féculents

Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 10:38

 

Pour les nouveaux ou récents lecteurs, que mes propos sinusoïdaux peuvent surprendre, j'ai résolu d'approfondir un peu ce qu'implique le symbole du serpent.

 

J'ai déjà abordé le sujet sous une autre forme, mais le propre d'une spirale est de refaire sans cesse le même cercle, en l'agrandissant, ou en le concentrant, selon le point de vue.

 

Je constate - ne croyez pas qu'il y ait de ma part la moindre stratégie, c'est une notion qui m'est absolument étrangère - que bien souvent, l'un de mes textes semble contredire le ou l'un des précédents.

 

Ça ne me surprend pas, ça ne me choque pas, parce que depuis que je me souviens de moi, de ma manière de penser - peser, soupeser, étymologiquement - j'ai toujours balancé d'un bord à l'autre.

 

Pour une fois, je vous ferai grâce de mes intimités - rêves, signes - qui sont encore un peu rétives à se montrer, car ici on touche au très secret, pour simplement exposer quelques évidences.

 

D'abord, dire qu'expliquer, dire, n'est pas se justifier. C'est encore une tendance morbide (mord bide, M. Ned Allen, ça fait mal au ventre) que de refuser à quiconque - et à soi-même - le droit de dire ou tenter d'expliquer à voix haute ce qui fait en lui chemin, sous prétexte qu'il essayerait de se justifier, c'est à dire de se rendre juste aux yeux d'autrui.

 

Expliquer, c'est sortir des plis, pour devenir simple, sans pli. Nous devons tous sortir des plis, sous peine de repasser (ho, c'est une blague). Tenter de le faire est juste. Il faut donc éviter de le considérer comme de l'auto-justification, sous peine de rester tous prisonniers.

 

Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent ma passion de l'étymologie : je m'aperçois qu'en plus de deux ans de discours alambiqués, je n'ai même pas indiqué le sens de ce mot : science du vrai, etumos logos.

 

Pour en rajouter une couche, je dirai que ça coule de source. Imaginez - et c'est précisément le cas - que nous soyons à l'embouchure d'un delta, là où un fleuve roule les eaux de milliers d'affluents accumulés, mais aussi toutes les boues et les ordures. L'eau est de l'eau, certes, mais immonde et méconnaissable.

 

Comment boire, si ce n'est en remontant vers la source ? Là tout est encore frais et distinct, et lave, hydrate et rajeunit.

 

Difficile, quand on cherche à boire à la source, de ne pas être saisi de pitié et d'horreur, quand on voit que la plupart de nos congénères lapent d'infâmes déjections de mots sales et trompeurs, et s'en contentent. Difficile de ne pas chercher plus loin, au delà. Toujours monter, remonter, au fur et à mesure que le niveau de la crue abjecte monte, ce déluge, difficile de ne pas chercher refuge plus haut, de ne pas se construire une arche, une barque, un radeau, au pire, en attendant l'aube. 

 

Certains maudissent ce temps de débordement, mais, s'il ne nous noie, il nous refoule vers le haut.

 

Après l'âge des conflits, le Kali Yuga, ou pendant, qu'importe, car déjà tout se mélange, et avant le retour à l'âge d'Or, les anciens hindous interposaient le pralaya, temps de déliquescence.

 

C'est proprement le temps de la confusion, car tout s'interpénètre. Tout est vrai, relativement, et rien n'est faux. Mais tout est dangereux. Dans la mesure ou dans un film tout peut être vrai, faux ou dangereux. A la fin, comme l'ont dit de plus savants que moi, les acteurs se relèvent et vont boire un coup. Mais on n'en est pas là.

 

Précision : je ne m'écarte pas de mon fil, j'y reviens. En serpentant. Le sujet du jour, c'est le serpent, je le rappelle.

 

Maudit serpent. Mon temps étant compté, je vous laisse tout loisir de consulter les dictionnaires des symboles et autres encyclopédies. Comme tout symbole - et encore plus, dirais-je - le serpent est ambivalent. Ambivalent ne signifie pas que ça veut tout dire et rien dire. Si c'est le propre de la purée d'être amorphe, le serpent est au contraire puissamment morphisé. C'est un axe, une colonne vertébrale, d'une grande force, un fouet, une corde.

 

Les symboles doivent impérativement sortir des dictionnaires pour rendre leur sens. Pour saisir le sens de la pomme, être pomme. Je suis, vous êtes un serpent. Votre colonne vertébrale est exactement un serpent. Debout. Ne l'oubliez jamais, car c'est une des principales clés de notre énigme.

 

 

 Nous sommes des serpents dressés, dans un véhicule adapté à ce monde.

