vivaces

Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 11:01

Je suis dans une vallée, dans un chemin étroit, lorsqu'au loin sur ma droite déboule une avalanche. Les gens cherchent un abri. Je m'enfonce derrière un recoin de rocher, en me disant : souviens-toi de quel côté est le haut, afin de ne pas chercher à creuser dans la mauvaise direction.

 

Puis soudain je suis dans un grenier vide, avec un couple dont l'homme se nomme : Félix (un personnage réel qui est mort voici environ un mois).

 

Il suffit de démonter un cadre de charpente, de pousser les tuiles, et la lumière du soleil ruisselle.

 

C'est intrigant. J'ai fait ce rêve ascensionnel la nuit du 18 au 19 mai. Chouette, dit l'ego, j'approche du but. Un peu insuffisant, cependant. Je l'ai mis en parrallèle avec toutes les rumeurs d'ascension planétaire dont bruit le ouèbe. 

L'ego était encore content. Il est prêt, modestement, à ascensionner avec les autres. 

 

Toujours insuffisant.

 

 

 

N'ai-je. Tout est enseveli comme par un tsunami, quoi de plus impersonnel, un tsunami dont le grondement s'estompe après qu'il ait tout englouti sous ses millions de tonnes de neige. N'ai-je. Plus d'ego, sous la neige. Tout est semblablement mort écrabouillé. Ce préalable accompli, la scène change.

 

Dans un grenier, sous les toits. Là sont les réserves (le grain) et les vieilleries poussiéreuses. Son plancher nu montre qu'il est vide. Pas de provisions, pas de souvenirs. Nu comme un champ de neige. N'ai-je.

 

Félix (du latin "heureux") est avec sa femme. Un être complet, sans bagages.

 

Nous défaisons une sorte de cadre de bois (inhabituel dans une charpente), qui montre qu'il faut sortir des cadres, justement, puis repousser les tuiles.

Tu- Il. Toi, lui, sont des illusions qui nous séparent.

 

Sans je, sans tu, sans il, rien ne fait plus obstacle à la pure Lumière.

 

L'ego n'a plus rien à moudre. Son grenier est vide.

 

 

 

C'est alors que reprend le petit bruit : et comment tu vas faire ?  

Par Vieux Jade - Publié dans : vivaces - Communauté : Le Sarmiento
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 19:08

"La lecture de l'Évangile ne doit être permise que le moins possible, surtout en langue moderne et dans le pays soumis à votre autorité. Le très peu qui est lu généralement à la messe devrait suffire et il faudrait défendre à quiconque d'en dire plus. Tant que le peuple se contentera de ce peu, vos intérêts prospèreront, mais dès l'instant qu'on voudra en lire plus, vos intérêts commenceront à en souffrir.

Voilà le livre qui, plus qu'aucun autre, provoquera contre nous les rebellions, les tempêtes qui ont risqué de nous perdre. En effet, quiconque examine diligemment l'enseignement de la Bible et le compare à ce qui se passe dans nos églises trouvera bien vite les contradictions, et verra que nos enseignements s'écartent souvent de celui de la Bible, et, plus souvent encore, s'opposent à celle-ci.

Si le peuple se rend compte de ceci, il nous provoquera jusqu'à ce que tout soit révélé et alors nous deviendrons l'objet de la dérision et de la haine universelles. Il est donc nécessaire que la Bible soit enlevée et dérobée des mains du peuple avec zèle, toutefois sans provoquer de tumulte".

 

Source : Feuille Bibliothèque Nationale de Paris, 1089. Vol II; p.641-650 - Références Fond Latin N° 12558. Année 1550, cité par Richard Khaitzine dans "Marie-Madeleine et Jésus", la Table d'Émeraude.

 

Ce texte - adressé par des cardinaux au pape Jules III lors de son élection en 1550 - est particulièrement révélateur des méthodes qu'a employé l'église catholique pour maintenir les peuples européens sous tutelle, et de son état d'esprit (si le terme "esprit" est ici opportun).

 

Je ne doute pas un instant que les autorités musulmanes, bouddhistes et autres soient de même nature. Ni que les autorités politiques et financières actuelles en diffèrent en quoi que ce soit.

