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Il est d'usage lors de la nuit du Nouvel An "chinois", de tirer des pétards, des fusées, de sonner dans des trompes et de frapper des tambours, ou plus modestement les casseroles de la maison dans toutes ses pièces, afin d'en faire fuir les démons, monstres et autres vampires qui s'y sont tapis.
Telle est la coutume des millions - milliards - d'asiatiques qui fêtent ce soir le passage du passé au futur.
Hélas, cette coutume est entièrement vide de son sens. Vues les ombres qui s'étendent sur le monde, je ne suis pas certain que pétards et rumeurs de casseroles en aient raison.
Si la coutume demeure, son sens est perdu, comme l'est celui de la plupart des coutumes, des rites, des symboles, des légendes et des histoires anciennes.
En deux mille ans à peine, le sens des paroles du Christ, lui aussi a été perdu, sous les crachats, la boue, la crainte et la paresse.
Mme VJ est ailleurs, et célèbre à la manière taoïste ce passage d'un temps à un autre. Elle m'a laissé la tâche habituelle : faire grand bruit à la nuit tombée et laisser allumées des lumières, afin que nul endroit ne reste sombre cette nuit. Aucune ombre ne doit demeurer.
Des milliers d'années que ces gestes se répètent.
Des années que je le fais, pour ce que ça représente aux yeux de ma femme, et je m'y suis engagé, et pour ce que j'y trouve de symbole, aussi.
Bien sûr, chasser les démons, la noirceur, et tout mettre en lumière, cela fait envie.
Mais il y a quelques grains de sable dans la machine :
Comme dans les exorcismes, j'en ai vu quelques uns, et à certains j'étais participant, comme le dit le Christ à propos d'un possédé, il ne suffit pas de chasser les démons. Comme tout le monde, les présences hargneuses et pleines de ressentiment ont besoin d'un gîte. Où les chasser, sinon chez le voisin ?
Que fait d'autre la police de monsieur guéant, sinon éloigner ceux qui gênent ? Où est l'amour ?
Dans une autre tradition, le roi Guésar de Ling, s'il a tué une foule d'esprits mauvais, a prié longuement pour eux, afin qu'ils trouvent le chemin de la lumière.
Encore : que serions nous, si jamais nous n'avions connu que le sucre et le miel ? N'est-ce pas le danger, la peur, la menace, qui nous ont rendu conscients ? N'est-ce pas l'égoïsme et la violence qui nous ont ouvert le ventre et le coeur, éveillé à la compassion ?
Que sont les gens que nous chassons, sinon des gens qui n'ont aucun repos ?
Que serions-nous sans ces esprits jamais en paix, que nous prétendons chasser à coup de tambour, reléguer sans amour, loin de nos petites maisons proprettes ?
Ce soir, je taperai dans les casseroles, et laisserai les lumières allumées. Mais plutôt que d'éructer des borborygmes hostiles, je dirai : soyez en paix, vous qui peut-être hantez ces lieux. Soyez en paix, car sans vous, nous serions ignorants. Dissolvez-vous dans l'amour, car vous en êtes depuis longtemps privés, et nous aussi savons ce qu'est d'être privés d'amour. Dissolvez vous dans la lumière, car sans vous, nous ne saurions pas ce qu'est vivre dans le noir, la noirceur, et l'absence de lumière. Dissolvez-vous en paix, et soyez remerciés, car vous avez eu le rôle le plus obscur, le plus affreux, celui dont nul n'aurait voulu.
Dissolvez-vous dans le pardon, la lumière et la paix, et soyez le terreau des graines qu'aujourd'hui nous semons pour demain.
Soyez en paix.
Après l’explosion
Nul ne l’a sue
Le jour d’après
Coule la lave
Brûlent les cendres
Lave la lave
Mange la louve
Larmes sans sel
De régime
Cuit et recuit
Frottent les cendres
Récurent
Pas encore nu,
Pas tout à fait ?
Restent des choses
Bien accrochées
Des salissures
De vieux fantômes
D’anciennes guerres
Qui peut le faire, si ce n'est toi ?
Nettoie
Les notes glissent
Comme des larmes
Gouttes de feu
Sur la paroi
Qui m’a volé le cœur ?
Qui m’a trempé vivant,
Comme une lame ?
Qui m’a fouetté les yeux,
M’a déchiré le ventre
Me baisant les paupières
Et m’enduisant de baume,
Me prenant par la main,
Pour me conduire
Dehors ?
LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR
NI BUT, NI QUÊTE
***
QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,
CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?
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C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ
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LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?
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CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT
SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS
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QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT
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C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT
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CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR
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LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE
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L’ERREUR EST LA VOIE
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LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE
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LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE
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LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS
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LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR
C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;
CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,
CE SONT DONC DES PAUVRES ;
CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS
EST DONC LE VERITABLE RICHE.
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VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS
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LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL
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LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES
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UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE
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UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER
RESTE UN DIAMANT.
MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT
EST DANS UN ECRIN DE SOIE,
ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.
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COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE
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DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX
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LE DEDANS REGLE LE DEHORS
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L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN
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LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,
L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES
Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.
Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.
Circuler, pour mieux s'ôter.
Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.
Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.
Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.
Les oiseaux sont les poissons du ciel,
nous en sommes les crabes
Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.
Un vrai sosie, c’est invraisemblable.
Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.
Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.
Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.
Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.
Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.
Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.
Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.
Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il est riche ?
La bouche est elle riche ?
Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?
Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.
On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.
Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.
Au matin, la nuit tombe de sommeil.
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