 

Si seuls les ivrognes sont censés tituber, dans une trajectoire sinusoïdale, le mode de penser normal du serpent, dont nous sommes, est la reptation.

 

Si nous savons encore souvent cracher notre venin comme une flèche, notre comportement habituel est nettement plus courbe. Le vôtre ? Je ne sais pas. Je ne suis pas vous.

 

Le mien ? Oui. Ma pensée suit son chemin en rampant d'un extrême à l'autre. Chaque découverte d'un nouveau territoire, d'une nouvelle borne me renvoie à l'autre bord, et ainsi de suite. Montagne, ravin, montagne, ravin. 

 

Facile d'y voir ambiguïté, incertitude et approximation. Ce qu'il faut voir, c'est, au delà, le but. 

 

Que le ciel m'avale et me dissolve dans l'acide si c'est mon prétendu ego qui va écrire ce qui suit : la marche du serpent, c'est la voie de la sagesse.

 

Facile à voir : SageSSe. Trois S en ce mot. Trois sinusoïdales qui montrent qu'en toute chose, il faut explorer les limites, de part et d'autre, non pas se contenter du petit chemin balisé.

 

Trois S, parce que l'être est triple. Trois niveaux de joie. Aussi peut-être parce que le tantrisme connait trois canaux. Mais là, je cause sans savoir.

 

 

 

Et ce serpent, qu'est-ce ? Qu' S ?  Rien que le serpent des reins, d'airain, pardon,  celui que Moïse cloua dans le désert. Serpent d'airain, mêlé du cuivre vénusien (78% de cuivre, 22% d'étain) et génésiaque, serpent des reins, de la force qui nous tient debout, nous, race humaine, détentrice du fardeau d'être condamnée à la verticalité, que d'autres appellent kundalini.

 

Debout, certes, essayant de ne pas tituber, de ne pas nous affaisser sous ce poids, de ne pas retomber à quatre pattes, même quand la traversée du fleuve se fait difficile, presqu'insurmontable, tant le poids est lourd qui pèse sur nos épaules, tant notre coeur est vide, et nos tripes en lambeaux.

 

 

 

Nous ne pouvons pas monter comme des flèches, même si le but paraît simple et évident, parfois. Il nous faut explorer toute l'étendue de l'espace et du temps, tout savoir, tout connaître, dans la chair et non autrement.

 

Voyage labyrinthique, non pas direct. 

 

La malédiction du serpent (Genèse, III), c'est de marcher sur le ventre et manger de la poussière. En français moderne : tout ressentir, pour tout relier et réunir. Telle est notre malédiction, telle est notre tâche, et probablement notre choix, avant naissance.

 

Expérimenter la séparation, et retrouver le sens ascendant. Incidemment, ça explique le symbolisme de la croix.

 

Fameuse croisière, on s'en souviendra.

 

Quand je dis blanc un jour, et noir le lendemain, lecteur, sache que tu te balades d'un bord à l'autre des limites qu'il m'est donné d'apercevoir, rien d'autre.

 

En dernier lieu, je donnerai un petit bonus : Sagesse, c'est aussi, en traficotant un peu les langues, mais c'est venu tout seul, Saga (dire, anglais to say) Esse (verbe Être en latin), le dire de l'être.

 

Autrement dit, la sagesse, serait le récit de l'Être, Verbe, ou Logos...

Par Vieux Jade - Publié dans : féculents - Communauté : Le Sarmiento
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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 07:34

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P'tit Tom s'ennuyait beaucoup à l'école, et dans la vie aussi. Ses camarades lui semblaient bien lourds, et les adultes avaient l'air poussiéreux des vieilles momies d'Egypte.

 

Il restait souvent seul dans la cour et M. Pointu, le professeur, ne manquait pas de lui reprocher ce qu'il appelait "de la sauvagerie".

 

Sauvage, moi? Ces mots flattaient Tom, qui n'aimait que les bêtes vivantes et ondulantes, les chats, les chiens, qui connaissait les oiseaux à leur chant et les fleurs à leur parfum. A quoi bon jouer avec des idiots qui ne parlent que de bagarre, de ballon et de voitures, ou entendre les discours soporifiques de grands ânes bedonnants à cheveux gris?

 

Le jour de ses neuf ans, il était assis au bord de la rivière, sous un saule, à regarder les nœuds que forme l'eau quand elle bouillonne et tourbillonne. Quelques libellules se poursuivaient et le soleil chauffait doucement le décor.  

 

Soudain, une libellule se détacha et vint se poser sur sa main gauche. Il la regarda, et vit que sous ses grandes ailes et sa belle robe bleue elle avait un petit corps mince, et un joli visage de fée.

