Partager l'article ! La foule: En guise de réponse succinte à ceux de mes lecteurs qui me trouvent illogique et inconstant, je n'ai qu'u ...
En guise de réponse succinte à ceux de mes lecteurs qui me trouvent illogique et inconstant, je n'ai qu'une seule réponse : je ne suis pas encore monos, un.
VJ est multiple. L'écrivain René Fallet disait qu'il avait deux veines : whisky et Beaujolais. C'est schématique, car il avait aussi une veine anisée, mais révélateur. Chez lui, le whisky ouvrait une personnalité tendre et sentimentale, le Beaujolais le rendait truculent. Superficiellement, on pourrait juger que c'est une girouette, soumise à tous les vents, tous les vins.
Au delà, on voit bien que le vieux Fallet était double, triple, multiple, comme nous tous.
Qui de vous est devenu Un ? Qu'il me jette la première bière.
Misérable suis-je, qui de tout ce qui m'a été donné comme nids à merde, n'ai pas encore réussi à en faire ce parfait chef d'oeuvre qui me permettrait peut-être de remporter l'épreuve.
Mais c'est que, comme un con, je me suis dit un jour que si je gagne tout seul, que deviendront les autres ? Les autres, c'est à dire : ceux que j'aime, et ceux que je déteste, mais que j'aime aussi. Z'auraient pas le droit de gagner ? On n'aurait rien appris depuis la course des spermatozoïdes ? On en serait restés aux courses de lévriers, au PMU, aux combats de chiens, de coqs, de gladiateurs ?
S'il y a la guerre dans ce monde, c'est parce qu'il y a la guerre en nous.
Si je ne parviens pas à aimer ce que je suis, et Dieu sait comme je suis nombreux, je suis en guerre. Un royaume divisé contre lui-même, disait le Christ.
Pourquoi ne pas aimer ce que je suis ? Pourquoi n'aimez vous pas ce que vous êtes ? Quand vous êtes tout et son contraire ? Pourquoi refuser d'être multiple ?
Il y a en chacun de nous un juge qui sépare ce qui est bien de ce qui est mal. Un juge qui sait, un juge qui juge, exclut et condamne.
Il suffirait de le foutre en l'air pour que ceux qui en nous sont exclus et hurlent depuis toujours réintègrent ceux qui en nous croient être justes. Pour que l'ombre épouse la lumière, il ne faut qu'une chose : dégommer le juge.
J'écris tout ce qui me vient. Parfois je gomme des trucs trop violents, ou même trop méchants parce que je ne veux pas blesser. Mais toutes les parties de moi, j'essaie de les laisser parler. Le savant, le gentil, le plaisantin, la brute, l'imbécile, le poète.
Être moine, monos, ce n'est pas qu'il ne reste plus parmi tous les concurrents qu'un vainqueur qui aurait enfin la parole.
Non.
C'est que toutes nos voix ne fassent qu'une. La voix du choeur.
Toutes nos voix, ce sont nos milliers, millions d'ancêtres, d'existences ou d'expériences. Les contraindre au silence serait se vouer à la stérilité.
Laissez vous parler, laissez vous aller. Seule la liberté intérieure permet de dégager la liberté dans le monde du dehors. Tout ce qui est déverrouillé du dedans ouvre des fenêtres sur l'espace.
Après l’explosion
Nul ne l’a sue
Le jour d’après
Coule la lave
Brûlent les cendres
Lave la lave
Mange la louve
Larmes sans sel
De régime
Cuit et recuit
Frottent les cendres
Récurent
Pas encore nu,
Pas tout à fait ?
Restent des choses
Bien accrochées
Des salissures
De vieux fantômes
D’anciennes guerres
Qui peut le faire, si ce n'est toi ?
Nettoie
Les notes glissent
Comme des larmes
Gouttes de feu
Sur la paroi
Qui m’a volé le cœur ?
Qui m’a trempé vivant,
Comme une lame ?
Qui m’a fouetté les yeux,
M’a déchiré le ventre
Me baisant les paupières
Et m’enduisant de baume,
Me prenant par la main,
Pour me conduire
Dehors ?
LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR
NI BUT, NI QUÊTE
***
QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,
CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?
***
C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ
***
LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?
***
CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT
SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS
***
QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT
***
C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT
***
CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR
***
LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE
***
L’ERREUR EST LA VOIE
***
LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE
***
LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE
***
LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS
***
LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR
C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;
CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,
CE SONT DONC DES PAUVRES ;
CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS
EST DONC LE VERITABLE RICHE.
***
VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS
***
LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL
***
LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES
***
UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE
***
UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER
RESTE UN DIAMANT.
MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT
EST DANS UN ECRIN DE SOIE,
ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.
***
COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE
***
DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX
***
LE DEDANS REGLE LE DEHORS
***
L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN
***
LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,
L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES
Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.
Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.
Circuler, pour mieux s'ôter.
Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.
Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.
Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.
Les oiseaux sont les poissons du ciel,
nous en sommes les crabes
Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.
Un vrai sosie, c’est invraisemblable.
Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.
Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.
Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.
Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.
Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.
Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.
Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.
Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il est riche ?
La bouche est elle riche ?
Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?
Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.
On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.
Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.
Au matin, la nuit tombe de sommeil.
Derniers Commentaires