Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 07:58
 
 
J'aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur coeur se balancer
J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils ne semblent
Capables de juger
J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas comme il faut,
Ceux qui, avec leurs chaînes,
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du coeur
Pour n'avoir pas su dire
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme,
Les daltoniens de l'âme,
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'Histoire
Leur rende les honneurs

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui doutent
Et voudraient qu'on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercie
Qu'on leur dise, on leur crie
 
"Merci d'avoir vécu
Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu".

Paroles et Musique: Anne Sylvestre   1977
Passez une bonne journée.

 

Par Vieux Jade - Publié dans : petites graines - Communauté : Le Sarmiento
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 13:52

Voici ce qu'a rêvé Mme VJ :

 

Je suis un homme. Fermé dans une pièce aux nombreuses fenêtres dans une clairière. Je vois la lisière de la forêt, je sais qu'il y a des mouvements de commandos, là-bas. Je sais que la situation est très dangereuse, la maison où je suis risque d'exploser. C'est imminent. Il faudrait défoncer les vitres, mais comment ? Impossible à coups d'épaule.

Soudain, je suis dehors, dans la forêt, et tout va bien. Plus aucun danger. Tout est calme, en paix.

 

 

 

 

 Ivan Ivanovitch Chichkine

 

 

Le français, "forêt" vient du latin fora, qui signifie "dehors, en dehors" (tout est perdu, fors l'honneur). La forêt est le monde mystérieux qui s'étend au delà de nos limites familières. Le monde extérieur, qu'on n'a pas eu le temps d'explorer, de découvrir, d'intégrer. Ce monde est souvent ressenti comme menaçant, comme le disent les contes de fées, ces merveilles à lire et relire.

 

Séparée de la forêt par des vitres épaisses censées la protéger, la mettre à l'abri, la situation s'est inversée : le danger est maintenant de rester dans cette bulle, qui va exploser. Impossible d'employer la violence.

 

Soudain, elle est dehors. Aucune indication sur ce qui est advenu. Elle est passée au delà, et la forêt l'accueille, l'enveloppe, elle s'y fond.

 

Lorsqu'elle me l'a raconté, ce rêve, j'ai songé à ces mots de l'évangile : "Vous entendrez parler de guerre et de rumeurs de guerre, n'ayez pas peur". On n'entend que ça, de nos jours, guerres et des rumeurs de guerre.

 

Songé aussi à l'oeuvre de Philip Kundred Dick, et en particulier à Ubik, livre dans lequel des morts parasitent et enferment d'autres morts dans leur univers psychique. Il y a un lien entre les deux, le texte du III ème siècle et celui de 1966, c'est le mot "rumeurs".

 

Une guerre, même si on n'est pas à courir dans les ruines sous les bombes, on voit ce que c'est. On voit, justement, parce que tout attire notre attention sur cette horreur. Tout concourt à nous terroriser. C'est la lisière de la forêt, qui nous menace et nous affole.

 

Tout nous pousse à la violence, et la violence est réprimée. Double contrainte.

 

Dans le livre de Dick, si le pouvoir du vampire psychique est grand, il n'est pas capable de recouvrir l'univers entier, juste d'accompagner le héros dans ses déplacements, comme une bulle. Exactement ce qu'est l'ego.

 

C'est la raison du mot "rumeurs". Le système est capable de nous projeter un film, de nous accompagner, de nous enfermer si nous ne le perçons pas à jour, si nous y croyons. Croire au système, c'est le perpétuer.

 

Avoir peur, c'est le renforcer. Si les substances psycho-actives sont interdites, c'est uniquement parce qu'elles montrent d'une manière évidente que l'univers est factice, et qu'on peut sortir à tout moment d'une vision déplaisante, en s'en détachant. Ce que les tibétains et leur yoga du rêve pratiquent depuis des millénaires. On peut changer le rêve, la vision, le réel proposé en choisissant un autre rêve, ou, pourquoi pas, l'éveil.

 

Je n'ai pas de mode d'emploi à proposer, juste faire la synthèse entre ces textes de voyants - Dick est un grand visionnaire - et le rêve échu.

 

Délaissons la rumeur, pour nous focaliser sur ce que nous voulons. Ainsi le monde change, et soudain, sans qu'aucune porte n'ait été franchie consciemment, nous ne sommes - enfin - plus séparé, plus en danger, enfin dans les bras de la Mère, seul et ensemble.

