Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 08:30

oleron 2009 326
Pour les cathares, le Père a créé tout ce qui Est, le seul réel, dont sont issus nos esprits, et le néant (nientz) a créé le monde faux et trompeur auquel par nos sens nous croyons appartenir.

 

Il y a donc clairement, sans la moindre ambiguïté deux créations, l’une bonne, l’autre perverse.

 

Et donc aucun espoir de salut ou de rédemption dans ce monde. Le vrai but de la vie, existence après existence dans la roue des réincarnations, c’est d’en sortir.

 

La croyance en une amélioration du monde, dans l’évolution, le progrès, le point Omega de Teilhard de Chardin, tout cela leur aurait fait horreur, car pour eux, c'est la nature même du monde qui est truquée.

 

J’avoue (j’avoue beaucoup, ces derniers temps) que mon cœur est cathare. Et pourtant, que de beauté en cette vie ! Mais mon cœur me pousse sans cesse à m’éloigner, comme si ce monde qui m’a profondément ému n’était pas vraiment le mien…

 

Ca me ramène à l’insoluble problème du mal, ou Mal, avec majuscule. L’est-il vraiment, insoluble ? Peut-être pas, si on l'aborde avec simplicité.

 

Lorsqu' on examine les conditions qui nous régissent ici bas, on trouve la barre horizontale de l’espace, croisée à la barre verticale du temps. Abscisse et coordonnée limitant et définissant le contexte de notre équation terrestre. Rappelons que bien avant de servir d'enseigne aux légions catholiques, la croix figure partout et depuis l'aube des temps. C'est de cette croix qu'il s'agit. Espace, temps.

 

Que le mythe d’Odysseus, (j’espère – si Dieu me prête le temps et le courage – pouvoir un jour en proposer une lecture) appelle lui, la tapisserie de Pénélope, constituée d’une trame, et d’une chaîne.

 

Ces deux seules conditions donnent la cause réelle du mal, sans qu’il soit besoin de faire intervenir des volontés délibérées, des esprits ou des entités assoiffées dès l’origine de pouvoir ou de sang. Le mal métaphysique serait la résultante de ce croisement, le mal objectif son fruit naturel.

 

La première condition, qui a trait à l’espace, est que nous sommes séparés.

Si je te frappe, tu as mal, moi pas. Normal, je suis dans mon corps, toi dans le tien. Entre ces deux mondes clos, l’espace est infranchissable.

 

Si te frapper me permet de t’obliger à faire ce que j’ai décidé de ne pas faire moi-même, et que j’ai décidé de ne rien faire, je te rouerai de coups, jusqu’à ce que tu aies si peur de moi qu’un simple froncement de mes sourcils te mettra à la tâche illico. Ayant décidé qu’il est bon de ne rien faire et d’être servi, j’exercerai la plus grande violence jusqu’à avoir réuni un grand nombre d’esclaves soumis avec lesquels je conquerrai le monde.

 

La seconde est, comme le disait Plutarque, dans les « délais de la justice divine », donc dans la durée elle-même. Si je n’ai jamais mal, ça ne change jamais. Si, comme le boxeur vaincu de la nouvelle « Un steack » de Jack London, comme les caïds usagés et humiliés et les gorilles sur le retour, je m’aperçois de l’amertume de la vieillesse et du déclin, je saurai enfin le goût de l’échec, et ce sera une connaissance à retardement de l’illusion de la séparation. Voici que je sais maintenant ce que j’infligeais aux autres. Et dans l'hypothèse de vies successives, acceptée par les cathares et les premiers chrétiens, cette connaissance fait dès lors partie du patrimoine intime de l'âme renaissante. Je saurai confusément qu'un jour ou l'autre, on ressent ce que l'on fait aux autres.

 

Car même séparés, nous sommes un. C’est une connaissance métaphysique, bien sûr, ça ne se s’expérimente pas avec le simple mental.

 

Mais tant d’hommes et de femmes l’ont ressenti au cours des temps, avant de changer du tout au tout qu’on peut envisager raisonnablement d’en faire une base de pensée, à défaut de l’avoir connu par soi-même.

 

Et si nous sommes un, nul doute que le mal que je te fais, c’est à moi que je le fais en réalité.

 

C’est parce qu’il y a un décalage dans le temps que je ne ressens rien.

 

Ne ressentant aucune souffrance à infliger la souffrance, et au contraire une grande jouissance à dominer, pourquoi me priverais-je ?

 

Mais un jour où un autre, dans dix mille ans peut-être, je m’effondrerai sous le poids des souffrances infligées. Car toi et moi, nous sommes quand même demeurés le même, malgré espace et temps. C’est le cas de tous les grands criminels qui se sont repentis. C’est Saint Paul sur le chemin de Damas, Gilles de Rais à son procès.

 

Qui s’aperçoivent soudain qu’ils sont blessés à mort alors même qu’ils riaient de la joie du meurtre.

 

A cet instant, le temps s’arrête. Et le mal que je fais me revient aussitôt. Comment continuer à faire souffrir si ça me tord le ventre ?

 

Si j’en crois les textes mayas ou apocalyptiques, le temps viendrait à disparaître. J’ignore ce qu’est une existence sans temps : instantané, éternel, est-ce différent, est-ce concevable seulement ?

 

Mais si le temps vient à manquer, le délai disparaît et le retour de la sensation mauvaise est simultané. C’est une expérience que l’on peut faire sur son chemin, à un certain stade du voyage.

 

Pourquoi ne pas envisager que c’est imminent, au niveau collectif ?

 

Soudain, l’horreur – la conscience – envahit le tortionnaire. Nous sommes tous des criminels malfaisants et indifférents à nos saloperies.

 

Pourquoi ce luxe de moyens d’endormissement planétaire, si ce n’est que le dormeur s’éveille, et que la conscience lui revient ?

 

Ceux qui sont allés le plus loin dans l’éloignement et la domination, les plus endurcis, qui sont vraiment coupés de la Source sentent la contagion les gagner. Leur fin, la fin de leur orgueilleuse et sanglante solitude venir. Nul doute qu’ils soient prêts à tout, y compris à s’enfouir au plus profond de la terre avant d’y déclencher la dévastation, plutôt que de faire face à l’immense souffrance qu’ils ont infligée depuis des temps insondables.

 

Mais la question n’est plus là, elle a changé. Ont-ils encore les moyens de désamorcer ce qui les dépasse : l’arrêt du temps ? Car alors le boomerang les décapitera instantanément. A moins que la mansuétude divine ne les protège, car si j'en crois Hugo et d'autres, telle était leur tâche : forger et s'enfoncer dans un monde séparé, perdre le souvenir de leur origine. 

 

Permettez-moi d’être visionnaire, au moins pour cette fois : c’est ainsi que je vois s’arrêter le carnage du monde. Par la suppression soudaine ou progressive des murailles de la subjectivité, qui se nomment : espace et temps.

 

Par Vieux Jade - Publié dans : légumes verts
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Assourdissances

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

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QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

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C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

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***

 

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CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

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LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

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MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
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CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
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***
 


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COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

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EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

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SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

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LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

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L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

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Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

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