 

Il n'est que normal que l'ensemble de ces "élites", comme les nomment les media vendus, qui forment une sorte de nouveau clergé aussi méprisable que tous les autres, suscitent maintenant la dérision et la haine universelle, comme le voyaient clairement ces salopards.

 

Ils le voyaient parfaitement. Nous le voyons parfaitement : leur règne ne tient qu'à notre ignorance. Ils le savent et rien ne leur fait plus peur que l'effondrement du paravent derrière lequel ils font des effets d'ombre, comme dans le magicien d'Oz.

 

Ce texte en est la preuve.

 

Aidons à l'éclairement en diffusant autant que possible tout ce que les moyens de diffusion modernes permettent, afin que tous sachent comme on les considère, depuis des siècles, et aujourd'hui encore. Une flamme de bougie peut en allumer mille, et mille des millions.

 

Relayons la lumière jusqu'à ce que tout soit révélé. Quand tout le sera, la haine est à proscrire, si ce n'est la haine des comportements qui rendent cela possible : avidité, orgueil, lâcheté, paresse, luxure, gourmandise, colère. 

 

Vous savez bien, les sept dont on parle depuis si longtemps.  

Par Vieux Jade - Publié dans : vivaces - Communauté : Le Sarmiento
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 12:21

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  Ça, c'est un instantané de l'ange qui m'a dit : du calme, VJ, prends ton temps, arrête de cavaler...

 

 

 

Excusez-moi, si à certains d'entre vous j'ai donné de mauvaises habitudes. J'ai été une bonne poule pondeuse de mots. Un oeuf par jour ou plus depuis près de 2 ans.

 

 

Mais, est-ce lassitude, que tout ce qui était à dire l'a été, que les mots n'ont plus vraiment d'intérêt, comme tout ce qui jusque là a meublé le silence, le jet devient sporadique, l'eau n'arrive plus comme avant, y a plus la même pression, le même besoin, la même urgence.

 

 

L'urgence, pour moi, pour l'instant, serait plutôt de ne rien faire.

  

 

Voici que je me suspends à la branche, et contemple le ciel sans mot dire. Sans maudire. 

 

 

Le brouhaha des marchands de peur ne m'empêche pas de rêver. J'espère avoir contribué pendant ces deux ans à soulever un peu l'horizon que certains s'acharnent à constamment rabaisser au niveau des sourcils.

 

 

D'avoir déjà donné mon départ une ou deux fois m'ayant rendu prudent, cette fois-ci je ne dirai pas adieu, mais à la prochaine.

 

 

J'ai besoin de temps pour moi, mais je ne suis pas loin.

 

 

Je dois apprendre à ne rien faire. A ne pas me laisser happer par une quelconque obligation, et même pas celle de pondre un oeuf par jour dans le nid du blog.

 

 

Pour qui ne s'est pas abonné, le moyen d'être averti des parutions  est de le faire.

 

 

Je vous serre dans mes bras, je vous remercie toutes et tous de l'attention que vous m'avez accordée, de votre encouragement à repousser les limites de l'introspection, du reportage intime sans, je l'espère, je le crois, sans voyeurisme. 

  

 

Car le spectacle n'a jamais été le but de ce blog, même si l'auteur est un tantinet cabotin. Le sujet a vraiment été, ou telle est l'intention qui y a toujours présidé, l'étude de la matière humaine.

 

  

Je vous remercie de l'espèce d'affection et de calme que vous avez contribué à installer en ce lieu virtuel. Virtuel ? Quel drôle de mot. Ce blog est un espace commun entre vous, vous et vous, vous et moi, c'est un espace réel, et non virtuel, que chacun de ses lecteurs a réellement contribué à aménager. De nombreux sujets sont nés de vos remarques, dans mon chaudron, certes, mais ne seraient pas éclos sans vous.  

 

 

Mme VJ me prie de vous rappeler que le nouvel an véritable, lunaire, nait durant la nuit du 23 au 24 janvier (c'est ce que j'ai écrit, mais c'est une couennerie : c'est la nuit du 22 au 23, j'avais mal compris; mais bon, bonne princesse, elle dit : c'est pas grave, de toutes façons ça se fait sur quinze jours). Là que le temps repart sur du neuf, peut-être, ou sur du vieux pour ceux qui sont scotchés aux habitudes et veulent que rien ne change. 