Elle gazouilla:

 

"- Hé non, tu ne rêves pas. Je suis bien une fée, comme mes sœurs. Je vais te faire un cadeau, parce que je t'aime. Et d'ailleurs, nous t'aimons tous, nous le petit peuple dissimulé; car toi, tu peux nous voir, tu es un sauvage. Tu ne nous ignores pas, tu ne nous méprises pas, tu es comme l'un de nous.

 

Mais tu seras triste et pauvre dans ta vie à venir, si tu n'entres pas dans le monde des hommes. Alors, voici la clef. Elle t'ouvrira le cœur des gens, et de leur monde tout gris; tu pourras y entrer. Mais garde-toi d'y rester enfermé. Elle tourne dans les deux sens. Si tu ne nous oublies pas, tu pourras toujours revenir nous voir. N'oublie pas, petit homme."

 

Et elle lui dit trois petits mots, qui ouvrent le monde des hommes, et d'autres aussi. Moi, je les sais, car j'ai connu deux ou trois fées par le passé, mais je me les garde. Je n'ai pas envie de me retrouver à coasser sous une pierre. Elle lui donna donc trois mots.

 

Ce sont trois mots qui ouvrent bien des portes, un passe-partout.

 

Et puis elle s'envola, et fut happée par une hirondelle.

 

C'est comme ça, la vie, la mort, et le reste. Mais en fait, les fées sont immortelles, on le sait bien.

 

P'tit Tom écrasa une larme, et s'en revint chez lui. Il s'endormit ce soir là en tournant ces mots dans sa tête, comme on tourne entre ses mains une perle ou un couteau à plein de lames.  

 

Le lendemain, en cours de mathématique, il s'ennuya terriblement. Il regardait par la fenêtre. Il y avait un peu de brume, et, sur les fils électriques, un passereau. Il le regarda intensément, dit les trois mots et hop!

 

Il se retrouva sur le fil, à se balancer, regardant vers sa classe.

 

Il voyait le dos du professeur qui s'agitait devant le tableau, il vit Etienne, Martin, Ludo et tous les autres, et... il se vit, assis là-bas.

 

Il huma quelques instants l'air vif, pépia, dit les trois mots et hop!

 

Retour au monde gris.

" - ...demain matin.", terminait le professeur.

"- Quoi, quoi, qu'est-ce qu'il a dit?", demanda Tom, le cœur battant de son aventure.

" - Interro, mon pote. T'es sourd?" dit Grégoire.

 

Ce soir là, Tom tenta d'entrer dans le monde clos de la mathématique. Hélas, il avait beau se concentrer, se prendre la tête à deux mains en répétant sa formule, la clef ne marchait pas.

 

Alors, comme d'habitude, il se résolut à apprendre ce qu'il ne comprenait pas.

 

Le lendemain, il rendit une copie très moyenne. Désespéré, il entra en cours de français. Ca lui plaisait bien mieux, ces lectures, les décors et les personnages d'un autre temps, parlant de choses oubliées avec des anciens mots; cette heure passa plus vite.

 

Il revint par le parc public, et s'arrêta au pied d'un gros wellingtonia.

Les hirondelles volaient bas. Soudain l'une d'elles piéta légèrement jusqu'à lui.

"Ho ho! Tu me reconnais ?" Elle rit. "L'esprit des fées est immortel. Voilà. J'ai oublié de te dire une chose, l'autre jour: mes mots ouvrent les portes, lorsqu'on les dit avec le cœur. N'oublie pas: le cœur!"

 

Elle allait pour s'envoler lorsque s'abattit sur elle la griffe d'un grand chat maraudeur, rayé de gris & de jaune.

Tom lui courut dessus, mais l'autre se sauva en tenant sa proie dans la gueule. Il disparut à l'angle d'une rue, pfuit!

 

Le soir, avant de s'endormir, il prit son cours de mathématique, puis essaya d'ouvrir son cœur. Il dit les mots, et soudain, se vit comme au bord d'un paysage immense, où tout était en rapport d'harmonie. Les tables d'addition et de soustraction formaient des escaliers majestueux montant et descendant, celles de multiplication et de division ressemblaient à des aires de lancement ou à des puits de mine, où tout était relié par de nombreuses passerelles, où s'engouffraient des myriades de nombres. Une activité frénétique animait des milliers de sous-ensembles en réorganisation permanente, comme font les nuages du ciel, qui se dévastent pour se reformer soudain ailleurs, plus bas, plus haut, autrement, visant toujours l'apothéose, l'ensemble, le définitif.

