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Nicolas Maes, la prière sans fin, 1656.
Une incroyable prière entendue dans ma jeunesse, lorsque quelque chose avait disparu :
Saint Antoine de Padoue,
Grand voleur et grand filou,
Rendez ce qui n’est pas à vous.
On m’assurait que de répéter cette délicieuse stupidité marchait. L’objet perdu réapparaissait.
Et pourquoi pas ?
Chaque communauté suscite un égrégore, avec ses lois propres. Chaque couple, chaque famille, chaque clan possède une culture commune, un embryon psychique qui a son système interne. Tout membre de ce genre de communauté convaincu par le martelage et l’asphyxie intellectuelle due à l'isolement, de la pertinence du système peut compter sur lui pour qu’il fonctionne ; et réciproquement, le système se nourrit de sa croyance, l'un s'appuyant sur l'autre comme les jambages d'une ferme de charpente
Ce n’est que lorsqu’il aborde d’autres systèmes pour des raisons du genre : mariage hors clan, service militaire, déménagement, promotion sociale, que le système préalablement accepté se fissure. Une fois le ver du doute dans le fruit, le transfuge constate qu’il était pourri. Ça ne marche plus.
Le nouveau système, s’il l’adopte, fera des merveilles. Il en sera content, traitant dès lors l’ancien de superstition. Préférera la poêle frire à St Antoine pour retrouver les sous du pépé même s'il ne fait que collectionner les clous rouillés et les vieilles boîtes de sardines.
C’est comme cela que nous fonctionnons. De certitude en nouvelle certitude, de système imparfait en système imparfait.
De l’avoir expérimenté me fait rejeter tous les systèmes. Mais prétendre vivre hors de tout système serait s’illusionner.
Entre l’homme d’un seul livre, comme de nombreux zélateurs de la Bible ou du Coran et Jorge Luis Borges, le presqu’aveugle qui avait tout lu, la distance est grande.
Mais aussi vaste et raffiné que fût l’esprit de Borges, il était encore probablement hanté par des bribes d’égrégores, des fantômes de systèmes, des lambeaux de croyances, ne serait-ce qu'au sujet de la nécessité de respirer. Après tout, ceux qui ont arrêté de respirer ne sont pas revenus s'en plaindre, non ?
Et pourtant, pour parvenir parfaitement nu à la porte de sortie, il faudrait avoir tout dévissé, toutes les idoles, déboulonner les certitudes les plus établies, passer aux rayons X les paysages les plus souriants. Le plus évident est peut-être le pire. Le plus familier le plus dangereux.
Tout dévaster, et que rien n’ait été retourné de fond en comble.
Une fois tout sens dessus dessous, bien reconnu, les diverses parties du Tout peuvent alors converser l'une avec l'autre comme en une prière simple et naturelle, comme l'eau coule, ce qui n'a plus rien d'un acte magique ou d'une croyance.
PS : L'idée d'invoquer saint Antoine pour retrouver les objets perdus vient du fait qu'un voleur qui lui avait dérobé ses commentaires sur les Psaumes se sentit obligé de les lui rendre (Ouiqui).
Après l’explosion
Nul ne l’a sue
Le jour d’après
Coule la lave
Brûlent les cendres
Lave la lave
Mange la louve
Larmes sans sel
De régime
Cuit et recuit
Frottent les cendres
Récurent
Pas encore nu,
Pas tout à fait ?
Restent des choses
Bien accrochées
Des salissures
De vieux fantômes
D’anciennes guerres
Qui peut le faire, si ce n'est toi ?
Nettoie
Les notes glissent
Comme des larmes
Gouttes de feu
Sur la paroi
Qui m’a volé le cœur ?
Qui m’a trempé vivant,
Comme une lame ?
Qui m’a fouetté les yeux,
M’a déchiré le ventre
Me baisant les paupières
Et m’enduisant de baume,
Me prenant par la main,
Pour me conduire
Dehors ?
LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR
NI BUT, NI QUÊTE
***
QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,
CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?
***
C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ
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LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?
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CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT
SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS
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QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT
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C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT
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CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR
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LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE
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L’ERREUR EST LA VOIE
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LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE
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LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE
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LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS
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LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR
C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;
CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,
CE SONT DONC DES PAUVRES ;
CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS
EST DONC LE VERITABLE RICHE.
***
VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS
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LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL
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LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES
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UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE
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UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER
RESTE UN DIAMANT.
MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT
EST DANS UN ECRIN DE SOIE,
ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.
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COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE
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DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX
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LE DEDANS REGLE LE DEHORS
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L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN
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LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,
L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES
Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.
Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.
Circuler, pour mieux s'ôter.
Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.
Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.
Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.
Les oiseaux sont les poissons du ciel,
nous en sommes les crabes
Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.
Un vrai sosie, c’est invraisemblable.
Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.
Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.
Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.
Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.
Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.
Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.
Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.
Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il est riche ?
La bouche est elle riche ?
Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?
Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.
On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.
Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.
Au matin, la nuit tombe de sommeil.
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