 

 

Pour ma part, comme annoncé, et parce que, comme le rappelle Miguel Ruiz, on doit marcher sa parole, j'ai planté hier midi un prunier de la variété Reine Claude, en pied de nez aux imbéciles qui attendent la fin du monde.

 

 

Si mes propres petits enfants n'en doivent pas manger, parce que les propriétés terrestres passent de mains en mains, au moins les autres petits enfants, ou les abeilles, s'il en reste, en feront leur miel. Ou, à défaut, les guêpes. J'ai passé un pacte avec les guêpes, il y a quelques années.

 

 

C'est mes copines.  

Par Vieux Jade - Publié dans : vivaces - Communauté : Le Sarmiento
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 17:47

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J'ai rencontré l'un des derniers weekends une jeune femme épuisée, tant le monde devient frénétique. Plus le temps de rien. Courir, courir, et s'effondrer, jusqu'à demain.

 

Qui n'en est pas là ?

 

Discuté avec un zingueur cet après-midi. Les zincs des gouttières faits fin XIXème duraient plus de 100 ans. Ceux des années 50 sont mûrs. Aujourd'hui, les chéneaux en alu ou en PVC éclatent sous l'impact des grêlons.

 

Tout le monde le sait : les voitures de 2011 sont merveilleusement accueillantes et sophistiquées, mais aucune n'atteindra l'âge d'une 2CV Citroën.

 

Tout est à l'avenant.

 

Le plus ridicule est dans l'arsenal (un mot que je n'invente pas, et qui dit tout de l'état du monde) des lois. Nul n'est censé ignorer la loi, dit la loi. Mais chaque jour, une nouvelle loi inapplicable vient proroger une ancienne que personne n'a eu le temps de comprendre, ou le temps d'appliquer.

 

Le temps devient fou. Les hommes qui croient au temps deviennent fous, le sont déjà, sans s'en douter un instant, tant est profonde leur folie.

 

Depuis le temps qu'on va dans le mur... Adolescent, je voyais déjà que nous allions tout droit dans le mur. Mais quel mur ?

 

Le mur du temps, justement. Ça, je l'ignorais, et maintenant je le découvre. Ça devient flagrant. Le mur dans lequel le monde commence à s'écraser, c'est le mur du Temps.

 

La frénésie s'empare de tous. Tout y concourt : Les salaires à peine versés, que déjà les prélèvements obligatoires et les échéances fatales ont tout absorbé. Le crédit déjà dénoncé par Jean Giono est un signe du basculement du Temps.

 

Les jeunes couples victimes du mirage de l"accession à la propriété" signent un pacte avec le Diable et rivent ainsi leurs chaînes. Lorsque - si - ils en réchappent, ils seront vieux et usés, parqués dans une ruine.

 

Personne n'y songeait. Le Diable a multiplié les sollicitations, les ronds de jambe, jusqu'à ce que tous deviennent fous et hypothèquent l'avenir. Hypothéquer le Temps ! Il fallait y songer.

 

Saturne, c'est Satan. Dans sa turne, il tourne et retourne les dés avant de les lancer. A lui, maître du Temps, tout appartient dès lors que tout est hypothéqué.

 

Le pacte avec le Diable ? Qui ne l'a pas signé ? De son sang, de son propre sang ?

 

A tous, il a promis la richesse, et maintenant que tout s'effondre en cendres, que l'or disparaît, il vient réclamer ses créances en ricanant.

 

Tous, nous avons ri des anciennes légendes. Faust était un souvenir littéraire. Une blague romantique.

 

Ça a changé. Les Grecs paient leur dette avec leur sang, et ne sont que les premiers. Le monstre réclame son dû.

 

Honore tes promesses et ta signature, dit-il en envoyant ses légions déferler sur les familles épouvantées. Moloch a faim. Je prendrai tes enfants, si tu ne paies pas. Ta femme, tes filles, jusqu'à la 8ème génération.

