Mercredi 28 juillet 2010 3 28 /07 /Juil /2010 10:08

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J’ai des amis dont la plus jeune fille est friande de mes histoires de fantômes. Elle m’écoute religieusement, sans mot dire que : « T’as dû avoir drôlement peur…Tu m’en racontes une autre ? »

 

Mais, faute de renouvellement, le stock décroît inéluctablement, ou le souvenir s’efface.

 

L’autre jour, chez Mme Yog, dans la conversation, il me revint ce petit récit. Ce n’est pas une histoire de fantôme, mais l’évidence que nos perceptions dépassent parfois ce que les cinq sens officiels ont l’habitude de nous transcrire du monde.

 

Il y a quelques années, Madame VJ et moi-même batifolions en Périgord. A vrai dire, je l’avais accompagnée lors d’un stage, et nous avions décidé de passer quelques jours supplémentaires dans cette belle région.

Gavés de graisse, de foie, d’oie, de canard, de cochons, fritons, rillons, pâtés et autre ripaille féculente, nous en étions arrivés au point où l’on entre misérablement dans les églises en priant le bondieu de nous mettre enfin sur la voie d'un restaurant qui nous servirait ce splendide repas de roi : une simple assiette de légumes, crus ou cuits à la vapeur, avec une pomme.

 

Il y avait beaucoup de monde dans les rues de Sarlat, touristes, forains, marauds, badauds, tire-laine et vide-goussets, comme disait le délicat Marcel Schwob, fin connaisseur en truandaille médiévale, et les rues de la vieille ville étaient encombrées par une fête ou une foire finissante. Une animation, selon le terme novlanguien, dont le vrai sens est  "maquillage du cadavre".

 

Comme dans tout centre ville qui ne se respecte plus, bicoz le tourisme, les vieilles maisons sont vouées à la bouffe et aux guenilles, comme disaient les vieux, les étages n’abritant plus que les stocks. La nuit, tout est mort.

 

Il n’était que seize heures, et Mme repéra à l’entrée d’une boutique quelques frusques de bon aloi, qui l’incitèrent à entrer plus avant, moi en remorque.

 

J’aime participer à l’achat du contenant de mon contenu préféré ; aussi ne récriminai-je point. Mais mon grand âge répugne à se tenir debout fixement. Ce que voyant, la dame venderesse qui n’avait d’autre pratique en cours m'invita :

 

-          Asseyez-vous, Monsieur.

-          Oui, merci, où ?

-          Là, dit-elle en montrant un fauteuil dans un coin de la boutique.

-          NON ! criai-je, lui causant une vive surprise.

-          P..pourquoi ?

-          Excusez-moi, mais j’ai eu l’impression de tomber dans le vide…

 

Elle écarquilla les yeux.

 

-          Oui, j’ai eu l’impression que j’allais tomber dans le vide si je m’asseyais dans ce fauteuil.

 

Elle n’en revenait pas, la brave dame. Sous la moquette, dans le coin où trônait le fauteuil, il y avait justement une trappe, sous la trappe un escalier qui donnait accès aux caves. Et cela, je l’ai ressenti en un éclair de peur.

 

-          Vous êtes voyant ?

-          Ben…parfois, oui.

 

 

Comme tout le monde, à mon avis. A des degrés divers, je suis certain que tout le monde ou presque aurait une ou plusieurs histoires de la sorte à raconter.

Par Vieux Jade - Publié dans : compost
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Commentaires

Bonsoir,

Jade voyant?

Tu es a l'écoute de ton corps,c'est pour cela que tu sens certaines choses.C'est un don.

Tu peux entrer dans des églises,moi pas.Uniquement les petites chapelles et encore...

En Italie pour se préserver des mauvais sorts,on fait le fameux signe cornu.On jete aussi du sel par dessus les épaules,a table,parfois.C'est pour soi disant éloigner le "diable".
Ma belle maman,est une femme très pieuse.Elle était douée pour aider les personnes a qui ont avait jeté un mauvais oeil,et qui se sentaient perdues.Nul de la famille ne voulait reprendre la suite,pratique considérée comme désuette.Il y a quelques années,elle m'a "initiée" a détecter les gens sous emprise,appris les incantations salvatrices,etc...

Je n'en dirais pas plus ayant vécu une expérience similaire que ton épouse.

Les gens que je croise,sans leur parler,juste en les regardant dans les yeux,au dela de leur iris,je sais qui ils sont!Et ou ils vont!

C'est pourquoi j'ai du mal avec tout ce qui relève de l'ésotérisme.Et que j'évite les endroits que je ne ressent pas dans mon coeur.

