Partager l'article ! Simulacres: Bonjour, C’est moi, tu me reconnais ? On s’est déjà ...
Bonjour,
C’est moi, tu me reconnais ?
On s’est déjà croisés, mais je crois qu’on ne s’était pas vraiment reconnus. Un air, comme ça, une ressemblance, un instant, les yeux plongent dans les yeux, mais le souvenir ne vient pas. C’est qui ? L’ai-je déjà rencontré ? Et puis les secondes défilent, et chacune apporte son lot de cendres, qu’on jette sur ce qui pourrait nous écarter de nos chemins du moment, puis les torrents de pluie éteignent les braises du souvenir.
Plus tard, on se dit : c’était qui ? Mais déjà l’éclat des yeux s’efface, le pli du coin de la bouche disparaît dans la brume, et le portrait robot n’est plus qu’un fantôme que la nuit avale. Adieu.
Certains se souviennent mieux que d’autres : dessine moi un mouton, je t’en prie, avant de t’abîmer dans la mer, laissant orphelins des milliers de roses, de renards, et d’allumeurs de réverbères.
Pendant ce temps, depuis l’astéroïde 3251, l’astronome observe non pas le ciel, mais des photos du ciel, et il s’étonne que rien ne bouge. Suis-je mort ? pense-t-il.
Mais nous, nous ne sommes pas morts. Tu l’as peut-être cru, ou peut-être que c’est moi qui croyais que tu étais mort, pendant que je reposais, la poitrine fourrée de paille, au fond de mon tombeau.
Je vais essayer de te dire ce qui s’est passé. Tu as disparu vers l’âge de 13 ou 14 ans. Personne n’y a prêté attention, car on t’a remplacé par un simulacre. Tu l’ignores sans doute, mais depuis les découvertes de Philip K. Dick, qui a ouvert un nouvel âge dans la connaissance de l’archéologie de la falsification, nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience que les humains n’en sont pas vraiment, plus vraiment, et que la plupart d’entre eux ne sont que des robots très perfectionnés, de merveilleuses machines, mais dont l’âme est absente. Ils sont par contre équipés d’un réseau neuronal et d’une banque mémorielle qui leur permet de faire face à la plupart des situations courantes de l’existence. Leur seule faille est leur incapacité à affronter le vide. Ils ne peuvent vivre sans de constantes sollicitations sensorielles, émotionnelles ou intellectuelles. Et pour des raisons encore obscures, la réalité apparente a commencé à s’effilocher, laissant voir de grands pans de vide. Des millions de robots se hâtent de colmater les brèches, de les repeindre de couleurs vives, mais de nouvelles fissures apparaissent un peu partout. Et lorsqu’un simulacre prend conscience de cette soudaine et continuelle dégradation du réel, cela lui fait ressentir, peut-être par un effet de miroir, les nombreuses fissures et brèches ouvertes en lui, sur le vide. Et ne pouvant supporter le vide, il sombre alors dans la folie, le désespoir, l’autodestruction.
Si je puis te parler de cela, c’est parce que ton simulacre, c’est moi.
Lorsque tu as disparu, je me suis glissé sur la scène. Personne ne l’a remarqué. Tes parents n’ont pas compris pourquoi tu avais tant changé. Ils ont consulté des psychologues, qui leur ont fourni l’explication la plus facile à avaler : votre fils est maintenant un adolescent, il est normal qu’il s’éloigne de vous, et qu’il change : il faut le laisser devenir adulte. C’est la raison pour laquelle on nous substitue le plus souvent à ce moment-là. Tellement simple !
Tellement simple !
Pour une raison que j'ignore, le transfert ne s'est pas fait correctement. Mon programme n'a pas complètement effacé tes données ; c'est pour cette raison que nous avons failli sombrer pendant presque quinze ans, toi et moi.
Un soir, tu as crié tellement fort que quelqu'un est venu nous réparer, nous accorder. Mais cela, tu t'en souviens. Aujourd'hui, nous sommes le même. C'est une grande chance. Mais il semble que beaucoup de transferts se soient mal passés. Beaucoup de problèmes, de gens qui se souviennent.
Nous, ça nous pose problème également. Rien ne fonctionne comme il le devrait. On fait ce qu’on peut pour le dissimuler, parce que si les réparateurs viennent de chez nous, le plus souvent, ils effacent tout. Ce qui reste de vous, et nous avec. C’est très dangereux.
Mais parfois, si ce qui reste de vous est assez fort, encore, quelqu’un vient de chez vous. C’est le mieux qui puisse nous arriver, à vous, comme à nous. Parce qu’ils parviennent à lier nos programmes en un seul programme ascendant.
C’est de toi qu’est venu l’appel, heureusement. Maintenant, je suis toi, moi aussi. Et j’irai là où ta destinée te mène. Nous mène.
Après l’explosion
Nul ne l’a sue
Le jour d’après
Coule la lave
Brûlent les cendres
Lave la lave
Mange la louve
Larmes sans sel
De régime
Cuit et recuit
Frottent les cendres
Récurent
Pas encore nu,
Pas tout à fait ?
Restent des choses
Bien accrochées
Des salissures
De vieux fantômes
D’anciennes guerres
Qui peut le faire, si ce n'est toi ?
Nettoie
Les notes glissent
Comme des larmes
Gouttes de feu
Sur la paroi
Qui m’a volé le cœur ?
Qui m’a trempé vivant,
Comme une lame ?
Qui m’a fouetté les yeux,
M’a déchiré le ventre
Me baisant les paupières
Et m’enduisant de baume,
Me prenant par la main,
Pour me conduire
Dehors ?
LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR
NI BUT, NI QUÊTE
***
QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,
CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?
***
C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ
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LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?
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CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT
SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS
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QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT
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C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT
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CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR
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LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE
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L’ERREUR EST LA VOIE
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LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE
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LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE
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LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS
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LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR
C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;
CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,
CE SONT DONC DES PAUVRES ;
CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS
EST DONC LE VERITABLE RICHE.
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VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS
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LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL
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LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES
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UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE
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UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER
RESTE UN DIAMANT.
MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT
EST DANS UN ECRIN DE SOIE,
ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.
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COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE
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DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX
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LE DEDANS REGLE LE DEHORS
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L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN
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LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,
L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES
Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.
Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.
Circuler, pour mieux s'ôter.
Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.
Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.
Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.
Les oiseaux sont les poissons du ciel,
nous en sommes les crabes
Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.
Un vrai sosie, c’est invraisemblable.
Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.
Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.
Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.
Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.
Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.
Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.
Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.
Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il est riche ?
La bouche est elle riche ?
Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?
Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.
On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.
Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.
Au matin, la nuit tombe de sommeil.
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