Non, ce n'était pas une fausse sortie. Je ne rouvrirai pas ce blog.
Je veux simplement exprimer des remerciements à toutes les personnes qui m'ont manifesté leur affection. Je dois aussi des excuses
pour la manière brutale dont j'ai baissé les stores.
Je sais que Ferlimpinpin, par exemple, a clos puis rouvert plusieurs fois son blog. Je ne rouvrirai pas le mien. Mais
je vous dois des explications.
Le vendredi 18 avril, Mme et moi avions décidé de visiter l'église d'Orcival, dans le Puy de Dôme. Pour elle, une première,
pour moi, peut-être la troisième,ou quatrième dont une à pieds il y a très longtemps.
En saison, le petit village d'Orcival est bondé de touristes. A cette date, nous pensions être tranquilles, nous le fûmes.
Nous restâmes plus de 30 mn dans la basilique sans la moindre présence humaine. Je ne sais pas si ça vient de la pleine lune, mais l'effet - tout au moins pour moi - fut atomique.
Orcival - le val d'Orcus, dieu des enfers - a plusieurs particularités : adossée à la montagne à l'Ouest,d'où coulait l'eau d'une
source à tête de taureau (photo) aujourd'hui captée, ses seules portes se trouvent au Sud. La porte principale - celle des fidèles - étant fermée, tous les badauds entrent par celle des
"initiés", c'est-à-dire que plutôt que d'entrer dans la partie tellurique de l'église, la plus proche des conditions terrestres ordinaires, on entre directement dans la partie "cosmique",
c'est-à-dire à un niveau vibratoire élevé. Jacques Bonvin et Paul Trilloux ont largement écrit sur le sujet.
Ça a peu d'influence sur le touriste ordinaire, car il arpente à toute vitesse, et ressort sans que sa carapace ait été entamée.
La plupart descendent dans la crypte à rebours, et filent au resto d'en face.
Nous n'avons rien d'extraordinaire, mais quand nous décidons soudain d'explorer une de ces machines à transmuter les humains,
c'est parce que c'est une nécessité téléguidée de l'intérieur.
Pour le dire autrement, cette immersion répondait à un besoin réel.
A l'entrée : eau bénite. Ça se fait rare. On en pense ce qu'on veut, comme de tout. Je m'en enduis le front, la nuque, et ces
sacrées lombaires. Puis départ du circuit. C'est intuitif, un circuit. On fait comme on le sent. Au deuxième tour de l'église vide, soudain ma tête tomba sur le côté gauche, comme si elle
pesait des tonnes, comme si on me l'avait coupée. C'est une sensation que j'ai ressentie deux ou trois fois dans mon existence, dont une fois en respiration holotropique.
Je passe sur les demandes intimes que j'ai émises ; en gros : entrer dans la pleine conscience. Ça semble très ambitieux,
peut-être. Mais je dois reconnaître que j'ai longtemps fait une erreur grossière, et subtile à la fois : croire que la langue des oiseaux était une sorte de compréhension du sens voilé des textes
alchimiques. C'est vrai, et c'est largement insuffisant : comprendre la langue des oiseaux, c'est réellement revenir dans l'état non séparé dans lequel on comprend parfaitement ce que nous dit la
Nature, notre mère, dont ses représentants les oiseaux. Imaginez que vous compreniez enfin ce que disent les oiseaux, le vent, l'herbe et la pluie...
Ce qui nous en sépare : notre mental, habitué à raisonner, projeter, argumenter.
C'est donc cela que j'ai profondément demandé ce jour là. Être délivré du mental, quitte à finir comme Nietszche.
Descendons dans la crypte : c'est pas de la crypte de gamins, un trou de souris, non. On doit pouvoir y tenir cinquante ou
cent.
Là, c'est le pays des morts. Une forêt de piliers, c'est un terme classique qui ici s'applique à la forte densité de colonnes
granitiques qui soutiennent le choeur. C'est le centre du vortex vibratoire, comme disent les géobiologistes. Faudrait avoir un scaphandre pour ne pas être atteint, transpercé. J'ai mis
longuement ma main dans l'empreinte en creux sur l'un des piliers, jusqu'à ce qu'elle devienne glacée.