 

Mais une solution demeure, dans ce marché de dupes, et tous les anciens contes le rappelaient : être plus malin que le Diable.

 

Échapper au maître du Temps, c'est en sortir. Ceux qui vainquaient le Diable lui donnaient une victime de substitution - animale, équivalente à notre part animale - ou repoussaient sans cesse l'échéance en arguant de clauses imprécises. Parfois c'est à cause de sa sottise qu'il échoue.

  

Sacrifier sa part animale, c'est renoncer aux pulsions les plus grossières. C'est une évolution.

 

Retarder l'échéance, c'est échapper au temps-durée, au calendrier, avec ses échéances, pour entrer dans le Temps réel, où tout co-existe.

 

Quitter le temps, c'est sortir du drame, drama, l'action, dromos, la piste, la course. Dédramatiser. Vivre l'instant.

 

Un point à remarquer : le Diable ne saisit que ce qu'il peut : corps et âme. L'esprit lui échappe, comme toujours. L'esprit lui échappe car justement hors du Temps.

 

Ce qu'il saisit, c'est par la peur qu'il le tient. On dit "saisi de peur". Pas pour rien. Comment saisir celui qui dans l'instant ignore la peur ? 

 

La chance qui nous échoit, à tous,collectivement, c'est que nous atteignons - enfin - le mur du temps. Il y a au moins deux solutions possibles : s'y écraser, et ceux qui n'ont jamais réussi, ou même pensé, à s'extirper de cette illusion mortelle s'y écraseront sans le moindre doute. C'est le cas de ceux qui redoutent les échéances, toutes les échéances, du crédit immobilier jusqu'au fameux Jugement dit dernier.

 

Et puis, la solution de remplacement, que j'invente, parce que je suis né homme, et donc libre d'inventer et d'ouvrir des portes là où je le veux : passer au travers.

 

Passer de la prison du temps, des dettes, des devoirs et des échéances au monde de la liberté.

 

Pour être tout à fait franc, je ne suis pas sûr qu'il existe une porte. Enfant, j'ai lu les histoires des plus célèbres évasions, de Latude à Casanova. Eux non plus n'avaient pas de portes. Et sont pourtant sortis des plus fameuses prisons.

 

Tentons notre chance. Inventons des portes. Les murs n'enferment que les morts. 

Par Vieux Jade - Publié dans : vivaces - Communauté : Le Sarmiento
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Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 10:16

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Le capitaine ad hoc guettant les embâcles...

 

 

Depuis le temps que Mme VJ me susurre que ce serait super de faire une croisière, je me suis enquis de ce qu'offrent d'une part le marché, et d'autre part le contenu de ma tirelire.   

 

Las, même deux jours sur un vulgaire canal me paraissaient aussi dispendieux que les fastes d'Héliogabale. Je commençais à désespérer de procurer cette petite joie à ma moitié lorsque je tombai sur un club de canoë qui fait de la location sur la rivière Allier.

 

Si l'aspect confortable et grandiose de la croisière est un peu absent, le côté héroïque, tarzanesque et économe de la chose me séduisirent promptement, d'autant que le dernier achat de Santenay (Uny Prieur 2007) grève encore douloureusement mon modeste budget.

 

Je craignais un peu qu'elle ne sous-estime la proposition, mais non. Tout ce qui est aqueux lui agrée (et même le piano, aurait dit Bobby Lapointe). 

 

Nous voici donc ce samedi-là acheminés par une jeune fille souriante et compétente à pied d'oeuvre, à l'aval du pont de la petite ville de Châtel de Neuvre dans l'Allier, qui a pour principal titre de gloire d'avoir été le fief du premier Bourbon connu, un certain Archambault, ancêtre des rois qui portèrent son nom, avec pour but : Moulins sur Allier, soit une vingtaine de kilomètres par la route, un peu plus en suivant les méandres de cette rivière qui se jette ensuite dans la Loire.

 

Première question à résoudre : qui passe devant et qui derrière ?

 

Le principe sommaire étant que le premier propulse, c'est le muscle, l'autre barre, c'est le cerveau. Sommaire parce que bien rôdés, les deux font un peu des deux. Vous suivez ?