 

Par Vieux Jade - Publié dans : légumes verts - Communauté : Le Sarmiento
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 11:54

chine 2009 020
L’anneau, l’anneau Unique, Seigneur des anneaux, l’anneau maître est le 20 ème : 3 pour les elfes immortels et lumineux, 7 pour les nains qui représentent la diffraction de la lumière dans la matière, 9 pour les hommes en qui la lumière peut renaître, et un pour les dominer tous. 2 à l’échelle des dizaines, placé avant 21 c’est un peu l’équivalent de 666 qui empêche l’accès au 7 en majesté.

C’est l’obstacle, la tentation majeure placée sur le chemin du retour. Comme 666, il forme un cercle fermé.

 

D’après le site Rosa Mystica, le 20 :

 

Représente "la différenciation fondamentale qui crée dans le monde deux pôles relativement antagonistes, et particulièrement l'opposition: esprit‑matière", selon R. Allendy.

×    J. Boehme appelle ce nombre "le Diable", c'est-à-dire le monde matériel opposé au monde spirituel.

×    Le nombre 20 est considéré comme néfaste pour Saint Jérome parce qu'il indique la lutte universelle, mais il représente également la source de toute l'énergie du monde.

×    Ce nombre est représenté en hébreu par la lettre caph, k, en forme de main ouverte, pour saisir et tenir. La onzième arcane du Tarot, qui correspond à cette lettre, et par conséquent à ce nombre, est "la Force" qui exprime l'énergie, l'activité, le travail, selon R. Allendy.

 

 

L’anneau a au moins deux pouvoirs : rendre fou en rongeant l’âme, rendre invisible. Aux yeux de qui ? Dans les deux cas, il provoque l’exclusion. Sméagol se met au ban de l’humanité, car il a échangé l’amitié des hommes ou des hobbits contre la fascination pour la solitude. Dans cette solitude, d’ailleurs, il se dédouble. La perte de l’anneau et la rencontre des hobbits provoque en lui une ambivalence remarquable, que le mépris des hommes et l’avidité retrouvée effaceront de nouveau.

 

Etre invisible permet de fuir le monde des hommes, mais ouvre la porte aux monstres de l’intérieur, de l’au-delà.

L’anneau (dans le film, tout au moins, je n’ai pas le souvenir de ça dans le livre) se porte à l’index. Etre mis à l’index, c’est être montré du doigt, désigné pour être retranché de la communauté. Exclu.

 

L’anneau donne le pouvoir, donne la clef de la puissance pyramidale, mais retranche son possesseur du monde des vivants. Les tyrans s’enferment dans des tours. Ils ne connaissent rien de l’amour. Leur existence est masturbatoire et dépressive.

 

Le créateur de l’anneau règne alors par la terreur sur des esclaves toujours prêts à s’entre-déchirer, dont le seul ressort est la soif de la destruction de ce qui incarne la fragilité et la beauté. La cohésion des troupes de Sauron ne tient qu’à l’extrême rigueur qu’il exerce sur elles. A chaque instant le goût de la rivalité en met le vilain ordre en péril.

 

Il s’agit d’une autre forme de fragilité, à l’opposé de celle des fleurs : ce qui vit sous la contrainte et la compression est toujours prêt à se fissurer, à éclater.

 

Sur l’autre rive, celle des elfes, des hobbits, des hommes et des nains, on retrouve cette tendance à la compétition, à la désorganisation due à l’effet de l’anneau : les elfes et les nains se méprisent, les hommes traitent les hobbits avec condescendance. On a ici la même disparité que dans les troupes de Sauron ou de Saroumane : orques, trolls, uruk-haï, qui sont le fruit de manipulations génétiques à peu près équivalentes à celles que nous préparent les sorciers de Baxter, gobelins, etc, mais ici nulle contrainte. La Communauté est faite de volontaires, qui comme le leur dit l’elfe Elrond sont libres à chaque instant d’arrêter leur voyage.

