Décidément rétif à l'ordre bestial, j'ai fixé ma résidence ailleurs, d'où j'observe le déroulement des temps infernaux.  J'ai un jardin secret, où les plantes poussent toutes seules. Servez-vous, si le coeur vous en dit, sans tenir compte de la chronologie, car comme le mot le dit clairement, l'heure est un leurre.

Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 15:40

AVANT :

 

619-copie-1.JPG

 

APRES :

 

620.JPG

 

Purée, ça a été chaud encore cette année. On a cru qu'on y arriverait pas. Mais quand on veut, on peut. C'est notre devise. J'ai même été décoré. Mme VJ est en train de laver ma chemise (neuve) et mon pantalon.

 

L'important, c'est qu'on les a eus, ces salauds.

Par Vieux Jade - Publié dans : j'arrache, j'arrache pas ? - Communauté : Le Sarmiento
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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 10:17

Labyrinthe

 

Bien des gens regrettent de ne pas vivre dans un passé idéalisé. C'était le cas de mon père, par exemple. Tout était mieux avant.

 

Bien que le "No future" des Sex Pistols ait largement entamé le sourire optimiste des foules, on trouve encore des béats qui misent tout sur demain, de fervents progressistes. Demain résoudra tout.

 

Les souvenirs, les regrets et les attentes nous tirent hors de notre centre.

 

Le point de convergence de nos divers corps, de nos diverses énergies, des mondes visibles et invisibles, conscients et inconscients n'est ni dans le passé, ni dans le futur.

 

Il est là. Ici et maintenant. Hic et nunc.

 

Nous avons été jetés, mis bas, dit l'expression française, dans ce film qu'on appelle "le monde", "la vie".

 

Nous avons rampé hors des bras des mamans, et à force de l'aide des deux et des taloches des papas, nous avons appris à marcher droit.

 

La maman et le papa sont des images respectives du passé, qui retient et apaise, et du futur qui fouette l'ambition. Tu seras un homme, mon fils. Demain. Un jour. Plus tard.

 

Souvenirs du ventre, du foyer, de la grotte, magie de la chasse, mirages de l'exploration.

 

Ces deux rêveries sont deux refuges où nous nous réfugions tous très souvent.

   

C'est un peu simpliste, certes. Du passé, on a aussi les regrets d'avoir loupé des occasions, d'avoir été indigne. La peur du futur peut nous tétaniser. Mais c'est pareil, au fond : qu'on se projette dans le passé ou dans le futur, c'est ailleurs.

 

Le monde qui s'offre à nous est plein de promesses de paradis et d'enfers, de rêveries. Nous pouvons y errer éternellement, y demeurer en rêvassant qu'avant, c'était mieux, ou qu'on a été nul, ou que demain Superman reviendra nous venger des salauds, ou que la Bête va nous bouffer.

 

Nous pouvons aussi, à force d'échecs, de chutes, de lassitude, comprendre que la porte, l'unique retour se trouve dans l'acceptation que le seul point où se recouvrent exactement l'existence, ce songe à la carte, et la Vie est exactement ici, à l'instant même, en ce qui nous est offert, que notre intelligence doit mettre à nu, où nous devons nous fondre.

   

Les noces, c'est pas hier ni demain. C'est maintenant. 

 

Dit comme ça, j'ignore si ça semble facile, simpliste ou incompréhensible, mais la certitude qui est la mienne, c'est que c'est "simple".

 

Simplex, sans pli qui recèle encore un venin, une rancoeur, une ombre.

 

Devenir simple est le chemin. A cet endroit sans envers, il n'y a plus de passé, douloureux ou splendide, plus de lendemains terrifiants ou prometteurs.

 

Il n'y a plus de temps. La mariée arrive. Elle est annoncée. 

 

 

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : légumes verts - Communauté : Le Sarmiento
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Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 22:01
Par Vieux Jade - Publié dans : étranges et beaux fruits venus d'ailleurs - Communauté : Le Sarmiento
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Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 16:47

‘Christ Blessing the Little Children’

 

Par William Blake, 1799, image trouvée sur le toujours aussi beau blog de Madeleine.

Par Vieux Jade - Publié dans : étranges et beaux fruits venus d'ailleurs - Communauté : Le Sarmiento
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Samedi 31 mars 2012 6 31 /03 /Mars /2012 09:21

Ah ben zut. Je me croyais plus riche. En allant voir la tronche que j'ai sur le Ouèbe, je tombe sur un site qui se donne pour tâche de classer les gueblos par popularité et autres données statistiques, et, en fidèle lèche-cul de Mammon, les évalue en neuros.

 

Voici l'engin.

 

J'y ai découvert avec surprise que j'avais 24 lecteurs et que mon quetru vaut 743.90 € précisément. Chuis ben content, pépère, mais faudra que tu te réveilles. D'autant que sur 1 000, j'ai pas la monnaie.

 

T'as écrit ton pensum en 1912 ?

 

Amis lecteurs, sans oublier les lectrices, sachez que le commandant de bord a le plaisir d'emmener dans ses voyages quotidiens environ 130 lecteurs / jour, ce qui est un tout petit village.

 

Mais certains petits villages ont résisté vaillamment à la connerie ambiante. En Armorique, entre autres. 

 

De temps à autre, lorsqu'un collègue bien achalandé me fait l'honneur de publier un bout de ma prose, ça grimpe largement, parfois au double. On fait un festin entre villages, et on oublie de parler de fric*.

 

Je haïssais les statisticiens, voilà que je découvre qu'ils sont bêtes et obsolètes.

 

Des gens dont l'existence se passe à donner un prix à des choses essentiellement gratuites, c'est vraiment de la raclure de cabinet.

 

Si je voulais faire du fric avec le blog, j'aurais fait ce qu'il faut pour. Y aurait des bannières et des trucs qui brillent partout. Pis je ferais de la retape.

 

 

Si j'avais consacré ma vie au fric et à la notoriété, je serais riche et célèbre. 

 

Quand en plus ces incompétents publient des données qui ont un demi-siècle de retard, quand ils s'abstiennent de les renouveler, ce qui est vraiment le minimum de la politesse quand on écrit sur des gens qu'on n'a même pas prévenus de la démarche, face à ce genre d'étrons qui surnagent, on doit vraiment tirer la chasse.

 

C'est quand même plus propre.

 

 

 

 * Je me suis amusé à faire la parodie de : "Le fric c'est chic", en remplaçant FRIC par CRIF. Surprise, les deux lettres RI demeurant inchangées, et CHIC commençant et se terminant par deux C, c'est exactement la même chose. On peut donc vraiment chanter : le CRIF c'est chic. Ou penser qu'il y a une relation surnaturelle entre CRIF et FRIC. On parlait de Mammon ? 

 

PS : une petite blague entendue qui m'a fait rire, toujours à propose de ce fameux fric si chic : deux copains sont invités à une messe de mariage. Le premier (pas trop catholique) dit à l'autre : je te parie que je donne moins que toi à la quête. OK, dit l'autre, qui dépose en rigolant une pièce d'1 centime dans la corbeille.

C'est pour nous deux, dit négligemment le premier.

 

Par Vieux Jade - Publié dans : petites graines - Communauté : Le Sarmiento
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Orients

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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