Partager l'article ! Gaffe aux leurres: Je ne sais pas si je vous l'ai dit : j'ignore la vérité. Ah, je l'avais pas dit ? &nbs ...
Je ne sais pas si je vous l'ai dit : j'ignore la vérité. Ah, je l'avais pas dit ?
Chaque pas me mène un peu plus loin, vers un lieu, un temps, un état dont je n'ai aucune connaissance précise. Comme vous, comme tout le monde, j'avance dans le brouillard. Parfois, ça se dégage un peu, il me semble distinguer des formes, là ça grimpe, parfois sec, là c'est casse-gueule, faut faire gaffe. Soudain un rayon de soleil perce le couvercle et réjouit le coeur, alors je vais plus vite, le coeur battant, je fais le plein, avant que la nuit n'avale tout. Et là, je ne sais plus, si j'ai rêvé, si c'était vrai, ou bien quoi d'autre...
Souvent je me raconte des histoires pour avoir moins peur, pour être moins seul, avoir moins froid. Je me les raconte, je vous les raconte aussi. Le monde est bâti sur des histoires. L'histoire d' Elzéard Bouffier en est une. Il y en a des millions, des milliards, qui se croisent et s'entrecroisent, depuis le premier matin, ce matin, peut-être, et là-dessus, le monde et la vie qui va avec se sont établis, comme une colonie d'insectes sur une feuille.
Alors moi, qu'est-ce que je sais, de ce qui est vrai, et n'est pas vrai ?
Quand quelqu'un raconte son histoire, c'est vraiment la sienne, du moment. Sauf que la sienne de demain ne serait sans doute plus la même. Qu'elle aurait un petit air de famille, mais...
Comme un rêve qu'on ne note pas dans l'instant du réveil. Une minute, une heure, un jour plus tard, c'est une autre histoire.
Les vieux peuples le savaient bien, puisque les jeunes bardes, les aèdes apprentis passaient de nombreuses années à apprendre par coeur les contes des temps anciens, puisque les copistes étaient menacés de malédiction en cas d'erreur. Tout est sujet à caution.
Je me méfie des channels comme de la peste. Certes, il sort des trucs du tuyau, mais qui le verse ? C'est souvent sucré, mais on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, rappelle la Sagesse.
Et pourtant, que suis-je d'autre, à ma manière, qu'un tuyau (je ne parle pas du tube digestif, il va bien, je vous remercie) ?
Car je sais bien, moi, que parfois ça coule un peu marron, du tuyau, selon l'humeur, l'alcoolémie, le degré de colère, ou de paix. Le porte-plume a plusieurs usagers. Qui écrit, aujourd'hui ?
Alors, quand je lis ces centaines - je ne les lis pas tous, Dieu m'en garde - de messages apaisants, comme celui-ci, je ne sais que penser.
Je n'en dis pas de mal. Je ne sais pas.
Ça me fait parfois un peu l'effet du père Noël, ou du marchand de sable.
Quand je lis en particulier le deuxième paragraphe de ce texte, je crains de distinguer, sous la blanche farine, de grosses pattes noires peu engageantes.
L'impression qu'on me berce, qu'on cherche à me faire dormir. Cette fameuse libération des femmes - on se souvient des propos qu' Aaron Russo prêtait à Nick Rockefeller - dont on constate de plus en plus la triste réalité : acte délibéré et provoqué pour éclater les familles et esclavagiser un peu plus les femmes maintenant souvent seules.
Pardonnez-moi si j'ai heurté un bibelot, ou si j'ai froissé un peu les tentures, mais j'ai un naturel enclin à regarder partout, à tout renifler.
Il y a le sucre, le miel, et les succédanés.
Par les temps qui courent, il me paraît prudent de regarder les choses avec un peu de recul. Notre désir commun de beauté, de paix et de justice peut facilement être appâté par des leurres. C'est comme ça que font les pêcheurs, rien de neuf.
Cela dit, je fais seulement part de mes impressions. Peut-être que ces gens-là sont clines, ipèrclines*, et qu'on est déjà au paradis. Même s'il m'arrive de dire des choses du même registre, bourrées d'optimisme parce que soudain, j'ai vu un bout de soleil, il me semble important de dire et redire qu'il faut être très prudent.
Dix, vingt ans que les channels patentés nous annoncent que tout est bien. La Terre est en feu ? Ce ne sont que des combats d'arrière-garde des affreux méchants. Zont rasé la Lybie, vont faire la barbe à l'Iran, à Chavez et autres lurons, ont saigné la Grèce et entament le reste de l'Europe, entassent les vaccins, préparent les puces, foutent des radars partout et multiplient les cognes, falsifient les élections, la bouffe, pourrissent l'air et l'eau, mettent les femmes et les enfants au tapin, torturent et violent dans les caves, mais tout va bien : l'amour est en train de gagner.
Peut-être, peut-être. J'aimerais bien.
Mais, avant de m'endormir pour de bon, j'attends d'en être sûr.
Après l’explosion
Nul ne l’a sue
Le jour d’après
Coule la lave
Brûlent les cendres
Lave la lave
Mange la louve
Larmes sans sel
De régime
Cuit et recuit
Frottent les cendres
Récurent
Pas encore nu,
Pas tout à fait ?
Restent des choses
Bien accrochées
Des salissures
De vieux fantômes
D’anciennes guerres
Qui peut le faire, si ce n'est toi ?
Nettoie
Les notes glissent
Comme des larmes
Gouttes de feu
Sur la paroi
Qui m’a volé le cœur ?
Qui m’a trempé vivant,
Comme une lame ?
Qui m’a fouetté les yeux,
M’a déchiré le ventre
Me baisant les paupières
Et m’enduisant de baume,
Me prenant par la main,
Pour me conduire
Dehors ?
LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR
NI BUT, NI QUÊTE
***
QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,
CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?
***
C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ
***
LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?
***
CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT
SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS
***
QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT
***
C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT
***
CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR
***
LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE
***
L’ERREUR EST LA VOIE
***
LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE
***
LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE
***
LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS
***
LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR
C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;
CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,
CE SONT DONC DES PAUVRES ;
CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS
EST DONC LE VERITABLE RICHE.
***
VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS
***
LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL
***
LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES
***
UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE
***
UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER
RESTE UN DIAMANT.
MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT
EST DANS UN ECRIN DE SOIE,
ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.
***
COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE
***
DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX
***
LE DEDANS REGLE LE DEHORS
***
L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN
***
LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,
L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES
Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.
Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.
Circuler, pour mieux s'ôter.
Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.
Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.
Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.
Les oiseaux sont les poissons du ciel,
nous en sommes les crabes
Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.
Un vrai sosie, c’est invraisemblable.
Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.
Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.
Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.
Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.
Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.
Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.
Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.
Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il est riche ?
La bouche est elle riche ?
Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?
Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.
On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.
Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.
Au matin, la nuit tombe de sommeil.
Derniers Commentaires