 

Bon prince, je pris le rôle du muscle et laissai avec une certaine légèreté le rôle du barreur à Mme.

 

S'agissant d'une croisière gastronomique, nos cales regorgeaient de toutes sortes de victuailles rustiques : oeufs durs, tomates, chips bio, eau (si si, je bois de temps à autre ce truc de plus en plus glauque, par exemple lorsque mon épouse oublie opportunément d'approvisionner), thé, gingembre confit.

Nous n'avions oublié que la crème solaire mais bon, nos couennes sont déjà rompues à l'exposition.

 

Chantant intérieurement "il était un petit navire", nous enfilâmes les gilets de sauvetage sous l'oeil attentif de la donzelle de garde, nous promettant de les ôter au plus vite.

 

Et nous voilà partis.

 

Assez rapidement, il m'apparut que notre frêle esquif risquait de devenir notre tombe. Car étant devant et observant à loisir les branches mortes issant de l'eau, j'avertissais, tel le capitaine Haddock, ma moitié moussaillonne d'avoir à tendre à babord ou à tribord.

 

Et curieusement, à chaque fois, et malgré mes coups de rame frénétiques, nous frôlions l'obstacle de justesse. Au bout d'une demi-heure d'efforts titanesques afin d'éviter la culbute, le demi-tour ou l'échouage, me vinrent des doutes quant à la compétence de ma partenaire. Quelques échanges verbaux plus ou moins amènes m'apprirent :

 

1) qu'elle essayait de m'aider à pagayer, donc à nous propulser, en ramant bien loin du bord, ce qui de l'arrière, oriente nécessairement l'esquif à l'inverse ;

2) que n'ayant pas parfaitement saisi de quel côté il faut agir pour obtenir l'effet désiré, elle faisait des expériences variées ;

3) et que parfois, elle confond la droite et la gauche, qu'elle n'y peut rien, c'est de naissance, c'est comme ça.

 

Bon, admis-je, aussi épuisé que si je drivais le paquebot France. Plus que 4 heures à éviter la baignade. Gardons le gilet.

 

La prochaine fois, je passerai devant, proposa-t-elle ravie. Car l'affaire lui plaisait bien. Certes, nous ne naviguions point sur un bateau rupin, mais déjà nous flottions, et elle aime ça, et le calme ambiant était parfaitement délicieux, lorsque nous cessions, elle, d'envoyer le bateau un peu partout et moi de m'y opposer.

 

Je parvins peu à peu à lui expliquer la différence entre propulser (la rame au droit de la coque) et barrer (au plus loin de la coque), et alors nous entrâmes dans la merveille.

 

Partout, des oiseaux. Hérons, buses, corneilles, merles, faucons. Partout les grèves désertes et les champs de galets. Parfois la rivière s'étale et le courant s'efface, et le bateau passe au ras du lit, et parfois un grand courant nous emporte vers les berges et l'eau profonde.

 

Nous découvrîmes des cités oubliées des hommes, et inconnues de la plupart, où nichent les hirondelles par centaines. Nous rencontrâmes le haut château de dame Cigogne qui nous observait de loin.

 

Nous regardâmes voleter les belles demoiselles vertes et bleues. 

Le soleil cuisait mais le vent nous massait généreusement de ses mains fraîches.

 

Le lit de la rivière est semé d' embâcles qui peuvent renverser un petit bateau. Il faut donc les repérer et les éviter. Lorsque Mme VJ fut un peu rôdée, ce fut chose facile.

 

Un embâcle peut se cacher sous le fil d'eau, invisible, et ne provoquer qu'un trouble de la surface, ou sortir plus ou moins largement. Certaines branches dansent dans le courant. Je conservais les yeux fixés sur l'un deux, qui fendait la surface de quelques centimètres, lorsqu'un cri m'échappa : "Un saumon !"

 

Ce n'était pas la pointe d'une branche reposant sur le fond, mais la nageoire dorsale d'un gros saumon, qui remontait le courant comme un coureur de fond, à coups de boutoir, et jamais nous ne vîmes une pareille chose bouleversante, que la volonté inflexible de cet être solitaire lié à son but qui croisa à un ou deux mètres de notre bord.