C'est la mort que je suis sciemment venu chercher. Mort mentale, mort du moi, de tout l'édifice, de la carapace, du fatras.
La preuve que ça marche, c'est que depuis ce jour, les pensées et les mots me coûtent. Curieusement, le travail profane
alimentaire m'est difficile, mais je parviens à le traiter. Par contre, et c'est la raison de mon silence ici et d'une manière générale sur le net, je n'ai rien à dire. Tant de mots, de signes,
qui m'éloignent du réel...
Mais ce n'est pas un suicide gratuit ou une simple pulsion de mort. Au delà, c'est vraiment la quête de l'origine, d'avant ce
putain de mur capitonné qui nous isole du courant de vie.
Pour y revenir, il faut prendre tous les risques. Mourir, c'est presque un début.
Voilà. Ai-je été assez clair ?
J'ai besoin d'une cure de silence et de paix. J'ignore le temps que ça prendra et ce qu'il en adviendra, et au bout du compte, ça
n'a aucune importance.
Mais vous comprendrez que je ne réponde pas à vos commentaires et mots d'amitié, parce que parler, y compris écrire ce texte, me
demande de vrais efforts.
Une dernière chose : rien ni personne ne nous menace sauf la peur. Quel que soit le sujet - guerres, radiations, drames en tous
genres - il n' a de prise sur notre être que celle que nous lui laissons. Aucun miso, aucun iode, aucun refuge ne nous protégera de la peur. Il faut donc purement et simplement extirper de
nous les racines de la peur. Les racines, pas les feuilles.
Je suis parti débusquer les racines de la peur, et ce n'est pas avec des phrases et des mots que j'avancerai. Comme Ferlin, je
pourrais vous dire : je vous aime tous, et c'est vrai, au fond. Mais c'est un peu facile de loin. De près, c'est plus dur. C'est vrai que j'ai beaucoup d'amour en moi, mais je sais aussi la
difficulté à passer outre les formes. Je suis vraiment un amoureux de la solitude.
Merci encore à toutes les personnes qui m'ont lu et parlé tout ce temps : ce fut une sorte de famille, de lieu d'humanité et c'est
très précieux en ce temps de robots.Je crois avoir reçu largement autant ce que j'ai pu transmettre.
Si vous vous souvenez, un de mes rêves m'a annoncé le retour des radiations avant les projections et les déclarations
officielles. Depuis l'enfance, j'ai basé ma vie sur les perceptions intuitives. Mon intuition actuelle, c'est que le temps des palabres est passé, comme celui des choses en boîte : musique,
vidéo, etc.
La seule source d'information qui vaille est à l'intérieur. Il y a plusieurs moyens d'y accéder : rêve, méditation, contemplation,
jeûne, immersion dans la nature et autres. Tout le reste est mensonge. Les millions d'informations que vous pourrez glaner sur le net - guerres et rumeurs de guerre - font partie du
film et vous emprisonnent. N'oubliez pas le sens anglais de net : filet, réseau. Toile d'araignée. Laissez-vous manger si vous voulez, je préfère voler.
Le choix est simple, et de plus en plus urgent : croire au film, et y rester, ou chercher la sortie.
La sortie est à l'intérieur.
Je crois que cette fois-ci, j'ai dit et résumé tout ce que j'ai cherché à dire au fil du temps.
Soyez-vous propice. Vous et le plus grand Vous de vous-même êtes votre meilleur ami. Aidez-vous à vous évader.
CE BLOG EST DÉFINITIVEMENT CLOS CE VENDREDI 25 MARS 2011, JOUR ANNIVERSAIRE DE L' ANNONCIATION PAR CE 846ème TEXTE, CE QUI EN RÉDUCTION DONNE 8+4+6 = 1+8 =
NEUF !
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