sauvages

Dimanche 11 mars 2012 7 11 /03 /Mars /2012 20:18

 

 

Nous sommes allés déjeuner, Mme VJ et moi, avec ma mère, dans un simple et bon restaurant auvergnat, d'une truffade.

 

A 83 ans, ma mère, veuve récente, aime sortir, mais son appétit s'étiole. Il restait la moitié de sa portion.

 

Pour revenir sur ce qu'elle m'infligeait petit, je lui dis : "Tu ne sortiras pas de table tant que tu n'auras pas fini ton assiette".

 

Elle se mit alors à raconter que son propre père lui avait fait ce sale coup : "Finis ton assiette, ou je t'emmène à l'école avec". Et il l'a fait : "Prends tes affaires !", et il sortit dans la rue avec l'assiette. De honte, brisée, elle la mangea.

 

Ils m'ont fait le coup chez mes parents, les grands-parents. J'étais particulièrement obstiné et eux pas assez vigilants. Dès qu'ils regardaient ailleurs, je balançais des morceaux de bouffe sous les meubles derrière moi en faisant semblant de mastiquer. Mais ma mère, ils l'ont eu.

 

Quand la serveuse est arrivée pour voir si on avait fini, afin qu'elle débarrasse, je lui ai dit : "C'est bon pour nous, mais ma mère reste jusqu'à ce qu'elle ait fini". Gentille, elle répond : "Je vais plutôt vous l'emballer, vous finirez ça chez vous ce soir".

 

Et on se met à parler, elle et nous, de cette putain d'éducation de fous. Ce qui lui est arrivé, à elle ? Son père lui a dit : "Si tu ne manges pas ton assiette, je te donne à manger aux cochons". Et il l'a attachée au bout d'une corde à une poutre au dessus des cochons et l'a ainsi laissée.

 

Depuis, j'ai peur des cochons, dit-elle sobrement.

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages - Communauté : Le Sarmiento
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Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 07:27

 

 

J'étais à la banque, souverain maître ou rouage principal de l'univers moderne.

 

Il y a une dizaine de jours, j'ai perdu/me suis fait piquer je ne sais pas trop tout un tas de cartes bancaire vitale et j'en passe.

 

Me v'là donc en train de faire la queue au guichet, muni de la preuve (pas perdue, elle) que je suis moi et pas un autre (en attendant la puce).

 

Dans les banques, dans les postes, dans les gares, y a des barrières en peinture au sol. Barrière, je l'ai dit, mais je ne crois pas une seconde que ce sont des barrières. Non, ce sont des marques.

 

Deux dames devant moi attendaient sur leurs marques. Pas une n'avait dépassé son cantonnement d'un quart de centimètre. Et, mécaniquement, quand le gonze qui emmerdait tout le monde depuis une plombe a enfin consenti à virer son derche, pour dire les choses façon Audiard, tout le monde a avancé d'une marque.

 

Bravo, quel ballet. Faudrait le voir en accéléré. Les caméras sont faites pour ça. Rien que pour faire mon désagréable, j'ai pas avancé. J'aurais dû, étant le troisième, la première ayant enfin accédé au guichet, prendre place sur la seconde marque. Tout le monde suit ? Personne derrière n'a rien dit. Aucune alarme n'a sonné. 

 

Quand enfin la deuxième dame est parvenue au guichet, j'ai fait un pas. Je l'avoue honteusement, j'étais contraint par le challenge que je m'étais mis tout seul. Je sentais trop le poids des autres derrière : alors, y va y aller, le gros ? P...mais il est naze ou quoi ?

 

Donc j'ai fait un pas pour poser un peu de pression.

 

Bien sûr, quand ça a été mon tour, j'y suis allé franco au guichet. Deux personnes derrière moi ont alors mécaniquement pris leur place sur les marques.

 

C'est ainsi que nous vivons. Notre univers est balisé, et tout le monde y croit. Stationnement interdit, ça ne veut pas dire qu'on n'a pas le droit de se garer. Ça veut dire qu'en se garant, on encourt le risque de perdre du temps, de l'argent, et son sang-froid. Mais si en contrepartie on gagne un peu d'estime de soi, ça vaut le coup.

 

Puéril, dérisoire, j'entends. Si si, j'ai très bien entendu. Et je réponds, du haut de mon satellite : "Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité".

 

Sur la route, idem : une ligne blanche, c'est pas un mur. La franchir ne va pas abîmer votre bagnole, sauf si un indésirable arrive en face. Mais souvent, sur des routes de campagne, on trouve des gens roulant au pas derrière un tracteur, alors qu'ils auraient dix fois le temps de passer. Incroyable.