 

La cité des hirondelles est belle comme un temple oublié, le nid des cigognes comme la retraite d'un ermite au faîte d'une montagne, mais le voyage du saumon restera gravé en nous.

 

Ce fut tellement inattendu que l'appareil photo est resté au fond du bateau. 

 

Pour rire, alors que nous passions sous le pont d'une grand route, je dis à Mme VJ : "Jusque là, ça a été facile, mais maintenant attention, parce que ça va monter".

 

M'attendant à l'entendre rire, je ne fus pas peu étonné de l'entendre répondre dans un bel élan sincère : "Ha, ça monte, plus loin ? Alors ça va être plus dur ?"

 

Dans mon étonnement, je restai un instant silencieux, avant de lui demander si elle avait bien réfléchi à mes propos. Il fallut un peu de temps avant qu'elle se rappelle qu'en général, lorsqu'elle n'est pas bouillie, l'eau a une tendance constante à se diriger vers le bas.

 

Hilare, le soir, je fis part de cette surprenante répartie à mes filles, mais aucune ne vit le cocasse de la situation. Au contraire, elles se demandaient avec un peu d'embarras ce qu'il y avait de drôle.  Avec les femmes, on va de surprise en surprise. Surtout en ce qui concerne les sciences naturelles et les grandes lois de la création.

 

Peu à peu, nous vîmes des voitures, des parents en bedaine rougissantes et chiards hurlants, des vélocipédistes et autres barbecuiseurs, boulistes et sûmes que le périple allait prendre fin.

 

Dans le retour à la civilisation, il y a une chose qu'elle est vraiment très très bonne : c'est le bar de la plage avec ses bières pression.

 

Il faut de tout, pour faire un monde.

 

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Les embâcles

 

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Toujours plus haut !

 

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Toujours aussi beaux...

 

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C'est   après que ça commence à monter...

 

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L'étonnant  village des hirondelles troglodytes. 

Par Vieux Jade - Publié dans : vivaces
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Présentation

Lisez-moi Lisez moi Lisez moi

Lave

Après l’explosion

Nul ne l’a sue

Le jour d’après

Coule la lave

Brûlent les cendres

Lave la lave

Mange la louve

Larmes sans sel

De régime

Cuit et recuit 

Frottent les cendres

Récurent

 

Pas encore nu,

Pas tout à fait ?

Restent des choses

Bien accrochées

Des salissures

De vieux fantômes

D’anciennes guerres

 

Qui peut le faire, si ce n'est toi ? 

 

Nettoie

 

Les notes glissent

Comme des larmes

Gouttes de feu

Sur la paroi

 

Qui m’a volé le cœur ?

Qui m’a trempé vivant,

Comme une lame ?

Qui m’a fouetté les yeux,

M’a déchiré le ventre

Me baisant les paupières

Et m’enduisant de baume,

Me prenant par la main,

Pour me conduire

Dehors ?

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Les dits de Lao Yu

LE BUT DE LA QUÊTE EST DE N'AVOIR

NI BUT, NI QUÊTE

 

***

 

QUE SAIT-IL DE LA PESANTEUR,

CELUI QUI N'EST JAMAIS TOMBÉ ?

 

***

 

C'EST SOUVENT LORSQU'ELLE S'ENFUIT QU'ON PERÇOIT L'ESSENCE DE LA BEAUTÉ

 

***

 

LA MER A DES MILLIARDS DE VAGUES QUI BATTENT TOUS LES RIVAGES. OU EST LE CENTRE DE LA MER ?

