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"Non nobis Domine, non nobis sed nomini tuo da gloriam" était une devise templière. Ces gens prétendaient agir au nom de Dieu, pour sa gloire, pas pour eux-mêmes, leurs propres gloire ou intérêt.
Petit, j'apprenais que le roi saint Louis, celui qui rendait la justice comme un gland, non, je rigole, sous un chêne, se disait "lieutenant de Dieu".
Il n'est pas ici question de débattre des templiers ou de Louis Neuf, mais de rappeler un vieux concept, celui de l'homme accomplissant l'oeuvre de Dieu.
Pas question non plus de définir Dieu, l'Indéfini majuscule.
Parfois, des hommes s'attribuent cette tâche, cette fonction : faire l'oeuvre prétendument de leur Dieu sur la Terre. Ça peut justifier tant de choses, comme par exemple la ruine du monde par Goldman Sachs, dont le patron M. Blankfein disait accomplir "l'oeuvre de Dieu", que j'arrête ici l'épilogue.
Est lieutenant de Dieu celui qui en tient lieu sur Terre, ou qui tient un lieu en son nom. Lieutenant du royaume de France signifiait dans l'esprit du temps que Dieu avait confié ses intérêts à la famille des Capet, à charge pour eux d'en assurer l'intendance.
Intendants, voilà ce qu'étaient donc les rois. Certains plus que d'autres, puisque les Stuart d'Écosse étaient à l'origine des Stewart, des intendants, serviteurs principaux, régisseurs d'un domaine.
Difficile métier, délicate fonction que d'assurer la position du maître en son absence.
Les évangiles parlent à plusieurs reprises de l'intendant indélicat.
J'ai coutume de visionner une ou deux fois l'an la trilogie du Seigneur des Anneaux.
Cette année, il m'est apparu qu'une partie au moins de l'oeuvre - que j'ai résolu de relire in extenso pour la troisième fois en quarante ans (1 200 pages, le blog va en pâtir) - traite de cette question.
Il y a au moins deux histoires d'intendants dans le récit : celle de Sam, jardinier (Adam n'était-il pas jardinier ?) de Frodon, et celle des intendants du Gondor, dont les rois se sont dissipés dans la rêverie.
Je ne sais quand j'aboutirai - ni même si j'aboutirai et à quoi - mais je remarque ceci, d'emblée, que je pose comme jalons à votre méditation personnelle :
Sur l'ensemble des personnages, deux ont eu l'occasion de s'emparer de l'anneau maudit, et y ont renoncé : Sam, après qu'il ait cru Frodon tué par l'araignée, et le jeune fils de l'intendant, Faramir, après qu'il ait amené Frodon à son père.
Gandalf et la reine des Elfes ne l'ont pas fait non plus, mais parce qu'ils en connaissaient et redoutaient le pouvoir.
Aragorn aurait pu le faire, lui aussi. Mais il a depuis longtemps renoncé au pouvoir, et ne devient roi que contraint par les événements.
Cette histoire de l'anneau d'asservissement représente à mes yeux la lutte qui a lieu en notre intimité entre l'ego, l'intendant, et le Soi oublié, qui doit reprendre sa place, envers et contre tout, contre les pulsions dévastatrices, le goût de la domination, y compris par les voies tortueuses, et toujours, l'orgueil.
La plupart des hommes puent l'orgueil, et s'imaginent maîtres et responsables.
L'intendant qui se prend pour le roi, c'est la route de l'abîme, comme le montre Tolkien. Fou d'orgueil, littéralement embrasé de rage et d'orgueil, il se jette dans le vide, laissant sa place à deux couples clairement "alchimiques" : Aragorn et Arwenn*, image du Soi réalisé, Faramir et Eowenn, leur reflet terrestre, actif dans la matière.
Nous sommes tous lieu tenant de plus grand que nous, en notre minuscule et immense royaume, qui quelles que soit la contrainte à ses frontières ou ses guerres intestines, est notre héritage, la barque qui nous ramène au port.
* Une analyse linguistique doit être passionnante. Pas le temps, et peut-être que ça a déjà été fait par l'un ou l'une des millions de fans de Tolkien. Simplement, ici, on voit que Aragorn et Arwenn, sont de Ar, la montagne (monts d'Arrée, mont Ararat).
Arwenn et Eowenn sont g-wenn (gene-viève, guen-ièvre), blanches. Arwenn, en plus, est une elfe, alba, blanche.
Tout ça lié à la montagne blanche, le mont Meru, l'axe du monde, le pôle Nord.
Après l’explosion
Nul ne l’a sue
Le jour d’après
Coule la lave
Brûlent les cendres
Lave la lave
Mange la louve
Larmes sans sel
De régime
Cuit et recuit
Frottent les cendres
Récurent
Pas encore nu,
Pas tout à fait ?
Restent des choses
Bien accrochées
Des salissures
De vieux fantômes
D’anciennes guerres
Qui peut le faire, si ce n'est toi ?
Nettoie
Les notes glissent
Comme des larmes
Gouttes de feu
Sur la paroi
Qui m’a volé le cœur ?
Qui m’a trempé vivant,
Comme une lame ?
Qui m’a fouetté les yeux,
M’a déchiré le ventre
Me baisant les paupières
Et m’enduisant de baume,
Me prenant par la main,
Pour me conduire
Dehors ?
LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR
NI BUT, NI QUÊTE
***
QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,
CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?
***
C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ
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LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?
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CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT
SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS
***
QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT
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C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT
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CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR
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LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE
***
L’ERREUR EST LA VOIE
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LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE
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LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE
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LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS
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LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR
C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;
CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,
CE SONT DONC DES PAUVRES ;
CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS
EST DONC LE VERITABLE RICHE.
***
VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS
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LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL
***
LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES
***
UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE
***
UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER
RESTE UN DIAMANT.
MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT
EST DANS UN ECRIN DE SOIE,
ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.
***
COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE
***
DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX
***
LE DEDANS REGLE LE DEHORS
***
L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN
***
LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,
L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES
Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.
Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.
Circuler, pour mieux s'ôter.
Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.
Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.
Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.
Les oiseaux sont les poissons du ciel,
nous en sommes les crabes
Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.
Un vrai sosie, c’est invraisemblable.
Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.
Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.
Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.
Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.
Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.
Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.
Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.
Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il est riche ?
La bouche est elle riche ?
Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?
Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.
On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.
Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.
Au matin, la nuit tombe de sommeil.
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