 

Mais il y a la vie, mais il y a le vent...

 

Il s'engagea gaiement dans le paysage, y découvrant des arbres-abscisses qui s'essayaient à faire valser de belles coordonnées, au long de vastes courbes, sentit le caractère décidé des nombres impairs et celui, plus nonchalant, des paires. Il eut maille à partir avec un cinq quelque peu hargneux, accompagné d'un sept dégingandé et rigolard, l'air d'un qui a fini sa semaine, puis se fit un ami d'un neuf assez rond, qui de descente en montée, le mena au centre du monde: ZERO.

 

Il eut un pincement au cœur devant l'indescriptible majesté de ce lieu immobile et silencieux, lorsque la voix de sa mère lui parvint depuis la porte de sa chambre." Debout, mon chéri, lève-toi."

 

"Tom: trois." dit M. Pointu. "Hélas, mon pauvre Tom! Il faut bien un dernier, n'est-ce pas?"

 

Mais Tom était ailleurs. Les chiffres étaient devenus ses amis, maintenant. Quant à M. Pointu...

il ouvrit grand son cœur, et dit trois petits mots.

 

Devant lui, il y avait un petit garçon tout seul, perdu dans le noir d'une grande maison, laissé là dans la peur et le chagrin.

 

Il avait le long nez et les grandes jambes de héron de M. Pointu, mais pas sa tignasse grise ni son ventre replet.

Et ce petit garçon se répétait tout bas des exhortations au courage, pour vaincre l'immense dragon de la peur, et les hyènes lacrymales.

 

Alors Tom vit que ce grand bonhomme grisâtre n'était qu'un petit enfant pas trop content de lui, ni de sa vie, et que lui, Tom, savait déjà bien des choses que l'autre ignorait, faute d'avoir rencontré une fée.

 

Alors il eut pitié de lui, et l'aima.

 

"Et maintenant, j'aimerai tout le monde pareil? demanda-t-il au chat qui se léchait les coussinets.

- Voilà, tu as compris" miaula la fée. "Aime. C'est tout. Bon. Je m'aimais mieux en libellule, moi!"

 

Avant de disparaître dans un coup de vent qui passait.

 

 

 

 

 

  PS : après cette histoire quelque peu totobiographique, permettez-moi de prendre un temps de repos...

Par Vieux Jade - Publié dans : féculents
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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 10:27

 

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Faire de son mieux, tel est l'un des "accords toltèques", popularisés par Miguel Ruiz.

 

En trois lignes, parce que ça me vient comme ça :

 

De mon mieux, avec mon corps, mon énergie. Faire l'effort de me lever, de sortir de ma torpeur, et d'oublier que j'avais autre chose, mieux à faire, sans doute, que j'ai faim et que peut-être je n'aurai pas le temps de déjeuner, que j'ai sommeil, qu'à cette heure ci, d'habitude je dors, que demain je dois me lever tôt.

 

De mon mieux avec ma cervelle : lire, entendre, soupeser, regarder, tout regarder, ne rien omettre qui serve à la décision, ne pas prendre de décision hâtive, laisser mûrir, passer la nuit, puis relire et faire le point.

 

De mon mieux avec mon coeur, car, parvenue au point précédent, la cervelle à force de s'imprégner ne sait plus où aller, que faire de tout cela dont elle s'est imprudemment chargée. C'est au coeur maintenant de peser, mais pas seul. Car le coeur seul est dangereux. Il peut glisser sur un excès de compassion, et donner en fonction de critères qui ne sont pas ceux de l'impartialité. Ne croyez pas ceux qui disent : fie toi à ton coeur. Il faut un conseil entre coeur et tête. Sans oublier le cerveau d'en bas, le coeur des tripes.

 

Et soudain la parole ou l'acte justes jaillissent, d'un coup.  

 

Et le fruit n'est pas nôtre.

 

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 Tout est poussière.

Par Vieux Jade - Publié dans : féculents
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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 19:09

Nous sommes tous victimes de l'autorité. Dès que l'un ou l'autre ont parlé, si nous sommes morcelé, ils ont grignoté notre intégrité. Je connais personnellement des "adultes" qui, après avoir interrogé anxieusement tout le voisinage, prennent le parti du dernier qui l'a ouverte. Jusqu'à ce qu'ils rencontrent quelqu'un d'autre à qui demander son avis.

 

Vous trouverez ici racontée l'histoire de Nicolas Flamel, prétendu alchimiste, et de sa femme, dame Pernelle. Et, dit le texte, cela a une existence historique.

 

Et ma tante en a sûrement deux, avec la moustache qu'elle a.