 

***

 

CE QUI EST MORT N'A AUCUN POUVOIR SUR CE QUI EST VIVANT

SEULS LES MORTS CRAIGNENT LES MORTS

 

***

 

QUAND LE NID BRÛLE, LES OISEAUX S’ENVOLENT

 

***

 

C’EST DANS LA CHUTE QUE LES AILES POUSSENT

 

***

 

CE QUI PEUT ÊTRE PERDU EST SANS VALEUR

 

***

 

LA MAISON EST PLUS GRANDE QUE LA PORTE

 

***

 

L’ERREUR EST LA VOIE

 

***

 

LA ROUTE EST DURE A CELUI QUI BOÎTE

 

***

 

LA LUMIERE DE L’ETOILE EST DANS L’ŒIL QUI LA REGARDE

 

***

 

LES PETITS NOURRISSENT LES GRANDS

 

***

 

LES RICHES ONT UNE BOUCHE
MAIS PAS DE MAINS POUR LA REMPLIR

C’EST POURQUOI IL LEUR FAUT
DE NOMBREUX SERVITEURS ;


CEUX QUI ONT DE NOMBREUX SERVITEURS
NE SAURAIENT VIVRE SEULS,

CE SONT DONC DES PAUVRES ;


CELUI QUI PEUT VIVRE SANS SERVITEURS 
EST DONC LE VERITABLE RICHE.

 

***

 

VIVRE C’EST REVENIR SUR SES PAS

 

***

 

LA NUIT LAVE LE LINGE DU SOLEIL

 

***

 

LES RUISSEAUX EMPORTENT LES MONTAGNES

 

***

 

UNE EPINE DANS LE PIED DU GENERAL : L’ARMEE S’ARRÊTE


***
 


UN PORC EN HABITS DE SOIE RESTE UN PORC,
COMME UN DIAMANT DANS LE FUMIER

RESTE UN DIAMANT.

MAIS LA PLACE D’ UN DIAMANT

EST DANS UN ECRIN DE SOIE,

ET CELLE D’UN PORC DANS LE FUMIER.

 

***

 

COMME SEULE L’EAU ETANCHE LA SOIF,
SEULE LA JUSTICE COMBLE LA FAIM DE JUSTICE

 

***

 

DU COLIBRI A L’AIGLE, IL EXISTE DE NOMBREUX OISEAUX

 

***

 

LE DEDANS REGLE LE DEHORS

 

***

 

L’EPONGE BOIT LE VIN RENVERSÉ
ET LA ROSÉE DU MATIN

 

 

***  

 

LORSQU'IL DECOUVRE LE MIEL,

L'OURS OUBLIE LA PIQÛRE DES ABEILLES

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mots des mots des mots des

Quand à un livre je me livre , ce que je lis me délie.

 

 

Je me demande pourquoi on n'a pas encore une loi qui oblige à faire bouillir les bébés à la naissance, afin qu'ils soient parfaitement stérilisés.

 

Circuler, pour mieux s'ôter.

Toute notre vie, on attend une grande cause pour se lever, et on passe sa vie accroupi, à croupir.

Le lucane aime prendre l'R le soir à sa lucarne.

Ce qu’il y a de bien dans l’état de siège, c’est qu’on prend le temps de s’asseoir.

 

 

Les oiseaux sont les poissons du ciel,

nous en sommes les crabes


Heureux les déjantés, ils quitteront plus facilement la route commune!

 
L’argent n’a pas d’odeur, mais il y contribue.


Un vrai sosie, c’est invraisemblable.

   

Quand je grossis, je m’aigris ; et quand je m’aigris, je grossis.

   

Le temps, c’est de l’urgent.

   

Joindre l’utile au désagréable : se faire renverser par une ambulance.  

 

Le journal du paradis, c’est le Daily Cieux.

   

Yfaut et Yaka sont dans un bateau ; Yfaut tombe à l’eau, Yaka l’repêcher.

 

Chaque matin, s’ils ne sont pas morts, les vieux vont aux nouvelles.

 

Le poète a latitude d’explorer toutes les longitudes.

   

Etre réduit à la portion congrue, c’est fort peu. Moins, c’est incongru.

 

Peut-on dire de quelqu’un
dont la vie dépend des autres pour tout qu’il
est riche ?
La bouche est elle riche ?

Peut-on dire de quelqu’un
qui n’a rien à attendre des autres qu’il est pauvre ?
Les mains sont elles pauvres ?

 

Curieux comme mystique s’oppose à mastoc.

 

On a mis bien des ouvrages majeurs à l’index.

 

Quand le brouillard tombe, on voudrait qu’il se casse.

 

Au matin, la nuit tombe de sommeil.

 
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