Mardi 27 avril 2010 2 27 /04 /Avr /2010 08:22

 

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Le présent récit rassemble des épisodes vécus à des époques différentes, réunis et revécus avec un sens nouveau lors d’une séance de rêve éveillé fait en juillet 2007 sous la direction de Bernadette Blin et Francis Lery.

 

Pour une bonne compréhension, je dois donc tout d’abord exposer quelques faits du passé.

 

A une certaine époque de mon existence, j’habitais dans une grande maison dans laquelle j’avais réalisé des chambres d’hôtes. J’avais environ trente ans, célibataire, avec un fort penchant pour l’alcool, dont j’essayais alors de me défaire.

 

Parallèlement, je menais cette quête obstinée qui me taraude depuis l’enfance.

 

Un jour d’été, pas de réservations, passent des copains et nous voici partis à boire. Soudain, parmi les rires, un coup de sonnette. A moitié ivre, je décide de ne pas donner de chambre.

 

Je sors, et trouve un homme seul dans la cour, sans voiture ni bagage. Il me demande une chambre, je lui réponds que je suis complet, et retourne finir ce qui était en cours. A peine la porte refermée, je me rends compte que piégé une fois de plus par l’alcool, ou par le démon qui en moi aime l’ivresse, j’ai refusé l’hébergement à quelqu’un qui me demandait l’hospitalité. Donc, quelques secondes après avoir refermé ma porte sur un refus, et avoir fait en un clin d’œil le triste constat de mon indignité, j’ouvre à nouveau la porte pour dire à cette personne qu’en fait, j’ai quand même une chambre.

 

Dans la cour, personne. Impossible, il était là il y a quelques instants. Je descends un peu le chemin pour voir s’il n’est pas en train de rejoindre une voiture : rien.

 

Cette séquence impossible m’a poursuivi longtemps. J’ai vu en cet homme un ange, un envoyé, un messager. Et c’est probablement ce qui m’a le plus aidé à sortir de l’alcool.

 

Beaucoup plus tard, il y a quelques années, j’étais dans une autre maison. Ma voiture est garée dans une grange ancienne, avec des poutres sur lesquelles des pigeons ont construit des nids, à une telle hauteur que je n’ai pas d’échelle assez longue pour les déloger.

Et bien sûr, chaque matin, ma voiture est souillée d’excréments frais.

J’essaie de faire fuir les intrus en leur jetant des bouts de bois, mais en vain. Ils se moquent de moi.

Un jour où la voiture était particulièrement sale, et que j’étais vraiment pressé, la rage me saisit. Pour ma communion, mon parrain m’avait offert une carabine à air comprimé, qui dort dans un placard. Un tour dans une armurerie, voici une boîte de plombs.

Ca raccourcit singulièrement la distance. Mes plombs volent plus vite que les pigeons, qui fuient. Mais bien sûr, les femelles refusent de quitter leur nid. En quelques jours, bien que cela me blesse, j’ai tué une dizaine de récalcitrantes. Avec un mauvais goût dans la bouche.

 

Juillet 2007, allongé sur le dos, les tambours battent. Me voici entré dans le rêve. Je marche dans une immense plaine plate qui me rappelle la plaine de l’Adour ; soudain, à gauche, un bosquet de pins m’appelle. J’approche d’une cabane de tôles, où s’active une vieille sorcière. Je jette un coup d’œil, elle me tend une boîte dans laquelle je vois des cailloux. J’en prends un. Non ! Ce ne sont pas des cailloux, ce sont des cœurs de pigeons séchés. Horreur ! Je me détourne, affolé, pour fuir.

 

Et alors, d’un coup, je suis dans la cour de mes chambres d’hôtes. Et voici que quelqu’un approche. C’est moi, le moi d’il y a vingt ans. Je suis double, et même triple : le moi de cette époque, en proie à la contrainte alcoolique, le messager, et le moi qui assiste à cette rencontre.

 

Le messager se baisse, ramasse une plume, et la tend au premier. Je suis aussi le premier, et c’est donc en moi que naît cette question : que puis-je faire, avec une plume ? Ecrire ? Ou bien…voler ?

 

Et aussitôt je me trouve en train de voler au dessus de cette maison, et des plaines qui l’environnaient. Avez-vous déjà ressenti la joie du vol ? En rêve nocturne, peut-être.

 

Mais en plus de la sensation immense et exaltante du vol, qui emplit tout l’être de joie, je sentais très nettement l’articulation et l’attache des muscles des ailes, aussi précisément que vous pouvez sentir vos muscles dans la course. Je sentais donc jouer des muscles et des articulations qui ne figurent pas dans ma panoplie.

 

J’arrête ici le récit.

 

J’ai rapporté cela pour dire les choses suivantes : nous sommes beaucoup plus que ce que nous percevons en temps ordinaire. Il y a des choses beaucoup plus importantes à réaliser que les petits travaux du quotidien, qui débouchent sur l’usure et la mort.

 

J’ai un certain nombre d’expériences de ce genre, qui émaillent le cours de mon existence comme les cailloux blancs du petit Poucet. Le petit poussait, et se manifestait de la sorte. Pour le reste, je suis comme tout le monde, invisible et occupé du quotidien. Ce genre de vécus est à la portée de tous, pourvu qu’on se penche sur l’eau de puits. Ils n’ont pas d’importance intrinsèque.

 

Ce qui compte vraiment, c’est que le temps n’est pas la prison que nous imaginons, puisqu’un moi plus avancé peut venir éveiller un moi endormi, pour aller vers ce qui nous attend : le Moi Réel.  

 

 

 

PS : ayant bien travaillé le dernier week-end, j'ai quelques longueurs d'avance sur mon programme, quelques textes en réserve. Quand c'est comme cela, c'est les convergences qui choisissent quel texte publier. Ce matin, triple indication - une conversation hier soir sur B.BLIN et F.LERY - l'enchaînement au texte précédent qui montre un aigle en vol - et  cet article trouvé de bon matin sur NoT.

 

Pour finir, voici un petit cadeau que j'avais ce matin aussi sur ma boîte mail, et que je vous offre à mon tour. Ca vient d'un certain Jean de Yepes. Une drôle de petite escapade.

Par Vieux Jade - Publié dans : extrême
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Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

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Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

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C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

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***

 

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***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

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LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

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L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

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***

 

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***

 

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***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
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CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

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***

 

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***

 

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***

 

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***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

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***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


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Peut-on dire de quelqu’un
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Peut-on dire de quelqu’un
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