 

Petit, j'avais lu dans le fameux et incontournable journal de Mickey qu'une poule ne franchissait pas une ligne blanche tracée à la craie. Aujourd'hui, j'en doute un peu, car les miennes passent partout. Mais bon, ça dépend peut-être des poules.

 

Hé bien, il y a des gens qui passent leur vie derrière ces lignes tracées pour eux, comme si c'étaient des murs.

 

Ce qui vaut pour le visible est hélas évidemment vrai pour ce qui relève du domaine de la pensée.

 

Certains n'ont jamais dépassé le mur de leurs acquis contraints, ou de leurs contraintes acquises.

 

Dans "Je voudrais pas crever", Vian parle de marcher en robe sur les boulevards. Puéril et dépassé, bien sûr - si si, j'ai très bien entendu - mais indispensable. La transgression est indispensable.

 

Les lois sont faites pour être enfreintes, c'est l'évidence même. Les marques doivent être piétinées, les usages renversés, ne serait-ce qu'une fois. Personnellement, je le fais tant que je peux, afin de ne pas perdre la main.

 

Parce que l'habitude est lourde, de se conformer, pesant le regard des autres, ces chers M. Smith.

 

Les lois des hommes sont à l'esprit ce que la gravité est au corps. 

 

Il faut donc souvent secouer la poussière, afin de rendre l'esprit léger.

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages - Communauté : Le Sarmiento
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Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 16:29

 

 

Tamara de Lempicka

 

 

Mademoiselle,

 

 

J'apporte sur votre tombe un modeste bouquet. Pourtant averti des buts sordides et des vilaines méthodes des armées de la Bête, je n'aurais pas un instant imaginé que vous seriez l'une des victimes de la grande et ignominieuse guerre du temps présent.

 

Pardonnez ma sottise et ma légèreté, si c'est possible. 

 

Vous seriez suspecte et coûteuse. Suspecte de virginité, c'est insupportable. La virginité est dépassée, ridicule, et suspecte. Vous étiez donc soupçonnée d'être suspecte, ce qui est intolérable en démocrassie, où tout doit être transparent, pour ce qui est de la foule.

 

Un hymen fermé est donc inacceptable, et vous voudrez bien le présenter grand ouvert afin qu'on en vérifie le contenu et l'état lors du prochain passage des agents.

 

A partir d'hier soir, dans le cadre des nouvelles mesures pour la promotion des bonnes pratiques sexuelles, le visionnage de films pornographiques à entrées multiples est obligatoire dans la demi-heure précédant le coucher, à partir de l'âge de six ans.

 

Vous étiez donc d'un autre temps.

 

De plus, Mademoiselle, il n'existe organiquement que deux sexes, mâle et/ou femelle. Votre présence surnuméraire dans les formulaires administratifs coûte cher à la république et réduit d'autant le potentiel de malversation des élus et autres parasites légaux qui pompent le truc en grand. 

 

Vous voyez donc, belle damoiselle, que vous n'aviez aucune chance de subsister dans ce merveilleux monde qui nous échoit.

 

Personnellement, je vous regrette déjà, et vous garde au fond de mon coeur.

 

Tant qu'il battra, soyez y en paix, loin des hordes des vilains.

 

Post scriptum : Autant vous le dire : Mademoiselle, je vous aime, vous ai toujours aimée, dès qu'enfant mes yeux se sont posés sur votre robe dansante et vos joues fraîches d'adolescente. A l'époque, pour moi, vous étiez une fée inaccessible, une grande - j'étais alors dans la cour des petits - et je vous suis toujours resté fidèle, sans jamais, comme vous le savez, vous avoir manqué de respect. Éternelle, vous ne mourrez donc qu'avec moi.

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages - Communauté : Le Sarmiento
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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 10:00

   030

 

Merde, c'est le printemps.

 

Ça glougloute dans les tuyauteries, et ça c'est le printemps de la bête humaine, le chat ne rentre plus, ou tout balafré, les oiseaux pépient, et bientôt la croûte de la terre va se soulever sous la pression des milliards de trilliards de pousses qui n'en peuvent plus d'attendre le premier rendez-vous.

 

Et les hommes ?

 

Ils vont voter. En France. Voter, c'est comme vomir ou chier. C'est pas une victoire, c'est un mécanisme. Parce que choisir entre deux étrons quand on a faim de lumière, c'est un peu débectant. Mais c'est un progrès de la démocratie, dit-on. Le pépé était bien content d'aller voter. Alors on y va aussi. On l'aimait bien, le pépé. Il avait fait la guerre de quatorze. Alors nous aussi, un petit peu.

 

Faut aller voter, c'est un devoir civique. Citoyen.