 

Le monde des hommes est également divisé : Minas Tirit et Edoras sont alliées, certes, mais de loin, et chacun nourrit des rancoeurs. Les morts de la montagne, eux, ont trahi. Depuis, ils n’ont pas trouvé le repos. L’intendant Denethor, révolté à l’idée qu’un Roi puisse revenir s’isole dans son orgueil et son amertume, comme ses ennemis noirs.

 

Au cœur de chacun : la division. La séparation. Telle est l’influence de l’anneau. C’est patent chez Frodon, bien sûr. Mais Tolkien est subtil : si Frodon écarte Sam, il a une sorte de tendresse pour Gollum, victime consentante du même sortilège. Frodon forme le lien entre le monde de l’amitié et celui de la solitude. C’est un personnage à la fois complet et divisé, car il est l’image du cœur.

 

Si les guerriers racontent l’histoire extérieure et visible du dernier combat que livre la création toute entière, Frodon, Sam et Gollum représentent le combat invisible qui a lieu dans l’intime de chacun de nous. Les troupes livreront leur dernier combat devant les portes noires, à l’extérieur. Frodon et les deux irréconciliables adversaires traversent, eux, le royaume du Mordor et remontent à l’origine, à la source. Ce n’est pas la source claire de la vie, c’est le volcan bouillonnant des passions, dans le feu duquel a été forgé l’anneau. Ils escaladent une pyramide qui n’est plus celle du pouvoir, mais celle de la dépossession, de la perte de soi. Et jusqu’au dernier instant, rien n’est joué. Il faut que Gollum, qui est l’esclave intégral de ses passions disparaisse pour toujours.

 

Tolkien prétendait avoir écrit un livre « profondément chrétien ».  Son ami et rival Clive Stapelton Lewis, lui-même auteur de la puissante trilogie dite « cosmique » et des Chroniques de Narnia, décrit à la fin de sa trilogie, dans le roman traduit sous le nom de « Cette hideuse puissance » une scène de banquet unique dans toute la littérature, qui signe la fin du « mal » par l’accomplissement de son principe : la division.

 

Pour citer Marc, 3.24 : « Si un royaume est divisé contre lui-même, il ne peut subsister ».

 

L’anneau tentera tous ceux qui l’approchent, elfes, hommes, hobbits, Gandalf lui-même. La tentation du pouvoir et de l’orgueilleuse solitude nous habite tous. La guerre est âpre et cruelle, à l’extérieur comme à l’intérieur.

 

Le Roi apparent n’est couronné et marié que lorsque Frodon, le héros intérieur a été vaincu par Gollum, qui a enfin révélé sa totale aliénation. Dans le feu de la Crevasse du Destin, Sam, l’ami fidèle est vaincu lui aussi. Gollum triomphe en coupant l’index de Frodon, le doigt qui isole car il désigne l’extérieur, les objets, commande. Privé de son index, Frodon est privé de l’anneau. Il revient à lui. On saisit mieux pourquoi l’anneau rend invisible : l’index écarte le regard de Soi. L’intérieur nous devient invisible, lorsque par un geste nous séparons le monde en deux : l’autre, et Nous. Nous devenons Autre, l’Autre, étranger à nous-même. Tellement étranger que seule la possession d’un cercle indéfiniment masturbatoire reste notre seul moteur, jusqu’à la folie sanguinaire. Tellement étranger que Gollum préfère le néant à toute vie. Les ténèbres extérieures.

 

Tolkien était un ami des hommes et de la joie, érudit buveur de pintes à l’enseigne de l’Eagle and Child. Il remuait dans son cœur ce que nous remuons tous ; il a vécu un temps de guerres et de folie, comme nous allons le faire, sans doute. Il apporte la preuve que rien n’est simple, mais que dans l’inextricable, demeure un chemin, réservé à ceux qui veillent. Il nous dit que rien n’est gagné, certes, mais que rien n’est jamais perdu.

 

La question essentielle, c’est celle que Gandalf expose à Pippin : "Qu’allons-nous faire du temps qui nous est imparti" ?

 

Puisse ce texte puissant et profond, et le film remarquable qu’en a tiré Peter Jackson nous aider et nous inspirer en ces temps difficiles.

 

 

Ce texte a paru pour la première fois sur ce blog le 29 janvier 2010, à moins que je ne l'ai proposé à NoT avant, j'avoue ne plus m'en souvenir.

