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Pour les cathares, le Père a créé tout ce qui Est, le seul réel, dont sont issus nos esprits, et le néant (nientz) a créé le monde faux et trompeur
auquel par nos sens nous croyons appartenir.
Il y a donc clairement, sans la moindre ambiguïté deux créations, l’une bonne, l’autre perverse.
Et donc aucun espoir de salut ou de rédemption dans ce monde. Le vrai but de la vie, existence après existence dans la roue des réincarnations, c’est d’en sortir.
La croyance en une amélioration du monde, dans l’évolution, le progrès, le point Omega de Teilhard de Chardin, tout cela leur aurait fait horreur, car pour eux, c'est la nature même du monde qui est truquée.
J’avoue (j’avoue beaucoup, ces derniers temps) que mon cœur est cathare. Et pourtant, que de beauté en cette vie ! Mais mon cœur me pousse sans cesse à m’éloigner, comme si ce monde qui m’a profondément ému n’était pas vraiment le mien…
Ca me ramène à l’insoluble problème du mal, ou Mal, avec majuscule. L’est-il vraiment, insoluble ? Peut-être pas, si on l'aborde avec simplicité.
Lorsqu' on examine les conditions qui nous régissent ici bas, on trouve la barre horizontale de l’espace, croisée à la barre verticale du temps. Abscisse et coordonnée limitant et définissant le contexte de notre équation terrestre. Rappelons que bien avant de servir d'enseigne aux légions catholiques, la croix figure partout et depuis l'aube des temps. C'est de cette croix qu'il s'agit. Espace, temps.
Que le mythe d’Odysseus, (j’espère – si Dieu me prête le temps et le courage – pouvoir un jour en proposer une lecture) appelle lui, la tapisserie de Pénélope, constituée d’une trame, et d’une chaîne.
Ces deux seules conditions donnent la cause réelle du mal, sans qu’il soit besoin de faire intervenir des volontés délibérées, des esprits ou des entités assoiffées dès l’origine de pouvoir ou de sang. Le mal métaphysique serait la résultante de ce croisement, le mal objectif son fruit naturel.
La première condition, qui a trait à l’espace, est que nous sommes séparés.
Si je te frappe, tu as mal, moi pas. Normal, je suis dans mon corps, toi dans le tien. Entre ces deux mondes clos, l’espace est infranchissable.
Si te frapper me permet de t’obliger à faire ce que j’ai décidé de ne pas faire moi-même, et que j’ai décidé de ne rien faire, je te rouerai de coups, jusqu’à ce que tu aies si peur de moi qu’un simple froncement de mes sourcils te mettra à la tâche illico. Ayant décidé qu’il est bon de ne rien faire et d’être servi, j’exercerai la plus grande violence jusqu’à avoir réuni un grand nombre d’esclaves soumis avec lesquels je conquerrai le monde.
La seconde est, comme le disait Plutarque, dans les « délais de la justice divine », donc dans la durée elle-même. Si je n’ai jamais mal, ça ne change jamais. Si, comme le boxeur vaincu de la nouvelle « Un steack » de Jack London, comme les caïds usagés et humiliés et les gorilles sur le retour, je m’aperçois de l’amertume de la vieillesse et du déclin, je saurai enfin le goût de l’échec, et ce sera une connaissance à retardement de l’illusion de la séparation. Voici que je sais maintenant ce que j’infligeais aux autres. Et dans l'hypothèse de vies successives, acceptée par les cathares et les premiers chrétiens, cette connaissance fait dès lors partie du patrimoine intime de l'âme renaissante. Je saurai confusément qu'un jour ou l'autre, on ressent ce que l'on fait aux autres.
Car même séparés, nous sommes un. C’est une connaissance métaphysique, bien sûr, ça ne se s’expérimente pas avec le simple mental.
Mais tant d’hommes et de femmes l’ont ressenti au cours des temps, avant de changer du tout au tout qu’on peut envisager raisonnablement d’en faire une base de pensée, à défaut de l’avoir connu par soi-même.