 

Citoyen mon cul. Je ne suis pas un citoyen, et j'emmerde jusqu'au tréfonds les citoyens repus d'être juste ça.

 

Je suis un Homme. Permettez ? J'ai mis la majuscule. Elle sent un peu la naphtaline, depuis le temps que je la sortais plus du placard. A moi aussi, on m'a fait croire, en me gueulant après, en mettant au pas, que j'étais tout petit, rien, une pièce dans la machine. Mais non.

 

Je suis une créature de Dieu, une émanation, pas un citoyen de je ne sais quelle citoyenneté de je ne sais quelle province de je ne sais quel conglomérat de banques. Je ne suis pas un gibier. Pas un numéro. Pas M. Untel.

 

Tout est faux. Tout est inculqué.

 

Cette après-midi (cet ou cette se dit ou se disent), roulant en voiture et dans ma tête (figure de style appelée zeugma) les affaires du jour et les rendez-vous à prendre, sur cette route en lacets où, au mépris de la loi, je roulais athlétiquement et jouissant vraiment du moment présent par le vecteur de sainte Adrénaline à plus de 100 de moyenne, soudain j'ai connu cette extase, cette extase printanière qui n'est peut-être plus du strict domaine de la bête humaine :

 

" Dieu, Seigneur, Toi, Moi, Nous, Qu'importe Ton Nom, j'ai bientôt 58 ans. Donne moi aujourd'hui, à partir d'aujourd'hui, si je dois encore demeurer quelque temps ici, de Te rendre hommage pour toute la beauté de ce monde, car l'Homme (majuscule) n'est là que pour cela (je le sentais en effusion conjointes de mes tripes, de mon coeur et de ma tête) : rendre hommage à la beauté magnifique de l'existence et du monde terrestre. Vivre en ce monde cette existence est une véritable aubaine, un incroyable cadeau, un don, le don de Dieu. Certes, les cloportes qui emmerdent tout sont un obstacle, mais rien ne peut rompre le lien d'hommage que je veux Te rendre, Dieu puissant et profond d'amour, d'extase et de beauté : je T'aime."

 

Sans déc, c'est la première fois que je dis à Dieu un truc pareil : Je T'aime. C'est venu comme ça. Chais pas ce qu'Il va en penser ?

 

J'espère qu'Il est pas trop timide ? 

 

Promis, je vous dirai la suite.  

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages - Communauté : Le Sarmiento
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 22:37

La vie est fantastique. Chaque jour apporte son lot de débris de la pensée dérisoire, de la vie des microbes qui cherchent à infester la sphère de notre joie naturelle de vivre, pour la phagocyter.

 

Un exemple entre mille, ce titre : Nigeria: explosions dans le nord, arrestation du cerveau présumé d'un attentat. Déjà prendre la mesure des mots. Attentat. Désamorcer le mot. Comme on regarderait soigneusement la composition et la provenance de ce qui surgit dans notre assiette. Nul n'est obligé d'avaler ce mot, et ce qu'il recouvre de conventions. Qui le fait ?

 

Ensuite, cette incroyable séquence, que la majorité avale sans plus regarder : arrestation (on voit ce que c'est, une arrestation, ça se passe de commentaires, on en voit chaque jour, pour nous effrayer sur ce qui pourrait nous advenir si on veut lever les yeux et la tête) du cerveau (là, ça se corse : j'arrête le cerveau, je laisse courir le reste, le coeur, le foie, le poumon, un peu comme le canard décapité qui vole encore), mais le cerveau n'est que présumé. Procédons à l'analyse du cadavre : Est-ce bien un cerveau ? Si c'est un cerveau, est-ce bien LE cerveau ? Bien que présumé, on l'a déjà arrêté, garrotté, étranglé, violenté : mieux vaut ne pas être présumé, esclave. Gare à tes fesses. 

 

On a de fâcheux précédents - sans même parler du 11 septembre 2001 -  avec le rôle et l'identité réelle du cerveau avec l'attentat commis sur les respectives et respectables personnes de JFK KENNEDY et du commandant MASSOUD, qui devraient nous amener à douter des attributions médiatiques.

 

Alors ce genre de torchecul quotidien est à jeter d'emblée dans les chiottes, avec pour conclusion probable que, comme d'habitude, le crime profite à ceux qui poussent des cris d'orfraie.

 

Dans le simple langage des paysans parmi lesquels j'ai grandi, il y avait une phrase simple qu'on employait quand survenait une mauvaise odeur : c'est la poule qui chante qui a fait l'oeuf.

Par Vieux Jade - Publié dans : sauvages - Communauté : Le Sarmiento
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Orients

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

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C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

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Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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