 

Par Vieux Jade - Publié dans : légumes verts - Communauté : Le Sarmiento
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 00:00

Alertés par une jeune fille qui nous déclarait que de toutes façons on n'en a rien à foutre de rien parce que le monde va s'arrêter en 2012, Mme VJ et moi avons résolu ce midi de planter un arbre fruitier le plus rapidement possible, avant la montée de sève. Il faut faire vite car déjà bien des arbres bourgeonnent.

 

  

 

En mémoire de M. Jean de la Fontaine*, d'une part, et en legs à ceux qui viendront après nous.

 

Cette cérémonie magique en guise de pied de nez à tous les prêcheurs de mauvais sort, et de pacte avec la Terre, la Nature, l'Humanité.

 

En guise de rappel aussi à ceux qui croient que l'argent suffit, que l'argent et le papier et l'encre se bouffent et nourriront leurs enfants et les enfants de leurs enfants.

 

Comme phare face à la bêtise et à la barbarie. 

 

D'ores et déjà, mes filles feront ou participeront à la même chose, afin que l'empreinte leur reste profonde, qu'il n'y a comme fatalité que celle à laquelle on se soumet.

 

Chacun peut s'y associer, et planter un arbre à son tour. Peut-être que dans le futur quelqu'un sera content de manger les fruits de ces arbres, les arbres de 2012.

 

 

Faites passer le message sur les blogs, autour de vous. Une armée d'arbres contre les ombres. Piliers de la paix.

 

 

Vous n'avez pas de terrain, ou pas d'endroit disponible ? Plantez sur un terrain vague, une haie creuse, chez un voisin. Un pot, même. Un arbre en pot, ça peut être dépoté et replanté. Seule contrainte : pouvoir arroser en période sèche, jusqu'à ce qu'il s'enracine convenablement, donc pas en plein désert.

 

Bonne pioche !

 

 

 

M. de la Fontaine, un précieux maître de sagesse a excellemment écrit. En voici un exemple :

   

 

 Le Vieillard et les trois jeunes Hommes. 

 

Un octogénaire plantait.
Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge !
Disaient trois jouvenceaux, enfants du voisinage ;
Assurément il radotait.
Car, au nom des Dieux, je vous prie,
Quel fruit de ce labeur pouvez-vous recueillir ?
Autant qu'un Patriarche il vous faudrait vieillir.
A quoi bon charger votre vie
Des soins d'un avenir qui n'est pas fait pour vous ?
Ne songez désormais qu'à vos erreurs passées :
Quittez le long espoir et les vastes pensées ;
Tout cela ne convient qu'à nous.
- Il ne convient pas à vous-mêmes,
Repartit le Vieillard. Tout établissement
Vient tard et dure peu. La main des Parques blêmes
De vos jours et des miens se joue également.
Nos termes sont pareils par leur courte durée.
Qui de nous des clartés de la voûte azurée
Doit jouir le dernier ? Est-il aucun moment
Qui vous puisse assurer d'un second seulement ?
Mes arrière-neveux me devront cet ombrage :
Eh bien défendez-vous au Sage
De se donner des soins pour le plaisir d'autrui ?
Cela même est un fruit que je goûte aujourd'hui :
J'en puis jouir demain, et quelques jours encore ;
Je puis enfin compter l'Aurore
Plus d'une fois sur vos tombeaux.
Le Vieillard eut raison ; l'un des trois jouvenceaux
Se noya dès le port allant à l'Amérique ;
L'autre, afin de monter aux grandes dignités,
Dans les emplois de Mars servant la République,
Par un coup imprévu vit ses jours emportés.
Le troisième tomba d'un arbre
Que lui-même il voulut enter ;
Et pleurés du Vieillard, il grava sur leur marbre
Ce que je viens de raconter.

 

 

 

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : légumes verts - Communauté : Le Sarmiento
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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 16:16

 

"Non nobis Domine, non nobis sed nomini tuo da gloriam" était une devise templière. Ces gens prétendaient agir au nom de Dieu, pour sa gloire, pas pour eux-mêmes, leurs propres gloire ou intérêt.

 

Petit, j'apprenais que le roi saint Louis, celui qui rendait la justice comme un gland, non, je rigole, sous un chêne, se disait "lieutenant de Dieu".