 

Bien évidemment, mais, je vous en adjure, ne croyez rien de moi que vous n'ayez vérifié par vous-même, comme disait un certain Gautama, cette histoire est une allégorie.

 

L'allégorie n'est pas un mensonge. Peut-être qu'un homme dont le patronyme légal est passé aux oubliettes, resté dans la mémoire collective comme Nicolas Flamel, c'est à dire "celui qui a remporté la victoire sur la pesanteur, grâce au feu divin", peut-être que cet homme là a eu véritablement une compagne digne de ce nom, qui l'a aidé à réaliser cette perfection, auquel cas elle y a été inévitablement associée : dame Pernelle. Ce nom est aussi allégorique que celui de son homme, car il signifie tout simplement : "celle qui porte assistance au travers des temps".

 

Donc, pour dire les choses clairement, le mâle (Yang) et la femelle (Yin) se sont unis et ont vaincu le monde des apparences, c'est-à-dire ont retrouvé leur origine commune.

 

Il ne faut jamais se fier aux réducteurs de têtes, modernes Jivaros qui ramènent tout au sordide prosaïque d'ici-bas. Ce qu'ils disent n'est pas faux. Il n'y manque que le Grand.

 

Voici en scoupe un aperçu de Dame Pernelle, éternelle compagne de l'alchimiste :

 

 

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Par Vieux Jade - Publié dans : féculents
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Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 17:08

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En guise de réponse succinte à ceux de mes lecteurs qui me trouvent illogique et inconstant, je n'ai qu'une seule réponse : je ne suis pas encore monos, un.

 

VJ est multiple. L'écrivain René Fallet disait qu'il avait deux veines : whisky et Beaujolais. C'est schématique, car il avait aussi une veine anisée, mais révélateur. Chez lui, le whisky ouvrait une personnalité tendre et sentimentale, le Beaujolais le rendait truculent. Superficiellement, on pourrait juger que c'est une girouette, soumise à tous les vents, tous les vins.

 

Au delà, on voit bien que le vieux Fallet était double, triple, multiple, comme nous tous.

 

Qui de vous est devenu Un ? Qu'il me jette la première bière.

 

Misérable suis-je, qui de tout ce qui m'a été donné comme nids à merde, n'ai pas encore réussi à en faire ce parfait chef d'oeuvre qui me permettrait peut-être de remporter l'épreuve.

 

Mais c'est que, comme un con, je me suis dit un jour que si je gagne tout seul, que deviendront les autres ? Les autres, c'est à dire : ceux que j'aime, et ceux que je déteste, mais que j'aime aussi. Z'auraient pas le droit de gagner ? On n'aurait rien appris depuis la course des spermatozoïdes ? On en serait restés aux courses de lévriers, au PMU, aux combats de chiens, de coqs, de gladiateurs ?

 

S'il y a la guerre dans ce monde, c'est parce qu'il y a la guerre en nous.

 

Si je ne parviens pas à aimer ce que je suis, et Dieu sait comme je suis nombreux, je suis en guerre. Un royaume divisé contre lui-même, disait le Christ.

 

Pourquoi ne pas aimer ce que je suis ? Pourquoi n'aimez vous pas ce que vous êtes ? Quand vous êtes tout et son contraire ? Pourquoi refuser d'être multiple ?

 

Il y a en chacun de nous un juge qui sépare ce qui est bien de ce qui est mal. Un juge qui sait, un juge qui juge, exclut et condamne.

 

Il suffirait de le foutre en l'air pour que ceux qui en nous sont exclus et hurlent depuis toujours réintègrent ceux qui en nous croient être justes. Pour que l'ombre épouse la lumière, il ne faut qu'une chose : dégommer le juge.

 

J'écris tout ce qui me vient. Parfois je gomme des trucs trop violents, ou même trop méchants parce que je ne veux pas blesser. Mais toutes les parties de moi, j'essaie de les laisser parler. Le savant, le gentil, le plaisantin, la brute, l'imbécile, le poète. 

 

Être moine, monos, ce n'est pas qu'il ne reste plus parmi tous les concurrents qu'un vainqueur qui aurait enfin la parole.

 

Non.

 

C'est que toutes nos voix ne fassent qu'une. La voix du choeur.

 

Toutes nos voix, ce sont nos milliers, millions d'ancêtres, d'existences ou d'expériences. Les contraindre au silence serait se vouer à la stérilité.

 

Laissez vous parler, laissez vous aller. Seule la liberté intérieure permet de dégager la liberté dans le monde du dehors. Tout ce qui est déverrouillé du dedans ouvre des fenêtres sur l'espace.

Par Vieux Jade - Publié dans : féculents
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Assourdissances

Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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