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Dans leur ouvrage « Anthologie du chamanisme », Jeremy Narby et Francis Huxley citent Malidoma Patrice Some, homme-médecine et devin au Burkina Faso, titulaire d’un doctorat en Sorbonne
(grand écart ?). Parlant de l’envoi de projectiles invisibles, les lobie (singulier, lobir), il
indique la méthode pour s’en défendre : « De la même façon qu’on doit porter un gilet pare-balles pour ne pas être atteint par des projectiles,
on peut avoir un gilet « pare-lobie » magique tout autour de son corps. Toutefois, contrairement au gilet pare-balles, le gilet « pare-lobie » est sans faille. Une fois construit
sur le modèle du système énergétique du corps, il devient une partie de l’individu pour tout le temps qu’il lui reste à vivre. Qui plus est, quiconque envoie un projectile contre une personne qui
bénéficie d’une telle protection risque de se voir frappé en retour par son propre lobir, étant donné que ce gilet a le pouvoir de défléchir la trajectoire du projectile nocif en direction de
celui qui l’a lancé, ce qui est extrêmement dangereux pour celui qui a fait le mal car, comme on dit dans ma tribu, il est impossible de se défendre
contre son propre projectile une fois qu’on le reçoit en retour ».
Plus loin, il écrit : « Quiconque dans ma tribu ignore ce genre d’avertissement sous prétexte qu’il ou elle se sent invulnérable, n’exhibe qu’une dangereuse vanité ».
Je voudrais pourtant rapporter ici une curieuse histoire qui dément cette dernière affirmation, et m’a été racontée il y a quelques années par un vieil ami de toute confiance, et dont je ne mets pas la parole en doute. Nous parlions de chance, de protection, de guidance, de destinée, bref de ce qui apparaît souvent dans nos existences comme l’intervention de plus sage et de plus puissant que nous.
« Au moment de mon divorce, ma vie a été perturbée par le départ soudain de ma femme, mais aussi par une situation financière délicate, et une crise intérieure intégrale. Loin de me révolter, j’étais prêt à tout accepter. Dans ce marasme, j’ai rêvé une nuit que j’étais dans une cage, comme un oiseau, et que la porte venait de s’ouvrir. Ca m’a remonté le moral.
Un jour, lisant une revue d’ésotérisme – tu sais que j’ai toujours été attiré par le caché – je tombe sur une annonce. Un cercle tenait une conférence dans un hôtel dans le but de dispenser un enseignement. N’ayant rien d’autre à faire, je m’y rends. Il y avait 4 conférenciers, deux couples d’environ cinquante ans, et une dizaine de gens dans le public. Après deux heures de discussion alléchante, je m’inscris, ainsi qu’une partie du public. Les cours étaient donnés dans un petit hameau de montagne, où l’un des deux couples avait sa résidence, à raison d’un week-end mensuel.
J’ai passé un an de manière studieuse, à étudier et travailler, tant lors des cours que chez moi, seul, le reste du temps. Comme il se doit, j’ai fabriqué divers ustensiles utiles au travail, mais là-dessus, je ne souhaite pas m’étendre. Car, bien sûr, j’ai juré le secret, et ça reste un engagement.
Peu à peu, l’objectif se dessinait, ainsi que le caractère de chacun des protagonistes. Le but était de former un temple, une loge mixte assez importante pour procéder à certaines cérémonies requérant un minimum de participants. Le moteur de l’action était un personnage plutôt emphatique et brutal, S. dont la femme était l’ombre. Dans l’autre couple, L. était l’érudit, le spécialiste des formules, nettement plus sympathique et discret.
Fonctionnant par couples, j’avais une soror mystica que j’aimais beaucoup, et qui avait une vingtaine d’années de plus que moi, M. En dehors des cours, nous restions fréquemment en contact par téléphone ou par lettre (la toile étant alors inconnue).
Au bout d’environ 18 mois, nous fûmes jugés aptes à l’initiation, formulée comme je l’ai dit sous le sceau du secret, sous peine de mort, ce qui reste un peu impressionnant, même si certaines réunions en costume égyptien tenaient plutôt du grand guignol. Le temple lui-même était une vieille grange noire et humide, et j’y sentais fréquemment une présence assez fraîche.
Mais à cette époque, je m’interrogeais sur le véritable but de cette mascarade. S. était très intelligent, mais d’une rare brutalité : un jour où je parlais de la Vierge, il tonna : Cette pute !
Or, si je ne suis plus un enfant de chœur, j’ai toujours conservé en moi une forte impression de la pureté des symboles de la religion qui m’a été transmise dans mon enfance.
De type herculéen, il racontait volontiers comment il avait des relations sexuelles à neuf ans. Je lui dois de m’avoir fait connaître la géomancie, mais son contact, comme celui de sa femme, son véritable écho, me hérissait de plus en plus.
Un jour, nous rencontrâmes des gens d’un autre temple, et je suppose que de grands projets furent mis sur pied. Nous étions plus de vingt. Lors d’un déplacement dans la ville de ce second groupe, je fus hébergé chez une femme mariée, F. dont le mari était absent. Elle était d’un format conséquent dont je n’ai jamais été friand. Elle ne me fit pas d’avances, ou alors je n’ai rien vu mais, peut-être pour se faire valoir, elle fit courir le bruit que j’avais été pressant à son égard, voire importun. Evidemment, j’étais le dernier à m’en douter.
