Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 15:39


gorges du Tarn mai 2009 294

L’usage juste de la parole


Au chapitre IV de la dernière partie des Voyages de Gulliver, intitulée « Voyage aux pays des Houyhnhnms », Jonathan Swift expose la rencontre de son héros, Gulliver, avec un peuple d’équidés évolués, propriétaires d’un bétail particulièrement dangereux et répugnants : les Yahoos. Ceux-là ressemblent beaucoup à Gulliver, comme nous ressembleraient des humains entièrement bestiaux et marchant à quatre pattes.

L’extrait que je présente ci-dessous a pour but d’ inciter à lire l’intégralité de cette œuvre. Ou à défaut, de prendre conscience que la morale d’un « honnête homme » anglais du XVIIIème siècle ne différait guère de celle que nous ont transmis les chefs indiens d’Amérique, en ce qui concernait la vertu de la parole vraie.


« Pendant que je prononçais ces dernières paroles, mon maître paraissait inquiet, embarrassé et comme hors de lui-même. Douter et ne point croire ce qu’on entend dire est, parmi les Houyhnhnms, une opération d’esprit à laquelle ils ne sont point accoutumés ; et, lorsqu’on les y force, leur esprit sort pour ainsi dire hors de son assiette naturelle. Je me souviens même que, m’entretenant quelquefois avec mon maître au sujet des propriétés de la nature humaine, telle qu’elle est dans les autres parties du monde, et ayant occasion de lui parler du mensonge et de la tromperie, il avait beaucoup de peine à concevoir ce que je lui voulais dire, car il raisonnait ainsi : l’usage de la parole nous a été donné pour nous communiquer les uns aux autres ce que nous pensons, et pour être instruits de ce que nous ignorons. Or, si on dit la chose qui n’est pas, on n’agit point selon l’intention de la nature ; on fait un usage abusif de la parole ; on parle et on ne parle point. Parler, n’est-ce pas faire entendre ce que l’on pense ? Or, quand vous faites ce que vous appelez mentir, vous me faites entendre ce que vous ne pensez point : au lieu de me dire ce qui est, vous me dites ce qui n’est point ; vous ne parlez donc pas, vous ne faites qu’ouvrir la bouche pour rendre de vains sons ; vous ne me tirez point de mon ignorance, vous l’augmentez. Telle est l’idée que les Houyhnhnms ont de la faculté de mentir, que nous autres humains possédons dans un degré si parfait et si éminent. »


L’œuvre de Swift a été longuement analysée et commentée, à toutes sortes de niveaux. Je n’y ajouterai évidemment rien. Ce bref passage me permettra simplement d’insister sur un point crucial du chemin de l’homme : ce qui est basé sur le mensonge, l’illusion, « ce qui n’est pas », est voué à la mort. Le vrai sens du mot chrétien « pécher » est : manquer la cible. Mentir, aux autres, ou à soi-même, n’est rien d’autre que s’enfoncer dans l’erreur. Ce qui revient à errer, se perdre. Innombrables sont ceux qui errent dans le refus et la peur de la vérité.


Augmenter l’ignorance, pour reprendre les mots de Swift n’est pas parler, mais dire ce qui n’est pas. Comment Être, dont la traduction en langage basique commence par « être en bonne santé », si nous grouillons de paroles fantômes qui disent « ce qui n’est pas » ?


Avant de consulter le corps médical, dont la science est entièrement matérialiste et par conséquent vénale, sans doute vaudrait-il mieux chercher en nous-mêmes où se dissimule le mensonge ? Comment vouloir la lumière, si nous bouchons les fenêtres de notre cave ?


Rien de plus facile, rien de plus difficile. Le plus facile est de tirer dessus quand on en a attrapé le bout. Le plus dur est de trouver le bout. Non pas qu’il soit caché bien loin. Les indiens appelaient ça : la langue fourchue. En relations internationales, ça s’intitule : diplomatie, traduit du grec : double langage. Mais pour voir le début du bout qui mène à la fin, il faut changer de lunettes. Et le genre de lunettes adapté n’est pas remboursé. Regardons quand même.


Comment changer le monde ?