Gros bisous,Léa.
Commentaire n°1 posté par LLéa le 28/07/2010 à 22h11

Quand on ne regarde pas la télé, on développe d'autres antennes ?

Réponse de Vieux Jade le 29/07/2010 à 08h34
Précision,

Ma belle maman est une femme très pieuse.
Rien a voir avec le Vatican.
Son église est celle du bien contre le mal.
Du aimer vous les uns,les autres.
Du non mensonge.
Du partage.
Du juste pour tout être vivants.


Bonne nuit,Léa.
Commentaire n°2 posté par LLéa le 29/07/2010 à 02h01

L'église du Christ, quoi. Pas l'église ruisselante d'or des marchands.

Réponse de Vieux Jade le 29/07/2010 à 08h35
Brrr !
A partir de maintenant, je mets des lunettes de soleil pour lire les messages de Lléa, tiens pas à être reconnu.

Pas d’expérience dans le domaine sinon des ressentis vis à vis des personnes, comme tout un chacun.

Une expérience marquante toutefois: dans un immeuble où je venais d’emménager, toutes les nuits nous étions réveillés par les cris d’une femme. Le mec piccolait, elle le raisonnait et pas en sourdine, elle ramassait une ou plusieurs baffes (faut ce qui faut). Il s’exprimait par grognements. Il y avait une pétition pour les virer.
Un jour je les ai croisés, j’ai fait le rapprochement entre ce couple et le bruit, la femme normale, souriante quoique marquée, semblant très accrochée à son mari, le guidant. Mais lui, à faire peur, attitude simiesque, lent, épaules relevées, dos voûté, tête rentrée, l’air faussement hagard, un yéti.
Je dis faussement, car il regardait les gens par en dessous et il émanait de la haine de ce regard et même de toute sa personne. Jamais subit ce tel ressenti haineux, c’était palpable, difficile à exprimer, cela venait de loin et plus intense que les coups de gueule qui peuvent exister ici ou là.
Je ne connais pas la suite, ma voiture ayant été forcée, pas la peine de demander par qui, j’ai déménagé dans la foulée, me sentant pas de taille à l’affronter, ni physiquement, il devait bien faire 30 kg de plus que moi, ni autrement, la comprenette semblant absente. Des personnes comme cela, les asiles doivent en être remplis.


Les yeux voient, le cœur sert de boussole et réagit.


Jérôme Boam
Commentaire n°3 posté par Jérôme Boam le 29/07/2010 à 15h40

Quand les flyers n'ont pas tout mangé, le coeur ouvre les yeux.

Réponse de Vieux Jade le 29/07/2010 à 15h57
Quand j'ai lu ce billet à sa parution, j'ai pensé à un ami qui excelle dans l'art de trouver des liens, des correpondances, et j'adorais l'écouter car c'est parfois assez stupéfiant, puis j'ai pensé: cela existe, mais ce n'est pas pour moi.
Aujourd'hui, je fais un lien, mais je me trompe peut-être.
Vous avez parlé de votre date de naissance....en août 54...
et ce n'est que maintenant que je réalise...je ne sais pas d'où je tiens ça ( dans un commentaire d'un lecteur qui vous nomme JP je crois) et là, maintenant, je réalise...si c'est bien votre prénom...j'ai perdu un frère qui s'appelait Jean-Pierre, il y a 31 ans... j'en avais 20, il avait 5 ans de plus que moi, et était né le 23 août 54...

Je n'ai pas l'habitude de faire cette sorte de lien, alors c'est peut-être n'importe quoi!
Commentaire n°4 posté par Narf le 31/07/2010 à 10h32

Mais je ne m'appelle pas JP, moi.

Réponse de Vieux Jade le 01/08/2010 à 09h38
Ha! C'était donc bien n'importe quoi! J'm'en doutais un peu. Vraiment, ce genre de coïncidence, c'est pas mon truc! C'est tout un art, qui se cultive patiemment, comme les mots d'esprit, l'humour, la perspicacité, etc...il me reste le plaisir de vous lire. Chacun à sa place, c'est très bien comme ça! Désolée Vieux jade de vous importuner avec mes confusions. J'essayerai d'y prendre garde à l'avenir. Hum! Promesse de Gascon? A votre place je me méfierai! On ne se refait pas, je crois.
Commentaire n°5 posté par Narf le 01/08/2010 à 14h32

Orients

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

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***

 

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***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


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***

 

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***

 

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***
 


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COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

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ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

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***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

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***  

 

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Des mots des mots des mots des

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Circuler, pour mieux s'ôter.

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Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

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Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

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Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

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Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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