Et si nous sommes un, nul doute que le mal que je te fais, c’est à moi que je le fais en réalité.
C’est parce qu’il y a un décalage dans le temps que je ne ressens rien.
Ne ressentant aucune souffrance à infliger la souffrance, et au contraire une grande jouissance à dominer, pourquoi me priverais-je ?
Mais un jour où un autre, dans dix mille ans peut-être, je m’effondrerai sous le poids des souffrances infligées. Car toi et moi, nous sommes quand même demeurés le même, malgré espace et temps. C’est le cas de tous les grands criminels qui se sont repentis. C’est Saint Paul sur le chemin de Damas, Gilles de Rais à son procès.
Qui s’aperçoivent soudain qu’ils sont blessés à mort alors même qu’ils riaient de la joie du meurtre.
A cet instant, le temps s’arrête. Et le mal que je fais me revient aussitôt. Comment continuer à faire souffrir si ça me tord le ventre ?
Si j’en crois les textes mayas ou apocalyptiques, le temps viendrait à disparaître. J’ignore ce qu’est une existence sans temps : instantané, éternel, est-ce différent, est-ce concevable seulement ?
Mais si le temps vient à manquer, le délai disparaît et le retour de la sensation mauvaise est simultané. C’est une expérience que l’on peut faire sur son chemin, à un certain stade du voyage.
Pourquoi ne pas envisager que c’est imminent, au niveau collectif ?
Soudain, l’horreur – la conscience – envahit le tortionnaire. Nous sommes tous des criminels malfaisants et indifférents à nos saloperies.
Pourquoi ce luxe de moyens d’endormissement planétaire, si ce n’est que le dormeur s’éveille, et que la conscience lui revient ?
Ceux qui sont allés le plus loin dans l’éloignement et la domination, les plus endurcis, qui sont vraiment coupés de la Source sentent la contagion les gagner. Leur fin, la fin de leur orgueilleuse et sanglante solitude venir. Nul doute qu’ils soient prêts à tout, y compris à s’enfouir au plus profond de la terre avant d’y déclencher la dévastation, plutôt que de faire face à l’immense souffrance qu’ils ont infligée depuis des temps insondables.
Mais la question n’est plus là, elle a changé. Ont-ils encore les moyens de désamorcer ce qui les dépasse : l’arrêt du temps ? Car alors le boomerang les décapitera instantanément. A moins que la mansuétude divine ne les protège, car si j'en crois Hugo et d'autres, telle était leur tâche : forger et s'enfoncer dans un monde séparé, perdre le souvenir de leur origine.
Permettez-moi d’être visionnaire, au moins pour cette fois : c’est ainsi que je vois s’arrêter le carnage du monde. Par la suppression soudaine ou progressive des murailles de la subjectivité, qui se nomment : espace et temps.
Après l’explosion
Nul ne l’a sue
Le jour d’après
Coule la lave
Brûlent les cendres
Lave la lave
Mange la louve
Larmes sans sel
De régime
Cuit et recuit
Frottent les cendres
Récurent
Pas encore nu,
Pas tout à fait ?
Restent des choses
Bien accrochées
Des salissures
De vieux fantômes
D’anciennes guerres
Qui peut le faire, si ce n'est toi ?
Nettoie
Les notes glissent
Comme des larmes
Gouttes de feu
Sur la paroi
Qui m’a volé le cœur ?
Qui m’a trempé vivant,
Comme une lame ?
Qui m’a fouetté les yeux,
M’a déchiré le ventre
Me baisant les paupières
Et m’enduisant de baume,
Me prenant par la main,
Pour me conduire
Dehors ?
LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR
NI BUT, NI QUÊTE
***
QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,
CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?
***
C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ
***
LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?
***
CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT
SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS
***
QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT
***
C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT
***
CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR
***
LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE
***
L’ERREUR EST LA VOIE
***
LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE
***
LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE
***
LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS
***
LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR
C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;
CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,
CE SONT DONC DES PAUVRES ;
CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS
EST DONC LE VERITABLE RICHE.
