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Aimez-vous Manset ?
Dans une chanson de la face 2 de la "Mort d'Orion", les choeurs alternent ces deux mots en miroir : Toujours / Jamais...
Tout en ce monde nous renvoie à ces deux murs, ces deux gouffres. L'empire de la peur est construit dessus.
Et pourtant... la vie est un songe, non ?
Big Brother asseoit son empire sur la peur, comme Simon de Montfort et les croisés l'ont fait en pays cathare. S'ils ont triomphé dans la chair, comme ont triomphé les conquérants de toutes les époques, c'est en cédant peu à peu de leur royauté intérieure.
Au point que l'empire américain, en guerre terminale contre le reste du monde en arrive aujourdhui à promulguer des lois qui criminalisent son propre peuple s'il ne lui donne pas raison dans sa folie.
Que nous sommes loin de l'antique représentation du Roi assis calmement sur le trône des vertus, dont les sujets vivent dans la mesure et le contentement...
Les rois du jour hurlent et condamnent, frappent et gesticulent, décrétant tromperies et génocides légaux. Leur royaume de cendre et de sable se lézarde et leur trône vacille sous l'inexorable assaut de Saturne, qu'ils croyaient leur allié, et se révèle ennemi.
A notre niveau individuel, Saturne dévoyé se décline dans ces promesses fallacieuses : Toujours/ Jamais.
Je t'aimerai toujours / ne te quitterai jamais.
Qui ne l'a pas dit / entendu ?
Ici réside l'essence du mensonge. Comment une créature d'argile ignorante de sa nature peut-elle engager quoi que ce soit sur une durée dont tout lui échappe ?
Maîtrise-t-elle le froid, la pluie, le gel, le feu du soleil et le vent, qui toutes la réduiront à poussière ?
Comment promettre avant d'être parvenu à l'inextinguible noyau ?
Ce qui vaut en amour vaut partout.
N'avez-vous pas rencontré, n'êtes-vous pas de ces gens de droite soudain honteux de leurs idées de gauche, ou de ces gens de gauche qui se surprennent à voter à droite, de ces hétérosexuels convaincus hier troublés par un visage ou une silhouette impossible, de ces athées bouleversés par une émotion sacrée, de ces croyants jetés dans le désert du doute ?
Toujours / Jamais, c'est un mensonge. Comment exiger d'une statue d'argile friable, presqu'aussitôt morte que faite un contrat éternel ?
Comment lui imputer un enfer éternel, comment vouer une éternelle malédiction à une poupée de chiffons ?
Mensonge, mensonge, mensonge.
La culpabilisation est l'une des meilleures armes que l'adversaire (une partie de nous-même) ait jamais inventée pour nous maintenir à terre.
Coupable, dit-il.
Même si je ne le suis pas, ce coup de poignard déchire mes chairs. Le temps que je passe à m'en protéger et à tenter de prouver ma bonne foi, il m'a retourné et lié les mains dans le dos.
Curieusement, la notion de "présomption d'innocence" se fait jour dans un monde trouble et troublé, en mutation accélérée. Est-ce un hasard, une anecdote, ou le reflet de bien plus grand, bien plus ancien, le début du retour à l'Innocence elle-même ?
Nous sommes jetés sur cette terre, cette planète, cet univers exigu, cette condition servile, avec un panneau au cou : "COUPABLE".
Jusque là, écrasés par ce fardeau, les épaules à terre, nous avons fait front bas, et cherché à nous en disculper dans l'humilité ou la révolte.
Aujourd'hui, nous voyons qu'un partage se fait entre ceux qui dans leur folie rêvent de demeurer ici pour toujours, juchés sur le dos des autres, réduits à l'impuissance, et ceux, l'immense majorité, qui voudraient n'être jamais descendus si bas, dans ce cloaque. Toujours/ Jamais.
La fin des temps, c'est aussi la fin de ces conceptions d'une éternelle promesse, ou d'une éternelle malédiction, son inverse, pour découvrir enfin que la vie n'est que mouvement.
Si la vie est mouvement, pourquoi devrions-nous demeurer toujours figés au même lieu, aux mêmes certitudes, aux mêmes promesses poussiéreuses ?
Pourquoi demeurer fidèles à des fantômes ? Accrochés aux morts, comme des vampires ? Aux traditions ? A des contrats bidon ? Des formes désuètes ? Des traités fallacieux ?
Pourquoi traîner le passé quand le passé s'effondre ?
Comme dit une histoire ancienne, quand on a traversé la rivière, on laisse le bateau sur la rive.
La vie n'attend pas ceux qui se complaisent dans les cimetières. Les banques et les états sont des charniers où pourrit le sang des morts, la Vie n'y a rien à faire.
Laissons les morts enterrer les morts.
La Vie est déjà là, au coin de la rue, au prochain détour, au prochain sourire. Elle n'attend pas.
Après l’explosion
Nul ne l’a sue
Le jour d’après
Coule la lave
Brûlent les cendres
Lave la lave
Mange la louve
Larmes sans sel
De régime
Cuit et recuit
Frottent les cendres
Récurent
Pas encore nu,
Pas tout à fait ?
Restent des choses
Bien accrochées
Des salissures
De vieux fantômes
D’anciennes guerres
Qui peut le faire, si ce n'est toi ?
Nettoie
Les notes glissent
Comme des larmes
Gouttes de feu
Sur la paroi
Qui m’a volé le cœur ?
Qui m’a trempé vivant,
Comme une lame ?
Qui m’a fouetté les yeux,
M’a déchiré le ventre
Me baisant les paupières
Et m’enduisant de baume,
Me prenant par la main,
Pour me conduire
Dehors ?
LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR
NI BUT, NI QUÊTE
***
QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,
CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?
***
C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ
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LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?
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CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT
SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS
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QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT
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C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT
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CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR
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LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE
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L’ERREUR EST LA VOIE
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LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE
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LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE
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LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS
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LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR
C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;
CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,
CE SONT DONC DES PAUVRES ;
CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS
EST DONC LE VERITABLE RICHE.
***
VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS
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LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL
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LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES
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UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE
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UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER
RESTE UN DIAMANT.
MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT
EST DANS UN ECRIN DE SOIE,
ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.
***
COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE
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DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX
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LE DEDANS REGLE LE DEHORS
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L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN
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LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,
L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES
Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.
Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.
Circuler, pour mieux s'ôter.
Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.
Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.
Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.
Les oiseaux sont les poissons du ciel,
nous en sommes les crabes
Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.
Un vrai sosie, c’est invraisemblable.
Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.
Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.
Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.
Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.
Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.
Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.
Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.
Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il est riche ?
La bouche est elle riche ?
Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?
Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.
On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.
Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.
Au matin, la nuit tombe de sommeil.
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