Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 09:58

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Depuis le temps que je baroude dans les reliefs mouvementés de la condition humaine, j'ai réussi à fixer à peu près mon but.

 

Ici entré, d'ici je dois sortir. Et comment ? Dans quel état ? Vide ? Plein ? Comment savoir ?

 

Savoir suffit-il ?

 

Ce qui est vrai ici, maintenant, pour moi, puis-je être sûr qu'il en sera de même demain, pour moi, pour l'autre ?

 

Pourtant, les bibliothèques regorgent de traités. Mon blog, qu'est-ce d'autre qu'une suite d'affirmations - il y a de plus en plus de questions, cependant  - faites au gré de mon chemin, qui étaient vraies sur le coup, comme une pierre, un arbre ou une source sont vrais quand on marche dans le désert.

 

Sont-ils vrais encore ? Butera-t-on dans la pierre, boira-t-on l'eau de la source à l'ombre de l'arbre en le lisant ?

 

Ou ne sont-ce que des recettes, comme on en trouve dans tous les livres ?

 

Un exemple qui me fait souvent bondir : maître Lambda, célébrissime savant, incomparable guide, assis au coeur de l'oasis assène avec suavité qu'il n'y a rien à chercher, qu'il n'y a qu'à se laisser trouver.

 

Ce genre de phrases impressionne le néophyte qui s'en gargarise jusqu'au tréfonds. Quelle admirable sagesse !

 

Mais, arrêtez-moi si je suis médisant, qu'a t-il fait d'autre, le fameux maître Lambda, que de chercher toute sa vie, avant d'en arriver là ? De s'apercevoir qu'après avoir cherché sans cesse, d'avoir traversé le désert et d'être tombé sur la paix de ce coin d'ombre et de fraîcheur, soudain, il faut s'arrêter, qu'il n'y a rien à attendre, rien à chercher ?

 

S'il n'avait pas cherché, aurait-il découvert cette évidence ? Aurait-il buté sur cette pierre, bu l'eau sous l'arbre ? N'était-il pas dans le désert ? Aurait-il trouvé s'il était resté au lit ? Devant sa télé, aurait-il trouvé, été trouvé ?

 

On trouve dans les histoires des Pères du désert, vers le IVème siècle celle du moine qui, soudain illuminé, vint finir sa vie dans les bordels d'Alexandrie. N'est-ce pas une magnifique sagesse, que de trouver la paix dans le tourbillon de l'existence ?

 

Bordels qu'il avait peut-être quittés trente ans plus tôt, rongé par le doute, la culpabilité et toutes les misères. 

 

Facile pour celui qui est au coeur du labyrinthe de dire : pourquoi vous en faire, tout baigne ? A ceux qui sont encore à tourner et retourner dans les méandres. Mais toi, grand sage, tu y es venu comment, au centre, en hélico, en spoutnik, en claquant des doigts ?

 

Comme dans la recette du poulet aux carottes, on commence par la fin : prenez un poulet, trois carottes et une cocotte en fonte. Facile.

 

Explique moi d'abord ce qu'est un poulet, comment le trouver, l'élever, le garder des belettes et des renards, des chiens et des voisins faméliques, l'engraisser, le plumer, ou comment gagner les sous pour l'acheter. Et les carottes ? Et la cocotte ?

 

 

Par Vieux Jade - Publié dans : attention ça pique - Communauté : Le Sarmiento
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Assourdis sens

RESPECT : 

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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