Beaucoup disent que nous créons la réalité, et que nous pouvons donc la changer. Mais comment ? Il faut certainement se pencher sur deux questions : le projet, et les matériaux. Si la réalité est un assemblage de briques, et que nos briques sont défectueuses, le projet le plus grandiose ne tiendra pas. Il me semble que, depuis l’éternité le projet est toujours le même : une vie meilleure, un monde plus juste. Et on n’y parvient pas. Peut-être n’est ce pas dans le projet que réside le problème, mais dans la qualité des briques. Examinons les briques. Sont-elles faites de ce qui est, ou de ce qui n’est pas ?


Les briques servent aux projets les plus vastes comme aux plus simples. Vivre en famille est un vaste chantier. Vivre avec soi-même également. Ce sont pourtant les plus simples. Pourquoi est-ce si compliqué ?

Quels matériaux employons-nous ? Quelles sont les bases sur lesquelles sont établies nos relations, avec l’autre, avec nous ? Instruisons-nous, lorsque nous parlons, ou disons-nous ce qui n’est pas, en croyant nous protéger ou en retirer un profit ?


Tout ce qui est construit sur le mensonge fait mal. Notre seule possibilité de création se trouve à ce simple niveau. Certes, c’est moins excitant que de foutre le feu, mais la porte, la seule porte est là. Aucune autre, nulle part.

La violence n’est qu’une forme cristallisée du mensonge. Le mensonge (racine MEN, l’homme) est la source de tous les maux, qui en découlent dans un enchaînement imperturbable. Pourquoi se plaindre des effets, quand on pourrait soigner la cause ?


Tant qu’on trouve des avantages à vivre dans le mensonge, pourquoi changer ? La maison brûle. Tout le monde a chaud, tout le monde a mal. Pourquoi attendre de sortir de l’état de Yahoo ?


Par vieux jade - Publié dans : féculents
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Commentaires

Le mensonge peut-il être pieux ?

Il y a cette ancienne parabole indienne, du père qui promet de beaux jouets à son petit enfant qui, ne connaissant pas le danger, ne veux pas sortir de leur maison en flamme.

Ceci dit, le quotidiens me rappel souvent une parole de Tatanka Yotanka répondant à un général U-S venu le chercher au canada pour qu'il s'installe dans une "réserve" :

"Vous me croyez dupe, mais vous l'êtes bien plus que moi".
Commentaire n°1 posté par the Passenger le 04/02/2010 à 23h03
L'enfant indien n'a t-il pa eu des beaux jouets? Même si ce n'est pas le cas, ce n'est pas un mensonge, c'est un moyen efficace d'arriver à un heureux résultat.

Oui, celui qui ment est déjà sa propre dupe. Mais ce monde doit aller au bout du mensonge pour en découvrir tout le vrai suc.
Réponse de vieux jade le 05/02/2010 à 06h58
Bonsoir,

C'est a cause des mensonges que notre monde est tel qu'il est aujourd'hui et qu'il cours a sa perte.
La vérité est le moule Divin qui dans l'Amour façonne nos jours,ou avec la même précision fait l'aile pour voler ou crée l'oeil pour regarder.

Le pain du mensonge est doux a l'homme,mais laisse la bouche remplie de graviers.

Pourquoi mentir?La vérité est bien plus simple et amusante.
Mentir fait des noeuds dans la tête.
Je n'aime pas démèler les noeuds,ceux que les autres ont dans leurs têtes.

Bonne soirée,Léa.
Commentaire n°2 posté par Léa le 05/02/2010 à 00h15
Bonsoir,

Ah,Léa,relit toi!

Je n'aime pas démèler les noeuds?
Si,si,j'aime démèler les noeuds.
Mais ai je le droit de le faire chez les autres?
Non!

Cordialement.Léa.
Commentaire n°3 posté par Léa le 05/02/2010 à 23h33
Si parfois. Parfois on peut aider à démêler, mais uniquement quand il ne manque plus que ça et que la personne demande. Même à ce moment là, ce serait indigne de ne pas le faire.
Dans Tintin (vol 714 par exemple) lorsque Milou a fini de grignoter les liens de Tintin, celui-ci à son tour détache les autres. Et encore, une personne peut demander, mais ne pas être prête. Là il serait inconscient et dangereux de la libérer. Donc, comme disait le grand initié Fernand Raynaud: ça dépend...
Réponse de vieux jade le 11/02/2010 à 08h39

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Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

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UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

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SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

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LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

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L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

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LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


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Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

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Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

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Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

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