 

Il n'est pas ici question de débattre des templiers ou de Louis Neuf, mais de rappeler un vieux concept, celui de l'homme accomplissant l'oeuvre de Dieu.

 

Pas question non plus de définir Dieu, l'Indéfini majuscule.

 

Parfois, des hommes s'attribuent cette tâche, cette fonction : faire l'oeuvre prétendument de leur Dieu sur la Terre. Ça peut justifier tant de choses, comme par exemple la ruine du monde par Goldman Sachs, dont le patron M. Blankfein disait accomplir "l'oeuvre de Dieu", que j'arrête ici l'épilogue. 

 

Est lieutenant de Dieu celui qui en tient lieu sur Terre, ou qui tient un lieu en son nom. Lieutenant du royaume de France signifiait dans l'esprit du temps que Dieu avait confié ses intérêts à la famille des Capet, à charge pour eux d'en assurer l'intendance.

 

Intendants, voilà ce qu'étaient donc les rois. Certains plus que d'autres, puisque les Stuart d'Écosse étaient à l'origine des Stewart, des intendants, serviteurs principaux, régisseurs d'un domaine.

 

Difficile métier, délicate fonction que d'assurer la position du maître en son absence.

 

Les évangiles parlent à plusieurs reprises de l'intendant indélicat.

 

J'ai coutume de visionner une ou deux fois l'an la trilogie du Seigneur des Anneaux.

 

Cette année, il m'est apparu qu'une partie au moins de l'oeuvre - que j'ai résolu de relire in extenso pour la troisième fois en quarante ans (1 200 pages, le blog va en pâtir) - traite de cette question.

 

Il y a au moins deux histoires d'intendants dans le récit : celle de Sam, jardinier (Adam n'était-il pas jardinier ?) de Frodon, et celle des intendants du Gondor, dont les rois se sont dissipés dans la rêverie.

 

Je ne sais quand j'aboutirai - ni même si j'aboutirai et à quoi - mais je remarque ceci, d'emblée, que je pose comme jalons à votre méditation personnelle :

 

Sur l'ensemble des personnages, deux ont eu l'occasion de s'emparer de l'anneau maudit, et y ont renoncé : Sam, après qu'il ait cru Frodon tué par l'araignée, et le jeune fils de l'intendant, Faramir, après qu'il ait amené Frodon à son père.

 

Gandalf et la reine des Elfes ne l'ont pas fait non plus, mais parce qu'ils en connaissaient et redoutaient le pouvoir.

 

Aragorn aurait pu le faire, lui aussi. Mais il a depuis longtemps renoncé au pouvoir, et ne devient roi que contraint par les événements. 

 

Cette histoire de l'anneau d'asservissement représente à mes yeux la lutte qui a lieu en notre intimité entre l'ego, l'intendant, et le Soi oublié, qui doit reprendre sa place, envers et contre tout, contre les pulsions dévastatrices, le goût de la domination, y compris par les voies tortueuses, et toujours, l'orgueil.

 

La plupart des hommes puent l'orgueil, et s'imaginent maîtres et responsables.

 

L'intendant qui se prend pour le roi, c'est la route de l'abîme, comme le montre Tolkien. Fou d'orgueil, littéralement embrasé de rage et d'orgueil, il se jette dans le vide, laissant sa place à deux couples clairement "alchimiques" : Aragorn et Arwenn*, image du Soi réalisé, Faramir et Eowenn, leur reflet terrestre, actif dans la matière.

 

Nous sommes tous lieu tenant de plus grand que nous, en notre minuscule et immense royaume, qui quelles que soit la contrainte à ses frontières ou ses guerres intestines, est notre héritage, la barque qui nous ramène au port.

 

 

 

* Une analyse linguistique doit être passionnante. Pas le temps, et peut-être que ça a déjà été fait par l'un ou l'une des millions de fans de Tolkien. Simplement, ici, on voit que Aragorn et Arwenn, sont de Ar, la montagne (monts d'Arrée, mont Ararat).

 

Arwenn et Eowenn sont g-wenn (gene-viève, guen-ièvre), blanches. Arwenn, en plus, est une elfe, alba, blanche.

 

Tout ça lié à la montagne blanche, le mont Meru, l'axe du monde, le pôle Nord. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : légumes verts - Communauté : Le Sarmiento
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Assourdis sens

RESPECT : 

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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