Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 16:40

10 mars 2010 015
 

L’autre jour, j’en avais un peu assez d’être là tout seul sur cette chaise, j’ai décidé de convoquer tous mes moi, pour faire le point sur la situation.


Y’avait moi, bien sûr, moi, moi, et moi. Et moi, j’allais m’oublier, et c’est sûr que j’aurais pas été content. Parce que moi, j’aime pas du tout qu’on m’oublie. Moi, on me tient jamais au courant de rien est arrivé le deuxième, je crois.
 

Plus quelques autres qu’on a eu un peu de mal à dénicher. Moi je m’en fiche ne voulait pas venir, et moi foutez moi la paix j’ai sommeil non plus. Moi vous m’aurez pas comme ça a failli faire un esclandre, il a fallu lui refiler un album des Schtroumpfs. Moi ce que j’en dis et moi c’est la dernière fois que je vous le dis étaient d’accord, pour une fois mais moi pas et moi encore moins. Alors je me suis dit d’aller voir là bas si j’y étais, et je n’y étais pas, allez savoir pourquoi. Heureusement, il y avait le gros bouquin de Raymond Devos. Alors moi, je les ai laissé tomber, parce que moi, c'est pas mon problème.

Avant, ce genre de réunion avait lieu une fois toutes les trois années bissextiles, mais depuis que j’ai commencé à travailler sur ma psyché, comme dit mon docteur, c’est sans arrêt, trois ou quatre fois par mois. Et des mois, y’en a douze. Alors comptez pas sur moi ni sur moi, mais moi je viendrai c’est promis (pour une fois qu’ils ont pensé à moi !)

 

Il est bien gentil le docteur, mais moi comment je fais maintenant que tout ça se promène tranquillement ? Moi je croyais qu’il n’y avait que moi, moi quoi, pas moi, ni lui. Lui, c’est pas moi, faut pas confondre. On se ressemble ? Ah, c’est possible, mais moi c’est moi et lui c’est lui. Essayez de suivre quand on vous parle. Bon, j’en étais où, moi ? Non, pas toi, moi.

 

Enfin ça devient dur à gérer. Le docteur me dit de ne pas m’en faire, parce qu’il y a bien un moi qui va sortir du lot, mais c’est pas si simple. Parce que moi et moi, et moi surtout, sans même parler de moi, on n’est pas vraiment d’accord pour laisser la place, et à moi, surtout. Le docteur m’a dit : faites une coalition, un triumvirat, ou un parti si vous êtes trop, comme l'ump ou le parti socialiste (c'est vrai que ça marche bien l'ump et le parti socialiste). Oui, mais moi, j’ai pas du tout confiance en moi. Ni en moi, d’ailleurs. Alors moi, je réfléchis.

 

Il paraît (c’est le docteur qui me l’a dit) que chez des gens c’est encore pire, parce qu’ils ont des moi, et des moitiés de moi, des moi fragmentés. Oulala, les pauvres. Enfin, moi ce n’est pas mon cas. Mais des fois, moi, je me pose la question, pauvre de moi. Parce que s’il faut numéroter les morceaux, moi je déclare forfait.

 

Et moi donc !

 

 

 

 

Publié pour la première fois le 20 mars 2010.

Par Vieux Jade - Publié dans : attention ça pique - Communauté : Le Sarmiento
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Orients

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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