarrassé un livre du père Marc Oraison, une fine gâchette de la littérature underground, lequel eût pour effet de me livrer enfin la théorie de l’accouplement chez l’homo sapiens sapiens (et des meilleures). Lequel accouplement, comme nul ne l’ignore plus désormais, consiste pour le mâle à s’immiscer dans les affaires secrètes de Madame afin d’y fourguer au plus vite sa progéniture avant de s’endormir. Rendez-vous dans neuf mois.

 

Afin qu’on ne meure pas complètement idiot, il y avait un paragraphe d’au moins dix lignes sur des étrangetés réservées à quelques pécheurs décidés et décidément réprouvés, dont je me demande encore si j’ai tout compris, tellement c’était obscurément dit. Ca s’appelait des perversions. Enfin, c'était en 69 ; il était bon que mes lectrices et lecteurs le sussent.

 

Aujourd’hui, heureusement, tout ce qui était précédemment bien calfeutré au fond des braguettes est opportunément aéré. Il était temps.

 

Insatisfait par nature et par vocation, je trouve maintenant dommage par contre que la saturation émousse les sens. Difficile aujourd’hui de faire un pas sans buter sur un ou plusieurs nibards XXL, des culs à damner une ampoule électrique, des distributeurs de capotes parfumées à la vanille, des pénétrations multiples comme la pince du même nom, comme si c'était le quotidien, de ne pas glisser dans le foutre épandu sur tous les trottoirs de Sodome.

 

Mais, par un prévisible retour de l’éternel balancier, bientôt la chair exposée aux devantures du tripier ne paiera plus. Devenue invisible. Pour que le commerce perdure, il faudra changer. La prochaine mode sera vertueuse. Fini le grand week-end érotique, la fête de tous les seins, limez-vous les uns les autres.  

 

On fera des cachotteries, la grande purge, des auto da fé, on reviendra aux jupes à volants et au langage pudibond. Préfèreront les charmes cachés de la burqa. Burqa à Cabourg. Cagoules à Houlgate.

 

On séparera à nouveau les filles des garçons dans les écoles républicaines. On ne verra plus Sarko et Gounette en slip à la plage avec les Zob amas. On ne verra plus rien, d’ailleurs, sous le pétrole.

 

Tout sera interdit, sauf ce qui sera obligatoire. Et encore.

Par Vieux Jade - Publié dans : compost - Communauté : Le Sarmiento
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Assourdis sens

RESPECT : 

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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