Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /2010 11:30

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Violence

Voici quelques années, lors d’une séance de respiration holotropique dirigée par Bernadette Blin et Francis Lery, l’audition de chants de guerres africains m’a fait puissamment ressentir l’essence de la violence.

Comme les anciens guerriers dont mon sang et mes viscères charrient les mémoires, j’ai dans un premier mouvement voulu me dresser pour résister, faire front, me battre, car telle est notre fatalité : vaincre ou mourir.


Puis soudain, je me suis senti submergé par une vague d’impuissance : à quoi bon ? Comment endiguer le flot de la mer ? A quoi bon perpétuer sans le moindre repos cette guerre éternelle et sans fin, pourquoi justement ne pas changer enfin le cours immuable de ce fleuve circulaire, et déchirer cette programmation ?

 

Bien sûr, ici j’intellectualise et je détaille un processus qui fut en fait comme un choc émotionnel, une compréhension instantanée.

 

J’ai alors accepté, devant la déferlante de détermination qui résumait toute la haine des hommes depuis l’origine du monde, et qui jamais ne sera vaincue par la haine ni par la violence, roulée par les tambours et poussée par les poitrines des guerriers, j’ai accepté d’être vaincu.

 

Je me suis agenouillé, et j’ai tendu le cou afin qu’il soit coupé. Exit.


J'ai accepté l'inacceptable.
 

Depuis, j’ai cessé d’ériger entre le monde et moi les épaisses murailles dont s’enveloppent les êtres.

Et nul ne songe à en profiter. Peut-être demeure-t-il encore quelques ruines de murs. Quelques canons rouillés?

 


Peur

Lorsqu’on parle de vaincre la peur, c’est toujours de manière unilatérale : ne succombez pas à vos peurs.

 

Je voudrais dévoiler une autre tentation que nous devrions également vaincre, après bien sûr l’avoir repérée en nous : celle d’inspirer la crainte, qui vient elle aussi du monde des reptiles dont nous avons le cerveau.

 

C’est le second visage de la peur, le revers de la pièce, dont nul ne parle jamais. Et comment renoncer à subir la peur de l’autre, si sans le savoir nous jouissons secrètement de la peur que les autres ressentent à notre contact ?

 

Seul l’être qui a renoncé à imposer, dominer, maîtriser, choisir, contrôler, seul celui-là pourra un jour espérer vaincre sa propre peur.

Et tout dans ce monde ne nous pousse qu'à ça : nous défendre, décider, alors qu'en réalité, tout est prédéterminé.

Le seul libre-arbitre, et il y en a vraiment un, c'est d'accepter l'inacceptable.

 

Par Vieux Jade - Publié dans : féculents
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 Et pour ceux qu'on pas tout ouï du vieux Graeme :

 

 
 

Présentation

L'amnésie universelle

 

Je me réveille

J’ouvre les yeux

Et je décolle les paupières

Précautionneusement

Lève le voile

Puis me rendors

Et je recommence à rêver

 

Je rêve que tout le monde dort

Que nous avons tous oublié

Qui nous sommes

C’est l’amnésie universelle

Sonnez flonflons

Sonnez gamelles

Sonnez la retraite le repli

 

Nous sommes tous frères dans l’oubli

Mes frères

Dans le lit du fond de la mer

Là où nous bercent nos fantômes

Comme des anémones de mer

Dans les fluides du mouvement

Des mécanismes du moment

 

Je me réveille

Et de mes lèvres viennent des mots

Comme des bulles qui éclatent

A peine écloses

Et balbutient

Qui suis-je ?

 

Cela m’échappe

Et je regarde

 

A l’entour,

Tous dorment

Morts

La poitrine pleine de paille

 

Je me rendors.

 

 

 

 

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Les dits de Lao Yu

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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