Il y eût deux ou trois rencontres de ce genre, au cours desquelles la volonté de puissance de S. s’étalait de façon de plus en plus flagrante. Je me demandais à chaque fois combien de temps j’allais rester. Partir n’était pas simple non plus. Un jour, de retour chez moi, le téléphone sonna : S., très énervé, me dit : écoute, il y a un problème avec toi, F. ne cesse de se plaindre de ton comportement, tu passes ton temps à l’importuner, ça suffit.
Stupéfait par cette accusation complètement dingue, je balbutiai des protestations indignées, mais S. me conseilla de me tenir à carreau avec elle, et raccrocha.
Je restai éveillé une bonne partie de la nuit, partagé entre espoir et perplexité et pris finalement ma décision. Le lendemain, je pliai soigneusement mes effets et ustensiles de cérémonie dans un carton de la poste, rédigeai une lettre exposant mon refus d’être sermonné comme un gamin pour une faute imaginaire, mon désaccord de fond avec la personnalité de S. et mes doutes sur les objectifs généraux de ce groupe, et envoyai le tout à destination.
Silence radio, à l’exception de quelques contacts avec ma soror. En m’évaporant, j’avais foutu le plan en l’air. Ils avaient juste le nombre de couples requis, il leur fallait maintenant former un autre néophyte. Deux ans de gâchés.
Une nuit, quelques semaines plus tard – la vengeance est un plat qui se mange froid -, alors que je dormais tranquillement, je me réveillai soudain avec un sentiment d’urgence absolue, tous les sens en alerte. Le réveil affichait ses grands chiffres rouges : 1.51.
Dans un état second, je vis à l’intérieur de mon esprit se dérouler la scène suivante : un missile rouge arrivait droit sur moi. Alors, sans la moindre intervention consciente jaillit de mon corps une coque bleue totalement hermétique, qui fila à la rencontre du missile, lequel fut pulvérisé sans que je subisse le moindre dommage.
Un peu étonné tout de même, je finis tranquillement ma nuit.
Le lendemain soir, j’eus un appel de M. : « Tu sais ce qui est arrivé à S. ? La nuit dernière, il a failli mourir d’un empoisonnement du sang, il a été emmené d’urgence à l’hôpital, entre la vie et la mort. »
Je me gardai bien de lui raconter ce que je viens de relater. »
Si cette histoire confirme clairement le principe du « projectile invisible » ou mauvaise magie à distance, et d’une sorte d’armure magique elle contredit cependant la seconde affirmation de Malidoma Patrice Some.
Jean, qui m’a raconté cette histoire vécue m’a bien assuré qu’il n’avait jamais cherché à développer quelque système de protection, qu’il n’était ni inquiet ni prévenu de quoi que ce soit, et que cet étrange phénomène s’était produit spontanément et instantanément, sans intervention de sa volonté consciente.
On peut raisonnablement en déduire que les hommes (et les femmes, encore plus, sans doute) – certains humains peut-être, sinon tous – sont nettement mieux armés contre le danger, la malveillance et l’adversité qu’eux-mêmes ne le croient.
Connais-toi toi-même…
PS : merci à Marie pour le beau "vilain requin" qui terrifie mes petits bonshommes de la photo.
Après l’explosion
Nul ne l’a sue
Le jour d’après
Coule la lave
Brûlent les cendres
Lave la lave
Mange la louve
Larmes sans sel
De régime
Cuit et recuit
Frottent les cendres
Récurent
Pas encore nu,
Pas tout à fait ?
Restent des choses
Bien accrochées
Des salissures
De vieux fantômes
D’anciennes guerres
Qui peut le faire, si ce n'est toi ?
Nettoie
Les notes glissent
Comme des larmes
Gouttes de feu
Sur la paroi
Qui m’a volé le cœur ?
Qui m’a trempé vivant,
Comme une lame ?
Qui m’a fouetté les yeux,
M’a déchiré le ventre
Me baisant les paupières
Et m’enduisant de baume,
Me prenant par la main,
Pour me conduire
Dehors ?
LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR
NI BUT, NI QUÊTE
***
QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,
CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?
***
C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ
***
LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?
***
CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT
SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS
***
QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT
***
C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT
***
CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR
***
LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE
***
L’ERREUR EST LA VOIE
***
LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE
***
LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE
***
LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS
***
LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR
C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;
CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,
CE SONT DONC DES PAUVRES ;
CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS
EST DONC LE VERITABLE RICHE.
***
VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS
***
LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL
***
LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES
***
UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE
***
UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER
RESTE UN DIAMANT.
MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT
EST DANS UN ECRIN DE SOIE,
ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.
***
COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE
***
DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX
***
LE DEDANS REGLE LE DEHORS
***
L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN
***
LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,
L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES
Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.
Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.
Circuler, pour mieux s'ôter.
Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.
Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.
Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.
Les oiseaux sont les poissons du ciel,
nous en sommes les crabes
Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.
Un vrai sosie, c’est invraisemblable.
Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.
Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.
Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.
Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.
Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.
Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.
Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.
Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il est riche ?
La bouche est elle riche ?
Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?
Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.
On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.
Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.
Au matin, la nuit tombe de sommeil.
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