***
VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS
***
LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL
***
LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES
***
UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE
***
UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER
RESTE UN DIAMANT.
MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT
EST DANS UN ECRIN DE SOIE,
ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.
***
COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE
***
DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX
***
LE DEDANS REGLE LE DEHORS
***
L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN
***
LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,
L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES
Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.
Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.
Circuler, pour mieux s'ôter.
Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.
Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.
Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.
Les oiseaux sont les poissons du ciel,
nous en sommes les crabes
Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.
Un vrai sosie, c’est invraisemblable.
Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.
Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.
Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.
Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.
Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.
Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.
Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.
Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il est riche ?
La bouche est elle riche ?
Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?
Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.
On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.
Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.
Au matin, la nuit tombe de sommeil.
j'ai lu ceci hier soir, et vient de l'envoyer à une amie qui
me demandait: "et les amours?"
"la connaissance que Dieu a du monde n'est que celle qu'il a de Lui-même car Lui seul se trouve dans l'existence universelle.Il faut donc que l'homme soit constitué selon la forme même de Dieu.Lorsqu'il le fit apparaître sous l'aspect individuel ,l'momme devient la propre théophanie de Dieu.Pour cette raison il ne voit dans le monde que la Beauté de Dieu et aime la Beauté En conséquence le monde est la Beauté de Dieu Lui qui est le Beau et l'Amant de la Beauté!ainsi celui qui aime le monde sous cet aspect l'aime t il par amour de Dieu, et n'aime en définitive, que sa propre beauté"
extrait du traité de l'amour d'Ibn Arabî
plus on aime dieu , plus on perçoit son amour
plus on perçoit son amour , plus on l'aime
"la balle du néant"
c'estjustement
le tome 1
des futur mystères de Paris
il y en a 9
(La balle du néant
Les ravisseurs quantiques
L'odyssée de lespèce
L'aube incertaine
Tetrock
Babaluma
Kali Yuga
Mine de rien
vous avez peut être préféré être prudent
Mine de rien j'ai lu les huits premiers dans la foulée
une de ces multiples fois
ou j'ai recommencé à lire
j'espère qu'il vous plaira
a propos de coincidence
votre article suivant du même jour
aborde quelle coincidence le sujet qui m'avait
comment dire
éberluée (je vous prie de reconsidérer ce mot comme approximatif)je pourrais dire outrée
dans le livre de Norman Spinrad dont je vous ai parlé
(il est parmi nous -he walked among us) sans trahir l'intrigue pour ceux qui voudraient le lire, une new-ageuse
Amanda met dans le même sac ( en l'occurence avatars représentatifs du zeigteist du moment ):
Ralf, le comique venu du futur,héros du roman et Jésus, Bouddha,Lucifer -KOI? - Prométhée,Hermes...et je ne sais plus trop qui encore j'ai rendu le livre.
pour moi il était synchrone car je m'intéressais justement au yoga du rêve
quand je choisis ce roman ou cette new ageuse
donne des cours de yoga du rêve ...
par contre j'étais pas fan de mettre lucifer avec jésus
pour une fois qu'en plus il gagne pas à la fin!
autre coincidence au moment (a peu près ) ou vous écrivez
cet article jeudi soir j'explique à une amie qu'il y a des connections tribales entre les personnes qui fontune même recherche, en l'occurence
"connais toi toi même"
et j'ai illustré mon propos en disant qu'elle et moi n'étions certainement pas dans les mêmes connections tribales que ce monsieur qui dit que ça ne l'intéresse pas........
imaginez ma tête quand j'ai lu ce deuxième article
surtout après avoir répondu au premier...
c'est drôle!
toons, qui devient le tome 7 à la place
de babaluma
Cela dit, je croyais à un rapport avec les Mystères de Paris d'Eugène Sue (XIXème), mais non, ça fait référence à Léo Malet, et c'est très fin, bien écrit, facile à lire, de l'humour, et effectivement, bien que ça se passe après Armagguedon, on se croirait chez Leo Malet. Bravo et merci.
heureuse que cette série vous plaise!